‹ Espagne et PortugalChapitre 45 sur 181 · DU CLOÎTRE · texte numérisé non relu

DU CLOÎTRE

fCticlic de l'a u leur.)

— ESPAGNE ---

FiG.

Pedro el Vlejo de Huesca subsiste un ornement, ie chrisme (fig.

1 79), qui semble très ancien en Espagne comme en France. On ne saurait cependant arguer de sa présence — il provenait peut-être d'un autre point de la province — pour faire remonter la construction de

— Elne (Pyrénées-Orientales) Le cloître.

iCliché Labouch:' frères )

1 église a une époque antérieure à la prise de Huesca (1094). Dans son ensemble, comme dans ses détails, San Pedro el Viejo de Huesca appartient au second quart du Xll' s.

La sculpture proto-romane est connue par les petits bas-reliefs qui décorent San Miguel de Lino, Santa Maria de Naranco, Santa Cristina de Lena, San Pedro de Nave, Saint-Martin du Canigou (fig. 129, 133, 134, 140, 142, 143, 178) et par des pierres tombales (fig. 180). Certains sujets (fig. 133, 134) semblent empruntés à des diptyques païens ou chrétiens ; d'autres (fig. 142, 143, 180), a des ivoires orientaux dont ils ont gardé le style et la technique (/n/., p. 100).

Les premières manifestations de la peinture ne sont pas de date assez certaine pour être étudiées dans ce chapitre. Il en va tout autrement des miniatures des manuscrits dits visigothiques, en raison des caractères employés. Elles sont exécutées sur velin.

Le manuscril Cornes (B. N. de Madrid, An. 744-756), le missel de San Millan de la Cogulla (Acad. d'Hist. de Madrid, IX" s.), la grande Bible de San Isidoro

I T ' ( C\tLr\\ . • 1 m: GaNIGOU (PyRÉNLES-ORIENTALES).

de Léon (vers 960) sont parmi les ^,^,,, ^^ ,,o^,^.^^.é«^,„.

S.mnt-.Maktin

premiers en date. Le trait est aussi

(Cliché Kiechle.)

MANUSCRITS A flGURES

FiG. 179.

CiiRis.ME. {San Pedro el Viejo de Huesca.)

(Cliché de l'auteur./

sauvage que 1 enluminure est barbare.

Viennent ensuite les Commentaires de saint Beatus de Liébana sur l'Apocalypse. Le plus ancien texte (975) se trouve à Gérone. 11 est signé par le scribe : Senior presbiter scripcit, et par le peintre, une femme : Ende pintrix et Dei adjutrix. La copie dite de San Millau de la Cogulla (Acad. d'Hist. de Madrid) est de la fin du X' s. Celle de la Bibliothèque Nationale de Madrid (fig. 181, 182, 1 83) porte la signature du copiste : Facundus scripsit, et la date " 1085 de lere d'Espagne (1057 de J.-C.) ". Les fonds des miniatures sont disposés par zones horizontales de couleurs différentes : pourpre, bleu, vert, jaune, gris. La meilleure copie des Commentaires de Beatus (comp. fig. 1 82 avec 1 87) appartient à la Bibliothèque Nationale de Paris (lat. 8878). Elle offre de nombreuses compositions d'un dessin ferme et hardi (fig. 184 à 188). Ces quatre manuscrits sont de style proto-mudéjar. L'arc de cercle outrepassé (fig. 182, 183) et les revêtements polychromes en faïences de style persan (fig. 1 83) entrent dans la représentation des édifices ; les cavaliers sont montés sur des selles arabes ; le croissant figure sur les harnais ; la formule sacramentelle de l'Islam et des sourates en beaux caractères carmatiques ou coufiques s'y combinent avec des ornements d'allure occidentale et des inscriptions latines (fig. 185). A côté des Commentaires, se placent le Cédice Vigilanus (976) et-leCoc^/ceEm///or7U5(980)dela Bibliothèque de l'Escorial (fig. 189). Le premier renferme de nombreux portraits, notamment ceux du

Fig. 180. — Dalle

sépulcrale de style

SASSANIDE (ni/. : p. 100)

iCdmara Santa

d'Oviedo.)

(Cliché HciusL-r y Menel.)

FiG. i8i . — '• Ubi Mulier sedet sitper Bestiam ''.

Commentaires de Beatus

SUR I- 'Apocalypse.

(Bibl. Xat. de Madrid.)

/C.lichi Lacoste. I

ESPAGNE

scribe Vigila et de ses collaborateurs Sarraceno y el oltro Garcia, et une vue des murailles et de deux églises de Tolède revêtues de faïences polychromes (comp. fig. 183). Les miniatures du second ne sont pas terminées. Le dessin est encore naïf ; les yeux trop grands dévorent les figures ; les extrémités sont de proportions démesurées. On retrouvera dans les primitifs catalans (lig. 259 à 268) quelques-uns des caractères que présentent ces oeuvres.

L'orfèvrerie et le mobilier religieux sont représentés par des objets d'une réelle valeur artistique. Ils se trouvent a peu près tous dans le trésor de la Câmara Santa d'Oviedo.

La^ Croix des Anges {Cruz de los Angeles, fig. 191) et la croix de la Victoire {Cruz de la Victoria, fig. 190), avec leurs bras légèrement évasés vers le sommet, rappellent la croix du trésor de Guarrazar. La Croix des Anges fut donnée, dit-on, a la cathédrale par Alonso II (792-842). C'est un travail de filigrane d'une délicatesse exquise, au milieu duquel sont incrustés des rubis cabochons et des gemmes gravées.

La Croix de la Victoire est en bois. Alonso III (866-910) la fit couvrir d'or ciselé et de pierres précieuses.

Le reliquaire de sainte Eulalie (arca de Santa Eulalia) est surtout

Fk}. 182. - '■ Vox clainantis in liesertij : Parate viain Domina.

Heatis. (Hibl. Sat. d.' MjJiiJ i (Cliché Lacoste.)

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