Verhandl. der k. h. geol. Reichsanstalt an. 1876, n
2. Cosson, Comptes rendus, an. 1874, t. LXJXX, et an. 1877, t. LXXXV.
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avantages commerciaux et stratégiques qu'on attribue à rétablissement d'une mer intérieure ; il croit, au contraire, que les caravanes du centre-Afrique, loin de faire usage de cette mer, continueraient à se diriger vers le Maroc et la Tripoli— taine, au préjudice de l'Algérie ; et quant aux conditions militaires, il craint qu'il n'en résulte une atteinte sérieuse portée à la sécurité de l'Algérie, parce que l'entrée et la plus grande partie de cette mer étant situées en Tunisie, cette mer devra devenir l'objet d'une surveillance incessante pour empêcher la contrebande de guerre. Après avoir énuméré tous les inconvénients qui résulteraient de l'établissement de la mer intérieure, M, Cosson n'hésite pas à déclarer « qu'elle serait un tel danger pour les intérêts français, que si cette mer existait, il faudrait la combler».
Les considérations botaniques développées par M. Cosson sont appuyées par MM. Rebatel et Tirant1, qui, en 1874, ont exploré une bonne partie de la Tunisie. Ils donnent des renseignements intéressants sur l'oasis El-Guettar, séparée par une plaine aride ayant 18 kilomètres de longueur, de l'oasis de Gafsa, où le village du même nom remplace aujourd'hui l'antique cité de Capsa dont parle Sallusle, et qui est connue dans les annales de l'Église pour avoir été le siège de cinq évoques consécutifs. Les savants français tracent un tableau animé des magnifiques Torèts de palmiers qui revêtent cette oasis, et à l'ombre desquelles se développe la végétation la plus riche et la plus variée. Or, il fait observer que si la mer intérieure proposée par le capitaine Roudaire se réalisait, les forêts de palmiers et les taillis d'oliviers associés à ces dernières, seraient submergés, et que, de plus, même là oùilsse trouveraient soustraits à l'inondation, la modification climatérique produite par la présence de cette nappe d'eau, serait défavorable à la maturation des dattes, et placerait les arbres dans les conditions aux-
1. La relation du voyage de MM. Rebatel et Tirant, traduite en italien, a été publiée dans la Biblioteca di viaggi (XXXVII, Tunisia); n'ayant pas à ma disposition l'original, je cite les données fournies par ces savants d'après le texte italien.
quelles ils sont soumis à Gabès et dans l'île de Djerba, où leurs fruits ne mûrissent pas, tandis que, aujourd'hui, les dattes de l'oasis de Gafsa sout supérieures à celles de toute la Tunisie et fournissent au gouvernement, sous forme d'impôt, un revenu annuel de 1 000500 francs, ce qui équivaut à presque la moitié du revenu que donnent au Trésor public les oliviers de la Tunisie tout entière, c'est-à-dire 2 617 000 francs.
MM. Rebatel et Tirant signalent dans l'oasis de Gafsa un grand nombre de sources thermales, dont plusieurs avaient été utilisées par les Romains, ainsi que l'attestent les ruiues d'édifices balnéaires. Les sources chaudes contiennent beaucoup de poissons et de serpents; parmi ces derniers, qui sont de teinte foncée, les deux naturalistes ont pu distinguer une nouvelle espèce du genre Tropidonotus . L'oasis de Gafsa n'est habitée que par 500 individus, mais il est certain que dans l'antiquité elle avait une nombreuse population, car on en découvre les traces partout dans cette contrée ; ainsi on voit les débris d'une voie romaine qui s'étendait de Gafsa jusqu'au golfe de Gabès, en longeant le pied des monts Arbet et Boalledma, dont le premier, ayant une altitude de 362 mètres, déterminée' par MM. Rebatel et Tiraut, borde au nord-ouest la vallée de Tala, à l'extrémité de laquelle se trouve l'oasis de El-Guettar.
Parmi les publications les plus récentes sur la grande question de la mer intérieure, figurent les considérations sur ce sujet de MM. Charles Martins et Desor et les dernières communications de M. de Lesseps. MM. Charles Martins et Desor déclarent * qu'il n'y a aucune parité entre le percement de l'isthme, opéré par M. de Lesseps, et le rétablissement d'une mer intérieure dans le Sahara algérien, proposé par le commandant Roudaire; que, en conséquence, ils se joignent à MM. Dumas,, Daubrée, Fuchs, Pomel, Cosson et Naudin pour combattre ce projet. MM. Charles Martins et Desor admettent l'existence d'une mer, mais seulement à une époque préhistorique; ils nient l'action que pourrait avoir sut* le climat une