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INCENDIES DES FORÊTS EN ALGÉRIE

a causé la destruction de 966 33 1 arbres et a fait monter le prix du liège à 35 francs les 100 kilogr., tandis qu'en 1870 il était à 25 francs les 100 kilogr. Le rapport déclare que l'exploitation du chêne-liège au point de vue de l'extraction du tannin, détruira en peu d'années, si Ton n'y porte remède, la principale richesse forestière de l'Algérie où le même arbre donne à chaque période de huit, dix ans au plus, une moyenne de 12 kilogrammes environ de liège marchand; chaque arbre fournit ainsi avant son épuisement au inoins huit récoltes, et la préparation des produits assure à l'ouvrier une moyenne de huit mois de travail annuel. Quant à l'olivier, le rapport de la commission trouve également indispensable de proléger cet arbre contre les dangers qui le menacent; il va déjà en diminuant en Algérie, seul pays appelé à affranchir la France du tribut de 40 millions de francs qu'elle paye annuellement à l'Italie et à l'Espagne pour satisfaire aux besoins de la consommation de l'huile. Or, dans les trois provinces de l'Algérie il y a plus de. 35 000 hectares d'oliviers dont une grande partie improductifs, n'ayant jamais été greffés. D'autre part, les plus beaux rejetons et semis d'oliviers de la province de Bone sont directement exportés en Angleterre pour la fabrication de cannes. « Ce nouveau genre de commerce, dit le rapport, menaçant le plus la conservation et l'existence de l'olivier dans la colonie, a déjà détruit par millions les plus jeunes et les plus beaux sujets. C'est un vandalisme qui se pratique au détriment de l'avenir des trois provinces. » La commission termine son rapport, en demandant au gouvernement la prohibition absolue de l'exportation des tannins du chôneliège, ainsi que celle du bois d'olivier et des brins et rejetons de cette espèce.

On le voit, les incendies qui constituent le fléau le plus terrible pour les essences forestières de l'Algérie, se trouvent encore aggravés par d'autres dangers également. sérieux; heureusement ces derniers sont plus accessibles à l'action directe du gouvernement; car ici il ne s'agit point d'incendiaires mystérieux, mais d'industriels européens travaillant

au grand jour. Tout porte à croire que le moment n'est pas loin où le gouvernement parviendra à placer les forêts de l'Algérie sous sa protection efficace, et à imprimer ainsi à cette branche lucrative de l'industrie nationale le même mouvement de progrès caractérisant en Algérie toutes les autres industries, ainsi que le démontrent les quelques considérations que je vais présenter, sur les conditions où se trouve en ce moment l'exploitation des ressources les plus importantes du sol algérien.

Parmi ces ressources, la richesse forestière joue un rôle d'autant plus important, que l'Algérie peut devenir un auxiliaire très utile de la France, qui malheureusement n'est pas au nombre des pays de l'Europe les plus favorisés sous ce rapport, car la superficie boisée de la France n'est que de 9185310 hectares, par conséquent l'Algérie y ajoute plus d'un cinquième de cette superficie ; c'est un contingent proportionnellement plus fort que celui fourni à la France par tout autre produit de l'Algérie. Il est vrai que les efforts de l'administration forestière en France pour acliver le reboisement, ont déjà été couronnés par un brillant succès, comme le prouvent les données fournies par M. B. Demontzey1 à cet égard. 11 nous apprend que, dans l'espace de vingt ans, l'administration des focôts a déjà obtenu une surface reboisée ne se montant pas à moins de 100000 hectares, et cela à l'aide de ressources les plus modestes, puisque la somme consacrée à cette œuvre importante se réduit en moyenne à 500000 francs par an. Quels résultats ne produiraient pas de telles mesures appliquées à l'Algérie, déjà naturellement si favorable au développement forestier ?

Uue autre industrie occupant en Algérie le premier rang, moins peut-être par ce qu'elle est aujourd'hui, que par ce qu'elle promet de devenir, c'est l'agriculture.

Avant la conquête française, l'agriculture était presque nulle dans cette contrée qui, avec la Tunisie et la Sicile, avait été le

1. Études sur les travaux de reboisement et de gazonnement des montagnes. Paris, 1878.

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