PRÉFACE
nation française, en leur faisant apprécier le christianisme par son côté le plus attrayant et tout à la fois le plus pratique.
Je sais que bien des personnes, dont je suis le premier à reconnaître l'autorité dans les questions relatives à l'Algérie, me taxeront d'exagération et surtout d'optimisme, mais j'espère qu'elles ne me refuseront pas, à moi non plus, un certain degré de compétence dans ces matières, en considérant que j'ai passé près de vingt années à étudier, sur les points les plus divers, les populations orientales, sans avoir jamais éprouvé le besoin d'adapter mes opinions ou mes impressions à des théories préconçues et encore moins à un intérêt personnel quelconque. Affranchi de tout lien de parti et de préventions nationales ou religieuses, et possédant le rare privilège de jouir d'une position parfaitement indépendante qui satisfait à toutes mes aspirations, je suis dans le cas de ne dire que ce que j'ai vu, et de n'admettre comme expression de la vérité que les faits que j'ai constatés, en les dégageant autant que possible de toute cause d'erreur et d'illusion.
En général, je me suis attaché à ne rendre que mes impressions exclusivement personnelles, et j'ai mis tant de soin à éviter tout ce qui pourrait sentir l'emprunt ou la compilation, que j'ai toujours préféré ne. rien dire, plutôt que de m'exposer à répéter ce qui avait déjà été dit par d'autres. C'est ce que j'ai dû in imposer particulièrement à l'égard de l'Espagne, où presque toutes les localités remarquables avaient été décrites tant de fois, qu'on ne saurait en parler sans reproduire ce qui est plus ou moins connu ; et pourtant, l'Espagne est le seul pays de l'Europe, peut-être, où il y ait encore quelque chose à glaner.
De même, je me suis interdit toutes ces notions historiques qu'il est si aisé de compulser dans les ouvrages élémentaires, d'où ils sont passés sous mille formes dans les guides des voyageurs; et si je me suis livré assez fréquemment à des considé-