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ABSENCE DES PHÉNOMÈNES GLACIAIRES

glaciaire, dont mes propres observations tendent également à admettre l'absence dans ce pays. Si ce fait se trouvait confirmé par les éludes ultérieures, l'Algérie offrirait un exemple de plus du caractère de localisation, constituant un Irait saillant de cette importante phase de l'histoire de notre globe, ainsi que je me suis efforcé de le faire ressortir bien des fois \ en m'appuyant non seulement sur mes propres études, mais encore sur les témoignages des observations recueillies dans les pays les plus divers, témoignages auxquels sont venus depuis s'ajouter de nouveaux faits, d'autant plus significatifs qu'ils se rapportent à des régions où l'on se serait le plus attendu à découvrir des traces d'anciens phénomènes glaciaires. Ainsi, dans son remarquable Inaugural Adress prononcé à Shanghaï, le 20 février 1877, Th. W. Kingsmill, président de l'Académie royale de celte ville, passe en revue les traces d'anciens phénomènes glaciaires dans l'extrême Orient et arrive à la conclusion qu'elles y sont fort rares, tandis que, selon M. J. F. Campbell *, il n'y en a point du tout. Aussi ce savant nie complètement « l'existence d'une période glaciaire quelconque plus froide que le climat actuel », et il déclare que « tous les phénomènes glaciaires sont des phénomènes locaux, d'origine météorologique et nullement astronomique ou cosmique; qu'enfin, la dernière période glaciaire fut limitée à l'Europe et complètement étrangère à l'Asie et à l'Amérique » . Cette opinion subversive de toutes les doctrines glaciaires admises jusqu'à aujourd'hui, n'est point le résultat d'élucubrations théoriques ou de l'étude d'un petit nombre de faits, c'est la conséquence d'investigations auxquelles M. Campbell a consacré près de quarante années, en se livrant à des voyages plus étendus et plus nombreux peut-être que jamais savant ait accomplis pour l'examen d'un phénomène physique. C'est après avoir parcouru, non seulement l'Europe, mais encore

1. Voyez ma Géographie physique de l'Asie Mineure, dont les considérations relatives aux phénomènes glaciaires ont été résumées dans mon opuscule intitulé : Une page sur l'Orient. Paris, 1868, p. 251-272.

2. Quarterly Journal ofthe geolog. Soc., an. 1879, t. XXXV, p. 98.

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les Indes britanniques, le Caucase, les côtes de l'Asie Mineure, la Syrie, l'Amérique, etc., que l'infatigable explorateur est arrivé à considérer les phénomènes glaciaires comme de simples modifications ayant pu se produire à toutes les époques géologiques, dans la position relative de la terre ferme et de la mer, dans l'exhaussement ou l'abaissement des montagnes, et enfin dans la direction des courants froids ou chauds de la mer, sans que de telles modifications aient produit un changement dans le climat de notre globe. De là l'apparition ou la disparition des phénomènes glaciaires. En tout cas, la vaste revue à laquelle le savant anglais a soumis les régions de l'ancien et du nouveau monde où, selon les glacialistes, on devait trouver des traces des phénomènes glaciaires et où, en effet, elles avaient été signalées, a convaincu M* Campbell que ces prétendues traces pouvaient s'expliquer par l'action d'agents actuels, mais qu'elles diffèrent essentiellement de celles que des phénomènes réellement glaciaires ont laissées dans plusieurs contrées de l'Europe.

Il est impossible de ne pas reconnaître ta valeur d'arguments si savamment développés par M. Campbell, et j'ai été heureux de trouver dans ses opinions la confirmation de celle! qu'il y a douze ans déjà j'avais formulées, sans connaître les écrits précédents de ce savant, de même qu'il paraît avoir ignoré les miens '.

Enfin, parmi les travaux les plus récents sur les phénomènes glaciaires, figure celui de M. G. Berendt sur l'origine

1. A cause du peu d'importance que les phénomènes glaciaires présentent dans Textrôme Orient (si tant est qu'ils y existent), l'attention des géologues y est particulièrement absorbée par le phénomène du /cm*, qui joue un li grand rôle dans ces contrées, notamment dans la Chine; aussi, dans son trayait précédemment cité, H* Kingsmill a été naturellement amené à s'occuper de la question du lœss, à l'égard de laquelle il n'admet point la théorie proposée par M. de Richthoven; à l'appui de ses objections, il rapporte l'opinion du célèbre abbé Armand David f adversaire prononcé de cette théorie , ainsi que j'ai pu m'en convaincre dans les fréquentas conversations que j'eus à Alger avec l'intrépide explorateur d« la Chine, à laquelle il avait consacré les plus belles années de sa vie laborieuse.

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