‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 21 sur 285 · MA LAÇA. — SA TEMPÉRATURE HIVERNALE. .'H · texte numérisé non relu

MA LAÇA. — SA TEMPÉRATURE HIVERNALE. .'H

Gibraltar est en dehors de tout réseau de chemin de fer espagnol et il est douteux qu'il y soit jamais rattaché, parce que, sous le point de vue politique, ni l'Espagne ni l'Angleterre ne trouvent dans une telle connexion des avantages qui ne soient contre-balancés par des inconvénients. D'autre part, entre Gibraltar et Malaga les communications par diligence sont encore plus défectueuses et surtout de plus longue durée qu'entre Cadix et Gibraltar. En conséquence, cette fois encore, nous fûmes contraints de choisir la voie de mer, bien que nous fussions toujours heureux de l'éviter autant que possible. Il est vrai que la traversée de Gibraltar à Malaga est fort courte, car on longe constamment la côte d'assez près. .

Malaga est particulièrement remarquable par son climat, mer* veilleusement favorable à la culture des orangers et surtout de la vigne, dont le produit, tantôt sec comme le madère, tantôt sucré comme le lunel, jouit d'une légitime célébrité dans l'Europe entière. Abritée du côté du nord par des montagnes plus ou moins élevées, et exposée en plein aux vents du sud, qui soufflent du Maroc et se trouvent plutôt réchauffés que refroidis (surtout en hiver) par l'étroite nappe de mer qui sépare en cet endroit l'Afrique de l'Europe, Malaga jouit de conditions climatériques tout à fait exceptionnelles, car la moyenne annuelle y est de 49°,8, la moyenne hivernale de 44°,4, la moyenne printanière de 48°,3, la moyenne estivale de 25°,5, et la moyenne automnale de 21°, 6. Or, il n'y a point dans tout le midi de l'Europe un seul point qui possède une moyenne hivernale aussi élevée : elle est supérieure même à celles de Tunis (4 3° ,2) et d'Alger (4 2°, 5), et est presque égale à celle du Caire (44%5), bien que la cité égyptienne soit de plus de 5 degrés plus au sud que Malaga. D'ailleurs Malaga a sur cette première l'avantage d'avoir des étés bien moins chauds, puisque la moyenne estivale du Caire s'élève à 28°,2.

Malgré des conditions climatériques aussi exceptionnelles, Malaga ne semble guère destiné à disputer la palme aux localités les plus recherchées par les étrangers comme séjour d'hiver. D'abord, par sa position à l'extrémité occidentale de

l'Europe, Malaga se trouve en dehors des grandes voies de communication européennes; de plus, la contrée n'a rien de très pittoresque, et bien que les montagnes limitrophes aient des formes assez gracieuses, elles produisent l'effet de surfaces nues et arides; enfin, les ressources matérielles que la ville est à même d'offrir aux étrangers sont très défectueuses, et elles le seraient plus encore si quelques familles anglaises, attirées par la douceur du climat, n'y venaient assez souvent passer l'hiver, et donner lieu par là à l'introduction de certains conforts qui marquent plus ou moins le passage de ces touristes inévitables. Au nombre de souvenirs britanniques figurent, parmi les voitures de louage, quelques hansom, véhicule complètement inconnu (surtout comme voiture publique) sur le continent européen.

Malgré la température vraiment estivale dont nous jouîmes à Malaga, nous n'avions guère beaucoup à espérer'des conditions atmosphériques que pourrait nous offrir la contrée montagneuse de Grenade, où nous étions impatients de nous rendre ; aussi nous abrégeâmes notre séjour à Malaga et partîmes le 2 novembre pour l'ancienne résidence des souverains arabes.

Nous traversâmes d'abord une belle plaine plus ou moins cultivée et riche en vignobles. Le terrain paraît être composé d'un calcaire marneux rouge, contenant beaucoup de galets. Tout autour de Carcama on voit de beaux groupes d'eucalyptus; plus loin des taillis d'oliviers et d'orangers chargés de fruits mûrs. En se rapprochant de la station de Pizarra, la plaine se rétrécit, elle est traversée par le Guadalquivir, dont le large lit ne contenait qu'un filet d'eau. Les taillis d'orangers sont fort étendus tout autour des stations de Pizarra et d'Allora, où l'on voyait des monceaux de caisses remplies d'oranges, qu'une foule de femmes et d'enfants étaient occupés à emballer; les fruits n'étaient pas complètement mûrs et c'est dans cet état qu'on les cueille à dessein, car il paraît qu'ils supportent ainsi mieux le transport, tout en conservant la faculté d'arriver à une parfaite maturation.

A la station d'Allora on commence à monter d'abord au mi-

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