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VÉGÉTATION ET GÉOLOGIE DU MONT ZAGHOUAN

dans le massif du Zaghouan. Je me dispenserai de décrire ce remarquable monument connu chez les Arabes sous le nom de El-Kasba ou Fort, parce que M. le colonel Playfair * en a déjà tracé un tableau aussi correct qu'instructif, et que, de plus, le savant ingénieur M. Caillât, dans un travail que je mentionnerai plus tard, a fourni sur l'El-Kasba les données numériques les plus précises et les plus détaillées. La piscine, dont l'altitude est d'environ 300 mètres, est ombragée par de vigoureux caroubiers et mûriers (Morus ?iigra); ces derniers étaient chargés de fruits mûrs, tandis que dans les fissures des dalles composant les murs de l'édifice romain, de même que sur les gradins de l'escalier, j'ai observé : Campanula dichotoma L., Polycarpon tetraphyllum L., Hypericum pubescens Boiss., Reseda alba L., Nigella damascena LM etc.

Après avoir passé la nuit sous le toit hospitalier de M. Fanelli, je voulus profiter de la matinée pour examiner d'un peu plus près le massif du Zaghouan, avant de retourner à Tunis.

En conséquence, accompagné de M. Fanelli, nous partîmes à cheval, de bonne heure (le 29 mai), et nous remontâmes jusqu'à la piscine visitée la veille, car de ce point l'ascension du Zaghouan est la plus facile, par le versant nord- ouest de la montagne. Nous laissâmes nos chevaux à la piscine et nous gravîmes pendant une demi-heure des hauteurs ondulées, composées de conglomérats solides et revêtues de buissons de lenlisques, caroubiers, myrthes, jujubiers, etc., puis nous atteignîmes un long ravin dirigé du sud-est-sud au nord-ouestnord. Ses parois, tantôt verticales, tantôt à pentes ondulées, revêtues de buissons, sont composées de calcaire bleuâtre ou grisâtre, quelquefois très siliceux, d'autres fois chamarré de filons et de nids de kalkspath blauc; la structure de la roche est souvent cristalline, et la cassure esquilleuse ou conchoïde. La stratification est confuse, et il n'est pas aisé de distinguer ce qui peut être dû à des fissures, ou au dépôt de couches succès* sives; cependant, sur plusieurs points, le plongement paraît être

1. Voy. Travels in the footsieps of Bruce, p. J39; et Handbook for ira* vellers in Algeria and Tunis, nouvelle édit., p. 290.

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au sud-ouest. Des bords du ravin, dont l'altitude est d'environ 500 mètres, on embrasse très distinctement la région supérieure de cette partie de la montagne, composée, selon toute apparence, du même calcaire dont les régions inférieures sont formées; déplus, on voit les mêmes buissons jusqu'aux sommets du massif; aussi je crus pouvoir me dispenser de continuer l'ascension, ce qui eût retardé notre retour à la maison de M. Fa~ nelli où j'avais laissé ma femme et où notre voiture nous attendait pour nous reconduire à Tunis. En conséquence, nous revînmes à la piscine afin de regagner de là promptementla maison de M. Fanelli, tout en regrettant vivement de n'avoir pas eu le temps de faire le tour du massif de Zagbouan ; car on m'avait dit qu'à peu de distance de la lisière méridionale de ce dernier, se trouvait une prodigieuse accumulation de dolmens recouvrant un vaste espace.

Parmi les plantes observées par moi sur. la partie du massif du Zaghouan que j'avais traversée, je mentionnerai les suivantes ' :

r. Biscutella apula L. var.

r. Rapistrum Linnaanum Bolss.

Rapiitrum orientale DC.

r. Cistus villosus Lmk.

Polycarpon tetraphyllum L.

t. Sedum dasyphyllum, var. glandulotum.

Umbilicus horiwnlalis DC,

Eryngium triquetrutn Vahl.

Ridolfia tegetum Moris.

r. Ammi visnaga Unit.

— majus h.

r. Kundmannia sicula De.

r. Daucus crinitus Desf.

Papaver dubium L.

Fumaria capreolata L.

Chrysënthemum coronarium L.

Urospermum Deiechampsii Desf.

r. Cardopatium amethystinum Spach.

Galacliles tomentosa Mœuch.

r. Spitielia cupuligera Dur.

Campanula dichotoma h.

r. Convolvulus cantabricus L

Linaria reflexa Desf.

Stachys hirla L.

r. Teucrium pseudochamœpitys h

Rosmarinûs of/icinalis L.

MercurialU annua L.

Dactylis glomerata h-

Andropogon hirtus L.

Les calcaires qui composent le Djebel-Zaghouau sont remplacés au bas de la montagne par un calcaire marneux alternant avec des marnes feuilletées, jaunâtres ou foncées et plongeant au sud-est; ces calcaires marneux appartiennent probablement à la même formation que les calcaires gris des

1. Les plantes marqué*! de r softt plus ou moius rares en Algérie,

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