‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 30 sur 285 · Lifre III · texte numérisé non relu

Lifre III

place à environ 20 stades (environ 3 kilomètres, en évaluant le stade olympique à 185 mètres) de la ville, et leur assigne une circonférence de 400 stades (environ 71 kilomètres), le nombre des ouvriers qui y travaillaient était de quarante mille, et le produit de leurs travaux, versé annuellement dans la caisse dugouvernementromain,étaitde25000drachmesd'argentpar jour. En évaluant une drachme à 0,69 centimes, cela donnerait environ 17250 francs par jour, ce qui équivaudrait à 6296250 francs par an, par conséquent six fois autant que ce qu'obtenaient les Carthaginois; Strabon ajoute que, de son temps, les mines d'argent de la nouvelle Garthage n'étaient plus exploitées par l'Ëtat, mais constituaient des propriétés privées ; ce qui prouve que, déjà à une époque aussi reculée, les associations privées avaient, comme aujourd'hui, un avantage sur les exploitations faites par l'État. On voit donc que, malgré l'imperfection de leur mode d'exploitation, mais surtout de leurs procédés métallurgiques, les anciens, privés des ressources de la chimie moderne, obtenaient des mines argentifères de Carlhagène des résultats bien supérieurs à ceux qu'elles fournissent actuellement, puisque du temps des Carthaginois elles donnaient environ neuf fois, et du temps des Romains, même presque quarante fois plus qu'aujourd'hui.

Au reste» si les mines de Carthagène ne rappellent plus celles exploitées par les Carthaginois et les Romains, l'Espagne d'aujourd'hui ne saurait non plus nous donner une idée quelconque du rang qu'elle occupait jadis parmi les pays remarquables par leurs richesses métalliques ; car dès les temps les plus reculés, cette contrée était considérée comme supérieure, sous ce rapport, à tous les pays du monde connus par les anciens. Strabon, qui a consacré à la péninsule ibérique presque tout le livre III de son grand ouvrage, ne trouve pas assez d'expressions pour nous peindre les inépuisables trésors que recèle son sol, et l'activité avec laquelle ses habitants les exploitent. C'est surtout la Turdetanie (partie méridionale de l'Andalousie actuelle) que Strabon signale comme un véritable Eldorado. La Turdetanie, dit-il, défie toute description, car

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