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VARIÉTÉS DES PLANTES ORNEMENTALES A ALGER

matis arrhosa, mais perdant ses fleurs en janvier, tandis que celles de sa gracieuse compagne persistent tout l'hiver; l'Antholiza œthiopica, dont les fleurs écarlates rappellent celles du Salvia fulgens /les Bignoniajasminifolia^Xvenusta; le Polygala myrtifolia, ces deux dernières constamment chargées de belles fleurs rouges qui contrastent admirablement avec les pétales de blancheur éblouissante du Sida arborea; le Jambosa uniflora^ qui en février laisse briller ses fruits rouge orange, d'un goût rafraîchissant.

11 est vrai, plusieurs de ces espèces, originaires des zones les plus chaudes, telles que les Bougainvillaea et le Buddleia de Madagascar, ne fructifient point à Alger et ne s'y propagent que par bouture ; mais elles n'en sont pas moins rustiques et communes, surlout le bel arbre de Madagascar, que l'on voit, à l'instar de nos végétaux vulgaires, composer les haies et les enclos des jardins. Avec cette étonnante profusion de plantes ornementales simulant les végétaux spontanés, il est à regretter qu'on n'ait pas encore établi, dans l'intérieur d'Alger, un vaste jardin, à belles avenues, tel que le Jardin d'essai, malheureusement beaucoup trop éloigné de la ville; un jardin de cette espèce, ou bien même de la nature d'un parc capable d'offrir aux habitants l'avantage d'un point de réunion général, fait, il faut l'avouer, défaut à Alger. Ni les squares ni le jardin Marengo, tous assez restreints, ne sauraient remplir ces conditions, et encore moins le quai qui longe la mer, à peine suffisant pour laisser passer de front deux promeneurs brûlés par le soleil ou suffoqués par la poussière soulevée par les voitures. Ce défaut regrettable d'un point central de réunion publique fait qu'à Alger il est assez difficile de se rencontrer, et que les promeneurs se trouvent éparpillés sur des points isolés comme autant de pèlerins solitaires.

S'il y a peu de promenades à Alger qu'on puisse commodément faire à pied, les promenades en voiture sont aussi nombreuses que variées. En parcourant de charmantes vallées comme celles connues sous les noms de Frais Vallon, de Vallée de la Femme sauvage, de Vallée de la Fontaine Bleue, etc., on aper-

çoit partout des fermes, des jardins, et Ton traverse de temps à autre des villages plus ou moins considérables. Parmi ces villages qui n'ont d'arabe que le nom, il en est un grand nombre situésà proximité immédiate d'Alger, tels que : Birmandreis, Birkhadem, Tikseran, El-Biar, etc. ; tous ont des maisons en pierre, propres, souvent élégantes. Les restes d'architecture mauresque y sont peu fréquents, à l'exception de quelque fontaine plus ou moins bien conservée, comme celle que l'on voit à Birkhadem; le sol est généralement bien cultivé, mais rarement par les Arabes; partout existe une belle végétation, et çà et là des plantations d'orangers.

Toutes ces courses n'exigent que peu d'heures et s'effectuent aussi commodément et à prix égal à celui fixé pour les excursions autour de nos capitales européennes. Quant aux courses plus lointaines, exigeant unejournéeoudeux, elles n'offrent pas plus de difficulté et sont d'un intérêt encore plus grand. Mais comme j'aurai à vous rendre compte de celles que nous nous proposons de faire pendant notre séjour à Alger, je ne veux pas ici anticiper sur ce sujet, et je me borne pour le moment à vous ébaucher à grands traits la physionomie extérieure d'Alger, d'après mes impressions. Dans ma prochaine lettre vous aurez la relation de la première excursion que nous y aurons faite.

LETTRE V

Cap Pescade. — Route pittoresque qui y conduit d'Alger. — Grotte du cap Pescade. —

-Reste» d'animaux fossiles et d'instruments en silex qui y ont été trouvés. — (Çeaelu-

sions qui en résultent relativement anx anciens habitants de la grotte. — G *otte du

cap Caxine, contenant également des restes organiques. — Constitution gô logique

et végétale de la contrée comprise entre Alger et le cap Caxine.

Alger, le 12 décembre WT.

Ma première excursion à Alger (le 9 décembre) fut au cap Caxine (Ras Kreschin), situé à 12 kilomètres à l'ouest de la ville ; c'est une des nombreuses saillies du magnifique littoral qui se déploie à perle de vue, en se terminant vers la mer par des roches admirablement groupés, alternant avec des surfaces verdoyantes.

Je me proposais d'examiner diverses grottes naturelles percées dans les montagnes qui bordent le littoral, grottes parmi lesquelles deux surtout m'avaient été signalées comme particulièrement remarquables, savoir : celle située près du cap ou pointe Pescade, et celle du cap Caxine.

La partie du littoral comprise entre ce dernier cap et Alger, respirait toute la fraîcheur du printemps, bien que nous fussions sur le seuil de l'hiver : un tapis d'émeraude revêtait non seulement les pentes abruptes, au pied desquelles expirait mollement une mer d'un bleu foncé, mais encore les montagnes à contours variés dont la côte est encadrée. La route qui longe la mer est bordée par une haie touffue d'Arroches (Atrir plex halimus) dont les feuilles imprégnées de substances

salines sont très recherchées par les chèvres. Il est vrai, ni ces buissons, ni presque aucun des nombreux arbrisseaux et arbres qui se dressaient de toutes parts, n'étaient plus ornés de fleurs; mais celles-ci ne faisaient pas défaut à une foule de plantes que j'observai sur les versants des montagnes où se trouvent les grottes; je ne mentionnerai parmi ces plantes que les Cyclamen africanum, Viola arborescens, Cistm monspeliensis , Jasminum fruticans, Leucanthemnm globosum, Sisymbrium amplexicaule et Erodium geifolium, ces deux dernières formes exclusivement propres à l'Algérie, et la Crucifère particulièrement au cap Caxine '.

La grotte de la pointe Pescade ainsi que celle du cap Caxine se trouvent sur le versant septentrional de la chaîne côtière. Ces grottes sont assez belles, mais ne sauraient supporter la comparaison avec tant d'autres de cette nature si connues en Allemagne, en Angleterre, en Italie, mais surtout en Grèce.

La grotte du cap Pescade a été décrite par mon ancien ami et confrère le docteur Bourjot*, que j'eus tant de plaisir à revoir à 'Alger après trente années d'absence. Cette grotte, située à une trentaine de mètres au-dessus de la pointe Pescade, est composée d'une série d'excavations réunies par des couloirs étroits ; l'excavation laplusconsidérable,queM.Bourjot qualifie de grande chambre ou chambre de fond, peut avoir 3 mètres et plus de diamètre en tous sens, et 4 mètres de hauteur, du sol factice de sable au toit naturel. C'est sur ce sol factice en sable de ravin, apporté par les naturels de l'époque, que furent trouvés, près de restes de foyers reconnaissables à des pierres plates calcinées et à des cendres, des os séparés, mais ayant subi l'action du feu, et à côté une pointe de flèche en silex pyromaque, taillé par esquilles, ainsi qu'un autre fragment informe de la même pierre. A cet égard, M. Bourjot fait observer que le silex pyromaque, propre à être taillé, ne se trouve pas dans les environs

■1. Voy. Pièces justificatives y I, contenant les plantes observées dans cette excursion.

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