CONTRÉE ENTRE TUNIS ET LX VILLE ZAGHOUAN
voyait sur plusieurs points les collines revêtues de buissons de Pisiacia lentiscus, Zizyphus vulgaris, associés à des touffes de Passerina hirsuta et de Thapsia garganica, ombellifère atteignant quelquefois des dimensions gigantesques.
Au bout de cinq heures 'de irtarche (de Tunis), nous arrivâmes à la demeure de M. Fanelli, qui nous accueillit avec la plus grande prévenance et nous établit fort convenablement dans sa jolie maison,
La contrée que nous venions de parcourir entre Tunis et la demeure de M. Fanelli, généralement aride, m'offrit cependant un assez grand nombre de plantes, parmi lesquelles je signalerai seulement les suivantes, en sus de celles déjà mentionnées1 :
Ci* tus monspeliensis L.
Polycarpon tetraphyllum L.
r. Hypericum pubescens Boiss.
Ebenus pinnata Desf.
Paronychia nivea De.
Sedum altissimum Poir.
Scabiosa maritima L.
Asteriscus maritima L.
Scolymus hispanicus L.
Centaurea fuscaia Des0.
Andryala integrifolia L.
r. SpiUelia cupuligera De.
Cumita planiflora Ten. (sur Romari-
nus officinalis.) Echium maritimum Willd.
Verbascum sinuatum L.
Trixago visc'osa Rchbch.
Teucrium polium L. Statice Thouini Viv.
r. Alliumpaniculatum L., var. pollens, Afelica ciliata, var.
— Nebrodensis.
Lygeum spartium L.
Ampclodesmos tenax Link.
Comme,ànotre arrivée à la demeure de M. Fanelli, la journée n'était pas encore très avancée, il nous proposa d'aller immédiatement visiter la petite ville de Zaghouan, ainsi que les sources situées non loin du massif montagneux de Zaghouan.
La petite ville, distante à une lieue de la maison de M. Fanelli (dont l'altitude, selon mon aréomètre, est d'environ 200 mètres), se compose d'une centaine de maisons aussi misérables que pittoresqnement situées. On y jouit d'une vue magnifique : au sud se dresse le beau massif montagneux de Zaghouan dont l'altitude est de 1343 mètres, tandis qu'au sudouest se déploie une plaine vivement coloriée eu vert par
i. Les plantes marquées de r sont plus ou moius rares en Algérie.
d'épais taillis d'oliviers, et limitée à l'ouest par une autre chaîne parallèle à celle du DjebetZaghouan. On aperçoit une foule de tronçons de colonnes antiques, tant dans les murs de la ville que dans les maçonneries de ses maisons, toutes échelonnées le long de rues étroites, rabottcuses", s'élevant et descendant brusquement; la porte conduisant a la ville est de construction romaine.
Pour aller visiter les sources, nous gravîmes puis longeâmes le versant ouest-sud-ouest du Djebel- Zaghouan, en suivant le conduit d'eau alimenté par la piscine. Nous traversâmes pendant une demi-heure de beaux taillis de thuya articulé (Callytris çuadrivalvis) , taillis qu'on voyait s'élendre bien avant dans la campagne située plus bas, le long du pied septentrional du Djebcl-Zaghouan, où cette essence constitue des forêts considérables, occupant, selon M. Fanelli, plus de 30000 hectares. Le pittoresque sentier que nous suivîmes à travers cette belle contrée forestière, élait revêtu de vigoureux buissons de lauriers-roses (Nerium oleander) chamarrés de fleurs rouges et blanches. Cette élégante Apocy née, si caiacléi istique pour le Midi, est une des formes végétales dont l'évolution graduelle à travers les âges géologique* a été le mieux constatée. En effet, M. de Sapprta1 est parvenu à reconstruire l'histoire du Nerium oleander en remontant k son type primordial, représenté dans la craie supérieure par le N. liohlii, type se modifiant à mesure qu'il traverse les époques éocène et miocène, pour revêtir enfin, dans les dépôts pliocènes de Meximieux, tous les caractères de notre laurier-rose actuel. Aussi, M. deSaporta a figuré le Nerium de Meximieux sous le nom de N. Oleander pliocenicumy en plaçant en regard les cinq formes intermédiaires (iV. parisieme, sartàacense, repentum, Gaudryanum et bilirmensé) que l'ancien type crétacé avait successivement parcourues avant de réaliser sa forme actuelle.
Nous atteignîmes enfin le splendide monument romain qui encadre la piscine, où se réunissent les eaux des sources situées
.. Le monde des plantes avant l'apparition de l'homme, p. 390.