VÉGÉTATION ET CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DU DJURJURA
l'Algérie, n'y onl pour station unique que le Djurjura. Enfin, le Djurjura possède en commun avec le mont Tabor 18 espèces et avec l'Aurès 43 espèces. Au reste, les 444 espèces signalées sur le Djurjura ne constituent qu'une petite fraction de la flore de la Grande Kabylie tout entière, contrée à la vérité peu vaste, car son étendue est assez exactement délimitée par la subdivision de Dellys ; or, la flore de la Kabylie ne compte pas moins de 4277 espèces, dont MM. Hanoteau et Letourneux donnent rénumération et qui par le petit nombre de Fougères qu'elle renferme (4 8 espèces) , reflète un fait caractéristique pour la flore de l'Algérie en général, où cette famille est très faiblement représentée.
Le Figuier et le Pin maritime font défaut au Djurjura, mais on y voit des groupes de Cèdres entre les altitudes de 4200 et 4300 mètres. L'Olivier y monte jusqu'à 4400 mètres d'altitude.
Parmi les faits géologiques signalés par MM. Hanoteau et Letourneux, le plus intéressant est la présence du terrain nummulitique sur le point le plus élevé de la chaîne (pic de J^alla Khadidja, 2038 mètres d'altitude); c'est un fait très important, car il prouve le soulèvement assez récent du Djurjura qui n'a pu avoir lieu qu'à l'époque tertiaire moyenne (miocène) et, par conséquent, à peu près à l'époque du soulèvement des Alpes suisses. Cependant, il paraîtrait qu'à son émersion de la mer miocène, le Djurjura n'a pas été porté à son altitude actuelle et qu'il ne l'a atteinte qu'à l'époque quaternaire, parce que des dépôts puissants de ce dernier âge revêtent le versant méridional de la montagne l.
Quant aux granités, gneiss et micaschistes qui composent la contrée du Fort National, ces roches, sans doute primaires, alternent sur plusieurs points avec des calcaires blancs, à cassure conchoïde, renfermant beaucoup de cristaux de pyrite de fer; ces calcaires, dans les parties fraîchement cassées, exhalent quelquefois une odeur très fétide.