‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 34 sur 285 · PORT DE CARTHAGÈNE. — MOUVEMENTS PROGRESSIFS. G · texte numérisé non relu

PORT DE CARTHAGÈNE. — MOUVEMENTS PROGRESSIFS. G

déré comme le créateur des établissements nautiques de la marine espagnole, il y en avait 12 000.

Il n'en est pas de même des conditions où se trouve aujourd'hui Cartbagène en ce qui concerne l'industrie, le commerce et le bien-être public ; car sous tous ces rapports le progrès est évident, et il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir la ville et de visiter l'intérieur des habitations; on voit partout une grande activité consacrée à l'assainissement de la ville, à l'éclairage, au pavage des rues, etc., et bientôt Carthagène ne sera plus réduite, comme elle l'est encore en ce moment, à n'avoir qu'une seule rue réellement bien pavée, celle nommée Calle major. D'autre part, le nombre des maisons solides et élégantes s'accrott à vue d'oeil, et parmi celles occupées par les classes aisées, il en est dont l'intérieur est pourvu d'un confort et d'un luxe qui témoignent des relations fréquentes avec les grands centres du monde civilisé, surtout avec Londres et Paris, dont les produits viennent affluer à Carthagène , grâce aux nombreux bateaux à vapeur à l'aide desquels cette ville est en communication régulière avec les principaux ports de l'Europe. Il en résulte qu'à tout prendre, le séjour de Carthagène est assez agréable pendant l'hiver et ne manque pas de ressources sociales ; il laisse un peu à désirer sous le rapport hygiénique, car les fièvres intermittentes y régnent assez souvent, fait d'autant plus remarquable que les marais dont la ville était autrefois entourée ont été presque tous desséchés.

Je termine ici mes observations sur Carthagène, car je vois déjà entrer dans le port le bateau Ajaccio , de la compagn ie Valéry, qui doit nous transporter demain à Oran, et nous séparer pour longtemps, si ce n'est pour toujours, de cette originale et chevaleresque Espagne dont nous conserverons à jamais le souvenir au nombre des plus doux et des plus profonds de noire vie.

TCH1HATCHEF.

LETTRE III

Oran. — Beaux travaux hydrauliques exécutés par les ingénieurs français à Saint- Denys du Sig. — Décadence de la culture du coton dans la province d'Oran. — Coton Bahmié. — Les États-Unis d'Amérique destinés' à conserver le monopole de l'industrie cotonière. — Contrée comprise entre Oran et Affreville. — Milianah. — Teniet*el-Ahd. — Forêts de cèdres. — Comparaison de ces forêts avec celles de l'Asie Mineure. — Retour à Affreville. — Voyage d' Affreville à Alger par le chemin de fer.

Alger, le 26 novembre 1877.

Nous voilà enfin sur le sol africain ! Nous avions espéré y arriver en automne, tandis que nous l'avons atteint presque en hiver (17 nov.). C'est qu'il nous est arrivé ce qui arrive quelquefois au pèlerin, tout en s'avançant avec impatience vers la Terre Promise, lorsqu'il rencontre sur sa route un site attrayant il a peine à s'en détacher, et ne reprend que tardivement et à regret sa besace et son bâton.

A notre débarquement, nous eûmes à subir un véritable assaut de la part d'un essaim d'Arabes et de juifs, se disputant notre bagage avec un acharnement auprès duquel les insistances des harnais de Constant inople et de Smyrne ne sont que des humbles sollicitations; sous ce rapport, les Arabes et les juifs d'Oran ne trouvent de rivaux qu'en Italie. Toutefois, si la civilisation européenne reçoit aux abords de la ville l'étranger par ses délégués de la pire espèce, elle ne s'en présente pas moins sous un jour plus favorable aussitôt qu'il parvient à pénétrer dans la ville même, avec son cachet de cité

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