La Kabylie, etc., t. I, p
182 ALÔÉRIE,
Le commandant Gary voulut bien nous conduire dans sa voiture voir la magnifique route que Ton construit afin de rallier le Fort National à Beni-Mansour, en franchissant le Djurjura pour descendre h Bougie, Elle avait déjà plus de 15 kilo* mètres de longueur, dont nous parcourûmes la moitié ayant toujours devant nous le splendide panorama du Djurjura» Dans ma course rapide, je n'ai pas été à môme d'observer des plantes particulièrement propres à la contrée tout autour du fort. La végétation m'y rappelait celle des points élevés limitrophes d'Alger, où cependant les buissons d' TJlex africantu m'ont paru bien moins fréquents que sur les rochers du fort, en revanche, je trouvais ces rochers abondamment ornés par la belle et rare Saxifrage atlantique (Sàxifraga atlantica) .
Pendant les chaleurs de l'été, le Fort National doit être un séjour délicieux, bien préférable aux chalets des Alpes suisses n'offrant la fraîcheur qu'au prix de la pluie, et souvent de la neige. Mais dans la saison où nous étions, le vent du nord avait déterminé un si brusque abaissement de température, que les excursions dans les montagnes devenaient peu agréables; aussi fûmes-nous obligés de renoncer à aller voir, ainsi que nous en avions eu l'intention, certains villages kabyles connus dans le pays par leurs produits de poteries. Cependant nous profitâmes de la proposition que nous fit M. le commandant de visiter un village situé dans la proximité du fort, afin d'avoir au moins une idée d'un intérieur kabyle.
En conséquence, le 13 mars, par une belle mais assez fraîche matinée, nous montâmes à cheval pour nous rendre au village Dedort Uffilà, situé sur le sommet d'une colline, à une heure de distance au nord du fort. Nous parcourûmes une très bonne route tracée par les Français, le long des versants des hauteurs ondulées servant de contreforts au Djurjura. La contrée était revêtue de buissons de Chêne à kermès et de Chêne-liège, ainsi que de touffes de. Genêts, Spartium, etc., appartenant aux espèces plus ou moins fréquentes dans les régions élevées des environs d'Alger. Çà et là apparaissaient quelques vignes, mais point d'oliviers, les hivers étant trop