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CONTRÉE ENTRE ORAN ET SAINT-DENYS DU SIC

française, mais située sous uu ciel bien autrement beau que celui des plus riantes contrées de la métropole.

Les nombreuses avenues de la ville, de môme que les jardins des environs, étaient ornés d'une brillante végétation, au milieu de laquelle j'ai salué avec plaisir une ancienne connaissance de l'Andalousie : le beau Phytolacca dioica, arbre peu cultivé en Europe, où, à l'exception du midi de l'Espagne et de la France, je ne me rappelle l'avoir vu que fort rarement ailleurs. Le coup d'oeil du haut des pittoresques rochers bordant le port est magnifique. Malheureusement nous ne pûmes rester à Oran que trois jours : car non seulement notre appartement à Alger avait été arrêté déjà depuis longtemps, mais encore, avant de nous y rendre, nous avions l'intention de visiter les forêts de cèdres deTeniet-el-Ahd, excursion qu'il fallait effectuer sans délai, au risque de voir la neige envahir cette contrée montagneuse. Toutefois, nous ne voulûmes pas quitter Oran sans jeter un coup d'œil sur l'un des plus remarquables travaux exécutés en Algérie par les ingénieurs français, près du petit bourg Saint-Denys du Sig, appelé ainsi à cause du barrage construit sur le cours d'eau nommé Sig.

Une excellente voie ferrée nous transporta promptement à Saint-Denys en traversant une contrée unie, ça et là marécacageuse, revêtue sur plusieurs points de touffes de palmier nain, mais généralement déboisée; les bouquets d'arbres ne se présentent qu'autour des villages ou des stations du chemin de fer; parmi ces arbres ou arbustes figurent fréquemment les Phytolacca dioica, Eucalyptus globulus et Opuntia ficusindica.

Au reste, les plaines que nous traversâmes entre Oran et Saint-Denys offrent localement quelques vignobles, ainsi que des plantations de tabac. Ces plantations, assez étendues tout autour de Saint-Denys, sont particulièrement cultivées par les chrétiens, car les indigènes fument seulement la cigarette et, pour en faire, se servent du tabac de Virginie qu'ils trouvent à acheter dans toptes les villes. C'est là un fait qui frappe vivement quiconque a habité les contrées asiatiques de l'Orient, où

Turcs comme Arabes ne se présentent jamais sans la pipe soit à la bouche, soit suspendue à la ceinture, cette dernière étant plus ou moins munie d'armes dont le port est interdit ici aux indigènes du pays ; en sorte que l'Arabe de l'Algérie, sans pipe et sans armes, perd beaucoup, dans son aspect extérieur, du caractère si fortement empreint à tout vrai musulman en général.

Saint-Denys du Sig est un village ou petit bourg assez considérable, puisqu'il compte 7000 habitants exclusivement français ou espagnols. Quant aux Arabes, qu'on y voit circuler en grand nombre, ils constituent une population flottante, et bien peu d'entre eux ont accepté l'offre qui leur avait été faite par la commune, d'un certain nombre de maisons; ils préfèrent habiter leurs tentes, et ils ont même soin de les dresser à une distance considérable du village.

Saint-Denys du Sig est l'une des localités où l'on cultivait le coton ; mais aujourd'hui on n'en voit presque plus de traces, et même la province d'Oran tout entière, où à l'époque de la guerre civile qui ravageait les États-Unis d'Amérique, cette culture avait été florissante et rémunératrice, fournit à peine maintenant 3000 kilogr. de coton marchand. On peut donc considérer cette importante branche d'industrie comme éteinte dans toute l'Algérie, à moins qu'où ne parvienne à lui dodner un nouvel essor par l'introduction de la race découverte en Egypte, et dont il a été tant parlé dans les journaux sous le nom de Bahmié.

Cette race a été l'objet d'une étude consciencieuse de la part de M. Naudin1. 11 a fait venir d'Egypte et semé dans sa propriété de Gollioure, des graines du coton Bahmié ainsi que du cotonnier ordinaire {Gossypium) et de Y Hibiscus esculentuSy ces deux dernières plautes ayant été considérées comme donnant naissance à la race Bahmié. M. Naudin a pu constater l'impossibilité de l'hybridation; de plus, il a reconnu une variété très remarquable du cotonnier, à fleurs ressemblant

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