De bello Vandalico, 1. H
tiers. Toute espèce de céréales (frumentum) et de fruits « croissent et acquièrent des proportions inconnues dans un endroit quelconque de l'Afrique [ianto altero majora sunt in hoc monte quam in reliqua Africa nasci soient) . » Mais ce n'est pas tout : dans un autre de ses ouvrages ' il revient de nouveau à son bien-aimé Aurasios et, renchérissant sur les éloges qu'il lui avait déjà prodigués, il s'écrie : « Prairies luxuriantes, jardins garnis d'arbres, arômes de toute espèce, sources tantôt se précipitant du haut des rochers, tantôt se déployant en nappes limpides, et ce qui est plus admirable encore, c'est que les légumes et les fruits d'arbres sont plus développés qu'ils ne le sont dans aucun autre endroit de l'Afrique. » Maintenant que M. Cosson nous a appris que l'Aurès abonde en plantes rares, mais nullement en céréales et encore moins en fruits remarquables, nous pouvons réduire à leur juste valeur toutes ces inconcevables hyperboles qui, d'ailleurs, n'eussent pas manqué de frapper, même ceux n'ayant jamais visité ses montagnes, mais sachant parfaitement qu'il est impossible qu'à de telles hauteurs les fruits de toute espèce puissent obtenir une perfection qu'ils n'ont point dans les contrées de l'Afrique situées sous un ciel infiniment plus doux; cependant, malgré ces exagérations, il serait difficile de ne pas admettre que, du temps de Procope (sixième siècle), ces contrées montagneuses ont pu être l'objet d'une culture très soignée par une population nombreuse, riche et civilisée jusqu'à un certain point; et, en effet, les traces de celle population ne font point défaut, car, sans parler de Lambessa, une autre ville, Tamugalin, située également dans l'Aurès, puisque ses ruines, visitées par M. Cosson, sont à moins de 20 kilomètres du mont Cheliah,est mentionnée par Procope comme très populeuse 2.
Mais si l'on peut expliquer en quelque sorte l'admiration inspirée à Procope par l'Aurès, il est plus difficile de savoir quelle est la montagne qu'il désigne par ce nom, car il parle