‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 94 sur 285 · Ultra monumeiUum commune regiœ gentie · texte numérisé non relu

Ultra monumeiUum commune regiœ gentie

lion, le passage qui suit immédiatement celui où elle se trouve est bien plus intéressant encore pour le géologue, car Pomponius Mêla ajoute : « Dans l'intérieur, à une distance assez considérable du rivage, on aperçoit avec étonnement, dans des plaines qui passent pour être complètement stériles, si toutefois la chose est croyable [si fidem res capit), des arêtes de poissons (spinœ pzscium), des débris d'huîtres et d'autres coquilles (muricum ostrearumque fragmenta), des rochers qui paraissent avoir été usés par les flots, comme ceux qu'on voit au sein des mers (saxa atlrita uii soient, fluctibus, et non differentia marinis)j des ancres incrustées dans ces rochers (infixœ cautibus anchorœ), et d'autres vestiges semblables, qui sont autant d'indices de l'ancien séjour de la mer dans ces lieux. *

Or, en effet, de nombreux restes organiques ont été constatés, surtout par les explorations de M. Pomel, dans la contrée située au midi du littoral où se trouve Cherchell, en sorte que le passage de Pomponius Mêla n'en acquiert que plus d'importance, parce qu'il figure dans le très petit nombre d'assertions émises par les auteurs anciens, sur la présence de coquilles fossiles et sur les conclusions qu'elles suggèrent relativement au séjour de la mer dans les lieux caractérisés par des restes organiques. C'est là une de ces suggestions lumineuses par lesquelles les anciens ont plus d'une fois devancé les modernes, car il a fallu bien des siècles avant que, à une époque assez rapprochée de la nôtre, on se fût demandé si des coquilles fossiles ne sont pas autre chose que des jeux de la nature et si réellement elles prouvent la présence de la mer. Mais le remarquable passage de Pomponius Mêla a encore une autre importance, c'est de faire supposer que la contrée littorale des paysages de Cherchell a été soulevée à une époque historique, supposition suggérée par la présence des ancres fixées aux rochers. Il est vrai, de tels vestiges de la présence de l'homme n'ont pas encore été constatés (que je sache) daus la région dont il s'agit, cependant, puisque l'indication des coquilles fossiles, qui semblait si peu

i. Voy. Pièces justificatives, IX.

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