‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 32 sur 285 · CARTUÀGÈNE DÉCRITE PAR POLYBE · texte numérisé non relu

CARTUÀGÈNE DÉCRITE PAR POLYBE

face aux frais de la campagne, et ne s'élevant qu'à 400 talents. En quittant la ville, Scipion y laissa une garnison et augmenta les fortifications !.

Depuis l'époque ancienne, nous n'avons plus de données certaines sur la marche de l'industrie minière en Espagne, pas même sous la domination arabe qui constitue une des phases les plus brillantes de la civilisation de ce pays, car aucun des principaux géographes arabes auxquels nous devons des renseignements sur l'état de l'Espagne au moyen âge, ne nous fournit des données positives à cet égard, et surtout relativement aux mines de Carthagène. Au contraire, selon Aboulfeda, le littoral même sur lequel est bâtie cette ville aurait disparu à la suite d'un cataclysme terrible. Le passage d' Aboulfeda2, que je ne suis jamais parvenu à éclaircir malgré toutes mes recherches, inspire, il est vrai, peu de conGance. En effet, le célèbre géographe arabe rapporte, sur F autorité d'un certain Maschtarek, que la ville de Carthagène, située en Espagne, dans le pays de Tadmyr, a été submergée par les eaux de la mer et «quelle a disparu du sol» . Gomme Edrisi mentionne Carthagène (mais non ses mines), l'événement dont parle Aboulfeda n'a pu avoir lieu qu'après 1154, aunée où Edrisi écrivit son ouvrage; or, on a peine à concevoir qu'une telle catastrophe ait pu être ignorée par les contemporains dout le silence le plus absolu existe à ce sujet, et la preuve, c'est que dans son classique ouvrage (en 5 vol.) sur les modifications que la surface de notre globe a subies par l'action des agents physiques3, M. de Hoff ne fait aucune mention d'une telle catastrophe, bien qu'il ait enregistré, avec le soin le plus scrupuleux, tous les phénomènes de cette nature, transmis soit par des documents authentiques, soit par des traditions populaires. De plus, le passage d'Aboulfeda est resté sans commentaire dans la savante traduction de M. Reinaud, qui s'est contenté d'y ajouter une petite note, pour dire que la dénomination du pays de Tadmyr dérive du nom d'un prince

i. Hist. nai.,l. X, 19,20.

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