‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 149 sur 285 · EXTENSION ET CONDITIONS INEXISTENCE DU LION · texte numérisé non relu

EXTENSION ET CONDITIONS INEXISTENCE DU LION

locution de lion du désert, accréditée par les poètes et les voyageurs fantaisistes !.

Sans doute, avec l'accroissement de la population, la place réservée au lion ira toujours en se rétrécissant et finira par disparaître complètement ; mais pendant longtemps encore le lion se maintiendra dans les localités qu'il affectionne sur plusieurs points de l'Algérie, particulièrement dans la province de Constantine, qui continue à payer à cet hôte importun un large tribut, dont M. Niel* calcule ainsi le montant : « Un lion mange ou tue, dit-il, une grosse bote tous les cinq jours, et tous les autres jours un mouton on une chèvre. La valeur moyenne d'un bœuf, d'une vache, d'un cheval ou d'un mulet est de 4 50 francs; celle d'un mouton ou d'une chèvre est de 40 francs. Dans un an, le lion s'octroie 75 têtes de gros bétail et 292 têtes de menu bétail, ce qui représente une valeur totale de 43870 francs. Voilà ce que coûte un seul lion. En supposant qu'il vive trente ans, ce qui est la moyenne de son existence, on atteint le chiffre énorme de 446000 francs. On peut évaluer à cinquante le nombre des lions existant actuellement dans le département de Constantine. C'est donc 693 500 francs que les lions coûtent annuellement au département. » Or, en n'admettant avec M. Niel que cinquante lions pour la province de Constantine, chiffre qui certes n'est pas exagéré, on serait plutôt au-dessous qu'au-dessus de la vérité, en attribuant seulement la moitié de ce chiffre à chacune des deux autres provinces, et, par conséquent, cent lions pour l'Algérie tout entière; ce prince des animaux ne coûterait donc à la colonie africaine pas moins de 4 387 000 francs par an, sans compter les panthères, qui sont plus nombreuses que les lions:

De Jemmapes jusqu'aux mines de fer d'Ain-Mokra, nous

1 . A l'appui de cette assertion, je puis ajouter que ce fut non dans les régions solitaires de l'Asie Mineure, mais bien dans les environs d'une ville populeuse comme Smyrne, que je découvris une nouvelle espèce de panthère, que M. Valencienne a décrite et figurée sous le nom de Felis Tutliana dans mon Asie Mineure, partie 2% p. 613, pi. I.

Page 1