Tkmpi.e n'KvoKA
iCliclw df l\uitciir.)
cieuses couronnes votives découvertes en 1 858 a Guarrazar, près de Tolède,, et que se partagèrent le Musée de Cluny et l'Almeria real de Madrid (fig. 123).
Elles portent les noms des rois Swenthila (62 1 - 63 1 ) et Receswinth
Parmi les édifices
qui s'élevèrent dans les Asturies, sur les premiers territoires recouvrés par les chrétiens, les plus anciens remontent au règne d'Alonso II, el Rey Casto (792-842). Ce sont trois églises d'Oviedo : San Julian de los Prados (vul. Santullano), San Tirso et la Càmara Santa.
Santullano se compose d'un portique, d'une nef, de deux collatéraux, d'un transept, d'une abside et de deux absidioles répondant aux collatéraux (fig. 127, 128, 130). La nef, beaucoup plus haute que les bas-côtes, est couverte en charpente. Le cancel est dans le même cas, de sorte que les combles extérieurs de la nef, de l'abside et du cancel dominent l'ensemble de la couverture et dessinent une croix latine.
L'architecte, qui avait craint la poussée des voûtes sur les murs élevés, se montra moins timide dans les parties basses de la construction.
Il jeta des voûtes d'arête sur les collatéraux et tourna des berceaux sur les absides. Enfin la nef est séparée d'avec les bas-côtés par trois arcades sur piliers, et l'abside d'avec les absidioles par trois arceaux aveugles sur colonnes. Dans les voûtes, comme dans les arceaux, le plein
Fui. 122. — Fouilles dAmpi:rias
(Collection Gûell, llarceloncl
(Clichc Tlwina^.l
- EGLISES ASTURI ENNES
SANTUI.I.ASO
Fil,. i:>3
rA/i
(.Ol'RONNES VOl IVKS VISlclOI IIFS.
de l'.luin- ) fClUiw lldchclW.)
cintre est 1 unique voussure employée.
Santullano a l'aspect d'une église modeste, construite au courant du siècle dernier. Il faut voir, à l'extérieur, les ajiwcccs (fenêtres jumelées) ou s'engagent des dalles découpées à jour suivant des tracés géométriques et les corbeaux de pierre qui, aux angles, aident a porter l'avant-toit (fîg. 1 28) ; il faut s'intéresser aux contreforts de style asturien (fig. I 25), aux gargouilles, aux arcs de brique en décharge bandés audessus du linteau de quelques baies (fig. 1 28) ; li faut monter dans les combles de la nef centrale et examiner les tirants des fermes ornés de cercles concentriques pour se convaincre que 1 on est dans un monument ancien où se manifeste l'influence de 1 Orient.
Alors l'attention est attirée par l'abside, dont les colonnes de jaspe, les chapiteaux en marbre blanc de mauvais style corinthien et les antes ornées d'une décoration géométrique et surmontées d'un double cours de feuilles d'acanthe (fig. 129, 130) rappellent les motifs hellénistiques découverts a Merida (fig. 192, 193) ou précédemment signalés au palais d'Hatra (p. 4, 5).
Les dispositions générales de Santullano sont, elles-mêmes, caracténstisques des basiliques latines de la variéié v' ^ (sup., p. Vlll, 32) construites en Orient ou sous des influences orientales. Quelques églises préislamiques du Kara Dagh, la basilique de Kaiyes
Fig. 124. — Fragments d'architec-
ll'RE YISIGOTHE.
(Musée de Merida.) (Cliché de routeur.)
— ESPAGNE ■ '■■ ■ ■ 1
(Athos) et l'église de Monreale (Sicile), celle-ci héritière de monuments plus anciens, sont dans ce cas. Toutes différent des basiliques classiques par la présence de deux absidioles supplémentaires et par l'emploi de la voûte dans la couverture.
Comment le modèle de la basilique latme orientale arnvera-t-il en Asturie ? Assurément par les provinces où, sous les Visigoths, avait fleuri une architecture chrétienne inclinée vers l'Orient. 11 se pourrait donc qu'il y eût a Oviedo une copie des églises construites avant l'mvasion musulmane.
Uajimez qui éclairait l'abside de San Tirso est le seul vestige apparent et certain de la construction primitive qui nous soit parvenu (fig. 1 36). La Camara Santa était une chapelle-reliquaire mise, pour la sauvegarde des reliques, au cœur d'un palais fortifié et placée, dans le même dessein, sous le vocable de saint Michel. Elle comprend un rez-de-chaussee voûte qui l'isolait du sol et rendait l'effraction difficile, puis un étage voûté en berceau plein cintre, long de 1 0 mètres environ et large de 6. L'étage se compose de la Camara Santa proprement dite, construite par Tioda, sous
le règne d'Alonso II, elRey Cash (792-842), et d'une sorte de vestibule ou antecàmara, qui est l'œuvre d'Alonso VI (1066-1109).
La décoration de la Camara Santa est simple. En tète, règne un arc doubleau dont les naissances portent sur deux colonnes de marbre. A son tour, le mur du chevet est percé
}. 125. — San Mkji ki, dk Lino.
c^ontrki'orts asturiens.
FiG. 120. — Fragments nARCiiiTECTURE