VÉGÉTAUX REMARQUABLES DU JARDIN D'ESSAI
sont pas contemporaines des fleurs femelles. On voyait sur le même tronc les fleurs des deux sexes disséminées sans ordre, mais ne Couvrant pas simultanément, les étamines des fleurs mâles étant déjà tombées avant l'éclosion des fleurs femelles, en sorte que, pour être fécondées, ces dernières doivent attendre une seconde génération des fleurs mâles.
Cocos flexuosa. — Ne le cédant pas probablement aux dimensions qu'il acquiert dans sa patrie brésilienne, car il a atteint en peu de temps une circonférence de 4m,6 et une hauteur de 12 mètres. Il est remarquable qu'une autre espèce, également brésilienne, le Cocos lepida, prospère au Jardin avec la môme vigueur, tandis que le Cocos nucifera de l'Egypte n'a pu être cultivé à Alger.
Chorisia speciosa. — Magnifique Bombacée brésilienne, dont le tronc, hérissé d'épines coniques grosses mais courtes, a une circonférence de 2m,7 et une hauteur de 15 mètres; la couronne feuillaire offre un énorme développement et ne mesure pas moins de 42 mètres.
Ficus roxburghii (I il de s orientales), dont les racines adventives plongent dans le sol comme autant de colonnes ou d'arcs-boutants. Au rond-point d'une avenue plantée de Magnolia grandiflora, on voit un groupe pittoresque de 16 Figuiers de cette espèce; plantés en 1863, ils ont poussé avec une telle vigueur que leurs troncs ont déjà acquis une circonférence de 86 centimètres.
Ficus racemosus. — Un peu au-dessus du sol, le tronc manifeste une tendance à se ramifier, mais forme néanmoins une masse continue ayant une circonférence de 2B,97.
Sideroxylon lucidum (Mexique) , d'une circonférence de 1 mètre et de 10 mètres de hauteur.
Sapindus emarginatus (Indes orientales). — Circonférence lm,5, hauteur 15 mètres.
Sapindus indicus. — Un peu moins vigoureux que son congénère, mais dont les fruits fournissent un suc analogue au savon en dissolution, très propre à être employé au nettoyage de la laine. Aussi le fruit de ce Sapindus est devenu pour le
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Jardin d'essai un article de commerce qui promet d'être lucratif, car déjà l'industrie algérienne s'en est emparée. Au reste, les fruits du Sapindus emarginatus Vahl. {S. trifoliatus L.) sont encore aujourd'hui employés à cet usage aux Indes orientales, et il paraît que tel avait été aussi le cas dans l'antiquité la plus reculée, ainsi que le prouvent les fruitsdu Sapindus emarginatus conservés dans le musée égyptien de Berlin, dont les reliques végétales ont été l'objet d'un travail intéressant trouvé parmi les manuscrits de l'éminenl botanistes Al. Braun, récemment enlevé à la science, travail qui a été publié par MM. Àscherson et Magnus et résumé par M. Bushinger *. Deux autres plantes, dont l'importance pratique avait été également reconnue dans l'antiquité2, savoir: Urtica ?iivea et Urtica lenacissima, se développent dans le Jardin avec une remarquable vigueur, et ne tarderont pas à devenir pour l'établissement un article de commerce fort rémunérateur.
Les espèces dont je viens de signaler le riche développement, constituent déjà à elles seules des exemples frappants de la prodigieuse facilité avec laquelle le sol d'Alger se prête à la reproduction, sans abri aucun, de plautes appartenant aux contrées les plus chaudes et qui en Europe végètent tant bien que mal dans une atmosphère artificielle. Ce remarquable phénomène est surabondamment démontré par l'examen attentif de la longue série d'espèces réunies dans mon tableau3. Toutefois, pour faire ressortir ce phéuomène d'une manière encore plus saillante, il manquait au tableau un contrôle, c'est la constatation de la force de résistance que toutes ces plantes exotiques, soustraites dans leur patrie à un abaissement de température au-dessous de zéro, possèdent réellement à Alger, où de telles oscillations thermiques ont quelquefois lieu. Or, l'hiver et une partie du printemps que j'ai
i. Bullet. Soc. bot. de France, an. 1878, t. XXV, p. i.
2, Voyez ma note à la page 737, vol. I de mon édition française de la Végétation du Globe de Grisebach.