Balland, Comptes rendus, an. 4879, t. LXXXVIH, p
2. Ochsenius, Die Bildung der Saltzsteinlager, etc. Halle, 1877, p. 7.
golfe de Gabès avec le lac Triton (chottel Fejej),M. Stache1 combat l'existence de cette communication, en s'appuyant sur la découverte faite par lui de dépôts lacustres entre Gabès et TOued-Akerit. Sur ce dernier petit cours d'eau, le géologue autrichien a constaté une série de huit couches régulièrement superposées les unes aux autres, et dont quelques-unes renferment une grande quantité de coquilles terrestres et lacustres, pour la plupart appartenant à des espèces vivantes aujourd'hui. M. Stache fait observer que la présence d'assises, caractérisées par des coquilles terrestres et lacustres, et situées à la base de dépôts quaternaires constituant la région littorale du golfe de Gabès, réfute l'opinion soulevée par les avocats de la mer intérieure, d'après lesquels le grand domaine algéro-tunisien des chotts aurait été pendant l'époque historique un bras de mer placé en communication avec la Méditerranée. Or, M. Roudaire a déjà répondu à cette objection, en démontrant que le littoral de Gabès a subi un mouvement d'exhaussement pendant l'époque historique, phénomène d'ailleurs constaté par le travail de M. T. Fischer précédemment cité par moi.
Enfin, M. Cosson a fait valoir9 des arguments importants contre la création d'une mer intérieure. L'éminent botaniste croit que la modification du climat qui en résulterait, serait de nature purement locale, et en tout cas fort nuisible à la culture du dattier, qui constitue la source principale du maintien des populations du Sahara, et dont la destruction ne saurait être compensée par aucune autre branche de culture. Selon M. Cosson, les vapeurs surchauffées par la température élevée du Sahara ne se condenseraient point sur lachatne del'Aurès, mais bien plutôt, soit sur le versant nord de cette dernière, soit sur les hauts plateaux, où la température est plus basse que sur le versant sud de la chatne, dont la température se rapproche davantage de celle du Sahara lui-même. M. Cosson soutient le fait de l'encombrement probable du canal, et n'admet point les