SANTA MARIA DE NARANCO
DE I..ENA.
LOBÉE DE l'abside.
(Dessin de l'an leur J
nervées d'origine perse (si/p., p. 7, 8, 25 ; fig. 26, 30, 66) qui de deux siècles encore ne prévaudront pas dans le reste de l'Europe. Leur adoption par les architectes astunens constitue un fait d'une innportance archéologique si grande et, néanmoins, si méconnu qu'il a paru nécessaire d'j' insister.
Les écus placés au centre des tympans, les liens qui relient les doubleaux a ces écus (fig. 142), les chapiteaux en forme de pyramide tronquée (comp.
fig. 35) amsi que les lions, les chasseurs et les molosses qui les ornent Santa Chistina (|^g ] 43) gont des motifs de decora- ■ Fenêtre polv- .• ■ c . r^ • .■ i i
tion communs a banta Cnstma de Lena
et à Santa Maria de Naranco. Plusieurs se rattachent a des thèmes iraniens connus ou à des thèmes musulmans qui en dérivent.
Quelle était la destination première de Santa Maria ? Il ne s'agissait, semble-t-il, ni d'une église comme Santullano, San Miguel ou Santa Cristina, ni d'une chapelle-rehquaire analogue a la Camara Santa, — l'édifice eut été trop grand et trop mal défendu pour lui confier de précieuses reKques. — En revanche, les dispositions du plan, la présence et l'orientation de la terrasse, une décoration naïve mais riche, tout fait songer à des pièces détachées d'un palais champêtre. La nef centrale aurait constitué la salle de réception, tandis que le monarque aurait occupé d'habitude la petite pièce de l'Ouest. Quant à celle de l'Est, bien reliée à la grande nef et, partant, facile à isoler au moyen de rideaux glissant entre les colonnes, elle aurait reçu un autel et servi d'oratoire.
FiG. i3ç).
— Santa Ckishna de Lena
(Plan, fi.g. i;).
(Cliché de raiiteuy.)
ESPAGNE
FiG. 1^11. — Santa Cristina dk Lena. Appii D AUTEL (Voir (ig. i3o).
fClichO Lacoste
alors que les offices réguliers se célébraient a San Miguel. Telle est la disposition traditionnelle des petites chapelles palatines, décrites par Guillén de Castro dans la Jeunesse du Cid. Cette identification est confirmée par une inscription découverte dans le monument et par les chroniquesdel'Albeldence et de Sébastian de Salamanca.
Ces textes, contemporains de la construction, nous apprennent, en effet, que 1 édifice désigné aujourd'hui sous le nom de Santa Maria était un palais entoure d'un jardin, que le palais avait été bâti et le jardin planté par Ramiro T' et sa femme, la reine Paterna, sur le flanc de la montagne de Naranco, que le palais était très rapproché de San Miguel de Lino, élevé par les mêmes monarques, que l'église et le palais étaient voûtés et, enfin, que le palais comprenait un oratoire et un autel dédies " a la glorieuse Sainte Vierge Marie ". Le Silence, qui vivait au XI s., a Oviedo, dans le voisinage immédiat de Santa Maria de Naranco, sait, en outre, qu'à une date voisine de celle où il écrivait l'oratoire de la Vierge avait été ouvert au public et que le palais de Ramiro L' avait ete transformé en une église placée sous le même vocable de Sainte- Marie : Palatium in Ecclesiam postea versum, Beata Dei Genilrix Virgo Maria inibi adoralur. Trois églises voisines de Gijon — San Adrian, San Salvador de Valdedios et San Salvador de Priesca (ix et X'^ s.) — appartiennent encore au groupe asturien, mais elles doivent être mises à côté de Santullano et placées au nombre des basiliques latines orientales.
FiG. 141. — Environs d'Oviedo.
Santa Maria de Naranco.
Plan du premier étage.
(Levé et dessin de l'jiiteiir.l