‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 90 sur 285 · Vpy. Pièces justificatives, X · texte numérisé non relu

Vpy. Pièces justificatives, X

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normales. Au moment où nous étions, la température avait soudainement baissé au point que, dans notre hôtel même, malgré un bon feu de cheminée, nous ne pûmes faire monter le thermomètre au-dessus de 12 degrés, tandisque les montagnes se couvraient de neige, ce qui rendait complètement impossible l'excursion que nous avions projetée aux Cèdres, en sorte que nous dûmes nous borner aux environs les plus rapprochés de la ville. En tout cas, je tenais à ne point quitler Blidah avant le 18 mars, afin d'assister à une solennité religieuse qui devait avoir lieu ce jour dans le cimetière arabe dont j'ai parlé plus haut. Cette solennité, célébrée dans toutes les contrées musulmanes, puisqu'elle se fait en commémoration du jour de la naissance du prophète (la fête du Mauloud), revêt à Blidah un caractère particulièrement important, parce que le cimetière de cette ville a l'honneur de posséder le tombeau du marabout Sidi-el-Kébir. La cérémonie devait avoir lieu le soir à la lumière des torches, et la foule qui depuis plusieurs jours arrivait des villes et des villages limitrophes, promettait de donner à cette fête nocturne une grande animation.

Le jour sacré fut inauguré de bonne heure par une procession ; malgré le vent et la pluie, elle se rendit au Bois sacré pour saluer le tombeau du saint qui s'y trouve, et autour duquel sont venus se grouper les beaux arbres dont ce lieu est ombragé. La cérémonie pratiquée devant le tombeau rappelle les pieux subterfuges employés si souvent par les pontifes de l'antiquité (sans compter leurs successeurs chrétiens). Un marabout s'étant introduit dans l'intérieur du cénotaphe dont le cercueil du saint est recouvert, faisait entendre des voix et des murmures confus, recueillis par les assistants comme autant d'échos vénérables de l'entretien entre le saint et le marabout; le peuple s'empressait de déposer avec respect sur le cénotaphe nombreuses pièces de monnaie, large dédommagement pour le pieux marabout des fatigues causées par la conversation sacrée, mais fort criarde, dont il avait régalé les croyants.

Le grand marabout du cimetière fut plus favorisé par le ciel pue son confrère moins important du Bois sacré, car après le

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