‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 58 sur 285 · Voy. p · texte numérisé non relu

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pisana, Ostrea lamellosa, Cassis sulcosa^ Tellina balaustina; plusieurs espèces d'Echimts et de Spatangus, etc.

Les parties sablonneuses de la plage ainsi que les dunes offraient un grand nombre de Lotus creticus, Frankenia levis, Echiwn maritimum, etc. ; toutes eu fleur, de même que les feuilles imbriquées du Plantago macrorrhiza, Pers. (P. crithrnoides, Desf.), plante assez rare en Algérie, et les feuilles marbrées de blanc de YOrtaya maritima.

La région plus élevée du plateau de Sidi-Ferruch était revêtue d' Asteriscus maritimus, Syuanlhérée fort commune dans toute là contrée, enlre les parages limitrophes de Guyotville et de Sidi-Ferruch; elle se trouvait associée, quoique en nombre moins considérable, aux Senecio humilis, Picridium voisin du P. vulgare, Calendula subfruticosa et arvensis, Thymus inodorus, Cerinthe gymnantha, Matthiola tricuspidata, Silène bipartita, Iris sisyrincAium, Ophrys tenthredinifera, etc. C'est à Sidi-Ferruch que M. Rivière me dit avoir trouvé (au mois de mai 4868) le Peristylas cordatus, Lindl., Orchidée originaire des îles Canaries et qui, à la seule exception d'Oran, où Munby l'indique comme extrêmement rare, n'avait pas encore été constatée en Algérie.

Sidi-Ferruch, qui du temps des Arabes n'était qu'un marabout, est devenu aujourd'hui un petit village qui s'est groupé autour du fort considérable construit par les Français. Il est vrai, ce village n'est composé que de quelques maisonnettes très propres, habitées particulièrement par les pêcheurs; aussi nous servit-on, dans la petite taverne établie à l'entrée du village, du poisson excellent, entre autres de beaux percoïdes (Serranas gigas c. v.) et d'énormes rougets (Mullus barbatus), qui diffèrent de nos rougets d'Europe non seulement par une taille plus grande, mais encore par des écailles plus serrées formant une espèce de cotte qu'on enlève en larges plaques.

Quelques maisons appartenant à des colons, ou habitées par des employés du gouvernement, sont entourées de beaux Phytolacca dioica non pas encore revêtues de feuilles nouvelles.

BELLES PLANTATIONS d'EUCAL YPTUS. 129

Les dunes s'étendent à environ 700 mètres à l'ouest de la baie de Sidi-Ferruch , et à Test jusqu'au cap Knatour (Ras-el-Knatour), que j'ai élé visiter, bien qu'il se trouve en dehors de la route qui devait me conduire à Alger. Ce cap est composé de rochers nombreux de granité (gneiss?) fibreux et de micaschiste; la plage m'offrit une grande quantité à' Hélix jAsana^ explanata et lineata.

Sur les plateaux qui s'élèvent au-dessus des caps, se trouvent les restes d'un aquednc et de citernes, ainsi que beaucoup de poterie ancienne. Ces plateaux sont revêtus d'une végétation analogue à celle de Sidi-Ferruch; on y voyait percer en grand nombre à travers le tapis végétal les beaux pétales bleus tachelés de blanc de Y Iris sisyrinchium, que je n'avais pas encore vu en fleur et qui, il y a trois jours, n'en avaient point sur les coteaux de Mustapha supérieur.

Je retournai à Alger avec une riche récolte de plantes, car mon excursion a Sidi-Ferruch m'avait fourni 30 espèces dont 3 en fleur, 8 en fructification et 44 en végétation *.

Le lendemain après mou retour de Sidi-Ferruch nous allâmes voir les belles plantations d'Eucalyptus de MM. Cordier etTrottier. Il est vrai que, devant faire plus tard une excursion dans la Mitidja par la Maison Carrée, près de laquelle se trouvent ces plantations, j'aurais pu les visiter en me rendant à la Mitidja; mais comme il fallait du temps pour les examiner consciencieusement, il eût été impossible d'accomplir les deux excursions en un seul jour, et en conséquence nous nous décidâmes à en consacrer un exclusivement à MM. Cordier etTrottier, sauf à revenir un autre jour par la même route d'Alger à la Maison Carrée. Ces genres de répétitions s'imposent très fréquemment, lorsqu'on tient à explorer une contrée, et on les subit volontiers, parce qu'on est sûr d'avance, en repassant par les mômes lieux, d'y découvrir de nouveaux objets d'étude qui avaient échappé à une première visite.

1. Je n'ai pas cru devoir donner dans les Pièces justificatives la liste do ces plantes, parce qu'elles n'ajoutent qu'un très petit nombre d'espèces à celles déjà signalées dans mes précédentes excursions,

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Nous partîmes le 16 février pour Hussein-Dey, en suivant à une certaine distance la côte basse et sablonneuse. L'espace qui nous séparait de cette dernière est, sur plusieurs points, occupé par des plantations d1 Opuntia coccifera, tandis que les champs et les routes sont bordés par X Agave americana et gigantea, deux espèces qui se distinguent aisément par la teinte de leurs feuilles et par leur inflorescence : les feuilles de Y Agave americana étant glauques et celles de X Agave gigantea d'un vert plus franc.

Hussein-Dey n'était jadis représenté que par une maison de campagne du Bey d'Alger, il est devenu un village d'environ 1900 habitants. Les maisons en pierre se trouvent échelonnées des deux côtés d'une longue avenue. C'est sur l'emplacement de la maison du Bey qu'on a construit un vaste entrepôt pour les tabacs acquis par l'Etat, car ce fut en 4844 qu'on commença à employer des tabacs algériens dans les manufactures. Aujourd'hui, la province d'Alger à elle seule fournit annuellement à l'État plus de 4 millions de kilogrammes de tabac, au prix moyen de 6 à 8 francs le kilogramme.

Sur la plage comprise entre Hussein-Dey et l'embouchure du Harrach eut lieu, comme on le sait, en 1554, le débarquement des troupes espagnoles commandées par Charles- Quint en personne; parmi ses généraux se trouvaient l'amiral Doria et Fernand Cortez, le célèbre conquérant du Mexique. Pourtant, malgré leur présence, cette entreprise eut le plus désastreux dénouement, causé par la terrible tempête qui détruisit la majorité de la flotte espagnole, en laissant l'armée à la merci d'un ennemi acharné.

Aujourd'hui, le champ de tir de l'artillerie occupe une partie de cette plage historique, tandis que les plaines abreuvées par le sang des chrétiens et des Arabes ont été conquises en faveur de la civilisation et de la plus bienfaisante charité, car non loin de l'embouchure du Harrach se trouve la magnifique ferme achetée par Mgr Lavigerie, qui fit d'abord défricher le terrain par les orphelins arabes recueillis en 1867, pendant la famine, et puis construisit la ferme dont il dota les mission-

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