A Htstory of the seige of Gibraltar
me dispenser d'y faire des recherches paléonlologiques, sachant que toutes ces cavernes avaient été, pour les géologues anglais, l'objet d'éludés nombreuses, qui ont déjà enrichi la science de faits très intéressants. Ainsi, il résulte des explorations de MM. Busk, Smith et autres savants, que le rocher de Gibraltar a subi des mouvements alternatifs d'abaissement et d'exhaussement, pendant l'époque où la faune malacologique de la mer limitrophe avait déjà son caractère actuel.
D'autre part, les restes do mammifères recueillis dans les cavernes et les fissures de la montagne de Gibraltar ont conduit à la conclusion qu'à l'époque où l'Europe et l'Afrique ne formaient qu'un continent, la faune africaine ne contenait pas encore, comme aujourd'hui, la hyène striée qui, probablement, originaire d'Asie, ne sera immigrée en Afrique qu'après la séparation des deux continents; que la faune quaternaire de Gibraltar n'a point fourni de restes de singes, ni aucun des animaux caractéristiques delà faune quaternaire du nord et du centre de l'Europe, tels que : ours des cavernes (Ursus spelœus), renne, etc., et enfin, qu'à l'époque où les animaux d'origine évidemment africaine (panthère, éléphant d'Afrique, etc.) avaient pénétré en Europe, le détroit de Gibraltar n'existait pas encore !.
De son côté, Russel Wallace2 croit pouvoir admettre, qu'à une époque plus ancienne (époque miocène), les singes ainsi que les grands mammifères, aujourd'hui caractéristiques pour l'Afrique (lion, hyène, éléphant, rhinocéros, hippopotame, etc.), étaient répandus dans l'Europe centrale, mais n'habitaient pas encore l'Afrique, où ils n'avaient immigré qu'à une époque relativement assez récente.
Malgré les conclusions nombreuses auxquelles les explorations paléontologiques des cavernes de Gibraltar ont donné lieu, l'époque de la formation du détroit est encore l'objet d'opinions fort divergentes pour les géologues; car, tandis que
\. Quarterly journal of the Geol. Soc, an. 1878, t. XXXIV, p. 34 et suiv. 2. Proceedings ofthe géographie. Soc., an. 1877, t. XXI, p. 305 et suiv.
culièrement la racine du palmier nain; les soldats de la garnison ne manquent jamais de déposer sur certains points du rocher de petites provisions de pain qui sont prompte ment enlevées. Il est probable qu'il n'y aurait plus sur le rocher une trace quelconque de cet animal si, en 1856, lorsqu'on n'en comptait que quatre individus, Sir William Codringtou n'y en avait fait transporter un certain nombre de Tauger, où ils sont si abondants, ainsi que sur toute la côte de l'Algérie, et c'est à de semblables importations (sans doute effectuées d'abord par les Arabes) que se rattache l'origine des magots sur le rocher de Gibraltar. Il est donc complètement inutile de faire remonter leur présence en cet endroit à l'époque où le détroit ne séparait pas encore l'Europe de l'Afrique. Au contraire, leur absence sur les côtes du bord septentrional du bassin méditerranéen fournirait une preuve de plus de l'immigration géologiquement assez récente du singedans le continent africain, car s'il avait habité ce dernier antérieurement à la formation de la Méditerranée, on le retrouverait aujourd'hui, non seulement sur la côte de l'Espagne, mais également sur les points littoraux de la Sicile, de la Grèce, de l'Asie Mineure, etc. D'ailleurs, j'ai déjà rapporté plus haut que, même à l'époque quaternaire, cet animal n'existait pas à Gibraltar ; ce qui n'empêche pas que deux espèces du même genre, savoir : Macacus florentinus, Cocchi, et Macacus ausonius, Maj., ont été constatées dans le terrain pliocène de l'Italie, selon J. J. Forsyth Major1, et une autre espèce, également du même genre (Macacus syloanus), dans les dépôts quaternaires du nord de l'Espagne2.
i, Atti délia Soc. toscanadi Se. nat. Pisa> an. 1877, vol. I et 111.
2. Le Macacus sylvanus a été trouvé, de concert avec beaucoup d'autres restes d'animaux, sur lesquels Don Salvador (Enumeracion de los vertebrados fossiles di Espana. Madrid, 1877) donne des renseignements fort curieux. Ces restes fossiles ou subfossiles constituent dans la vieille Cas tille, ainsi que dans plusieurs autres endroits de l'Espagne, des agglomérations si prodigieuses, que, selon le savant espagnol, ce fait ne peut s'expliquer qu'en admettant qu'à une époque géologique assez récente, les conditions orographiques de l'Espagne auraient opposé un obstacle à l'émigration des quadrupèdes qui l'habitaient. Dans la vieille Gastille, les dépôts ossifères, où
nommé Thaumops ou œil merveilleux, à cause du développement prodigieux de l'organe visuel, développement d'autant plus remarquable que l'animal a élé retiré de )a profondeur de 2180 mètres, inaccessible à la lumière et où même l'existence d'un organe visuel quelconque constituerait un phénomène unique de cette nature, car on sait que la plupart des animaux voués à une obscurité parfaite manquent d'yeux. Ce curieux crustacé, le plus grand de son ordre (ordre des Amphipodes), puisqu'il a plus de 100 millimètres de longueur sur 20 de largeur, figurerait donc comme une frappante anomalie dans le règne animal et, de plus, serait incompatible avec la théorie darwinienne, d'après laquelle les organes se développent ou s'atrophient selon l'usage qui en est fait. Au reste, ce phénomène étrange vient d'être reproduit par un autre crustacé, un lsopode, que M. Agassiz a recueilli à une profondeur de 955 brasses (environ 1600 mètres), dans le Gulf-Slream, entre la pointe sud de la Floride et Plie de Cuba. Ce curieux animal, étudié par M. Milne Edwards V « a les yeux très développés, formés chacun de près de quatre mille facettes carrées, et qui, au lieu d"être placés sur le dessus de la tête, comme chez tous les cyniothoadiens errants, occupent sa face inférieure et sont logés au-dessous du bord frontal, de chaque côté de la base des antennes ». Ce savant zoologiste a nommé cet animal Bathynomus giganteus, car, indépendamment du développement anormal de ses yeux, il est également remarquable par ses dimensions relativement énormes et par la disposition spéciale de son appareil respiratoire, très différent de celui de tous les crustacés connus.
Je crains de vous avoir fatigués, en vous promenant si longtemps par terre et par mer tout autour de Gibraltar, et je m'empresse d'entrer enfin dans la ville elle-même.
C'est au pied occidental du rocher que s'étend la plage sur laquelle se trouve la ville de Gibraltar; elle forme deux groupes
i. Milne Edwards, Comptes rendus de l'Académie des sciences, an. 1879, t. LXXXVIU, p. 21.