LE TOMBEAU DE LA CHRÉTIENNE
de Roseaux (Arundo festucdides) , etc. Parmi les plantes qui entaillaient le tapis végétal, je mentionnerai : Phalangium alfferienseBoiss. et R., Fritillaria oraniensis Pomel, Trichonema bulbocodium, Ornithogalum umbellatum, Convolvulus mauritanicus, Lavandula stœchas, Linaria virgata% etc.
Ce n'est qu'en se rapprochant du Tombeau qu'on en aperçoit les vastes proportions et la solide structure, car, même à une distance peu considérable, on ne croit voir qu'un monceau de terre noire à forme conique ; mais arrivé au pied du monument on est frappé par les énormes dalles de pierre composant cette singulière construction, qui, sans avoir l'élégance des œuvres grecques ou romaines, ne peut manquer d'impressionner, même ceux familiarisés avec les monuments de l'antiquité classique*
Le nom par lequel les Européens désignent cet édifice n'est qu'une traduction de son nom arabe {Kubr-er-Roumia) signifiant Tombeau de la femme chrétienne, en sorte qu'il est probable que dans la construction du monument, ou du moins dans les phases historiques qu'il a traversées, une réminescence chrétienne joue un certain rôle, réminescence ayant revêtu plus tard les formes fantastiques d'une légende, comme celle qui s'y rattache, et est reproduite dans plusieurs guides algériens, notamment dans l'excellent mauuel rédigé parle colonel Playfair et édité par Murray.
Ce qu'il y a de certain, c'est que Pomponius Mêla seul, parmi les auteurs anciens, qualifie cet édifice de monument sépulcral1, car après avoir signalé lob (la ville de Cherchell d'aujourd'hui) comme capitale de Juba, roi de Numidie, qui substitua à son nom ancien celui de Césarée (Juiia cesarea), le géographe romain dit : « au delà s'élève un monument consacré à la sépulture commune des princes de la famille royale * », cette dernière expression se rapportant évidemment aux princes de la maison royale de Numidie.
Quelque importante que soit pour l'archéologue cette indica-