‹ Espagne et PortugalChapitre 46 sur 181 · ARTS MUSULMANS · texte numérisé non relu

ARTS MUSULMANS

intéressant par l'inscription coufique Ju couvercle. Si 1 on s en réfère au 5tyle gênerai, aux allusions faites dans cette inscription et au protocole du monarque, elle doit remonter au règne d'Alonso VI (1073-1108).

Le coffre des Saintes Reliques [arca Je las Santas Reliquias) est composé d'éléments hétérogènes. 11 semble que les apôtres gravés sur le couvercle portent des vêtements décrits par saint Isidore et que l'inscription latine soit également du Vl'^ ou du Vil» s. En revanche, le Sauveur, les anges qui l'accompagnent, 1 inscription coufique qui les encadre ainsi que la monture du reliquaire furent exécutés sous le règne d'Alonso VI, en même temps que le reliquaire de sainte Eulalie Arts musulmans.

c. iHl-i. ■■ l'bi Babilon. id eut

iste mundiis ardct. "

Beatl-s. (liiH. Nat. de Mj.lii.1 )

(Cliclw Lacoste.)

Fie,. 184. — .'Vdam et Eve.

Bkahs. (liihl Wit- ,1e l\ins.

(CUrlvJ ll.^ehctlc I

Les plus anciens fragments d'architecture musulmane espagnole proviennent de Mérida (fig. 192 a 194). Comme la ville visigothe fut saccagée par Mousa en 7 1 3 et que la ville arabe fut détruite et pillée par les chrétiens en 835, ces fragments remontent au milieu du Vlll s. L'emploi du nasl^hi dans les inscriptions confirme cette date. Parmi les vestiges recueillis, figurent des antes ornés de leurs chapiteaux et dont la face est couverte de sculptures décoratives, des ajimeces avec leurs claires-voies de pierre, des coquilles cannelées, des chapiteaux de pilastre pareils a ceux du Tag-e Bostan et aux décors de l'aiguiere de Saint- Maurice (fig. 58) et des enlacements d'ogives persanes dont le trace apparaît pour la première fois a el Okhaïdher.

Outre les fragments reunis dans le musée, il en est deux très beaux provenant d'un

FiG. i85. —" Allah seul est Dieu.

LÎKATUS. iliihl. \at. de Paris.) (Clichc Hachette )

monument ruiné et réemployés comme matériaux à la réparation de l'escalier souterrain qui conduit à une source profonde (fig. 193, 194). Quelques motifs d'un caractère occidental furent empruntes aux monuments visigoths ou a l'architecture hellénistique ; les autres se rattachent aux arts de l'Orient préislamique.

La mosquée de Cordoue, d'un demi-siècle plus moderne que les édifices de Merida, fut commencée par Abd er Rahman en 785 (fig. 68, 94, 195). Mais trois ans après, a la mort du monarque, les travaux furent suspendus. Repris en 793 par

Hichàm I ", fils et successeur d'Abd er Rahman, ils furent terminés

en 766. En cet état, la mosquée , . ,

comprenait la nef du mihrab et

dix nefs collatérales de moindre

largeur, divisées en douze travées

par des files de colonnes.

Abd er Rahman II (833-848

de J.-C.) ajouta vers le Sud sept

nouvelles travées aux onze nefs

existantes et fit un second mihrab

et une maksoura voûtée en coupole

qui existe encore.

Un siècle plus tard, Hakem II

el Mostansir Billàh (987-990 de

J.-C), ayant trouvé la mosquée

insuffisante, augmenta de nouveau

sa profondeur de quatorze travées

et construisit la maksoura et le

mihrab actuels (961-967). Enfin,

sous Hichàm 11, son célèbre hâ-

djib (gênerai en chef, vizir), el

'i(i. i86. — " Dnminus in inibibus et

l'idcnt cum inimici cjus et qui eum

pupKjjerunt. " Beatus.

(liibl. Xat. de Paris.)

(Cliché llach'.ltc >

MOSQUL.E DL CUKUUUL

Vm. 187. — EVANdlLE l)K Saim I.l IJ.

liKATiS. (Hibl. \iU. de Pîirh J

(Clichc lljclicltc I

Mansoûr, élargit la mosquée vers l'Est et fit régner huit nouvelles nefs sur toute la hauteur de 1 édifice (987).

Des arcades doubles en hauteur soutiennent un plafond horizontal aux solives et aux entrevous peints et dorés. A partir du joint de rupture, leurs voussoirs sont alternativement roses et blancs. Les colonnes en porphyre, en jaspe et en marbre précieux proviennent de monuments romains et visigoths. Jusqu'à Nîmes, jusqu'à Narbonne, jusqu'à Carthage, dont les édifices furent mis à contribution.

Les parties les plus somptueuses de la mosquée sont la ma/^soura clôturée et le mihrab saillant qui lui fait suite. Ornés de marbres précieux, décorés de mosaïques byzantines, entourés d un réseau d'arcades polylobées qui s'entre-croisent et se superposent, ils réalisent une disposition canonique des églises orientales (5up., p. 30 a 33, 35, 36; fig. 83). La travée centrale de la maksoura est couverte d'une coupole sur trompes, analogue a celle de l'église arménienne d'Akhpat (fig. 89). Ses nervures, qui dessinent une étoile sphérique a huit pointes et reportent la poussée sur les angles de la pièce, comprennent, entre les pointes, huit baies dans lesquelles sont encastrées des dalles ajourées. De son côte, le mihrab, dont le plan en courbe outrepassée a les mêmes attaches

l'Ki. 188. — '■ (Juartus angélus effudit

Jialain suain super snlem '. Bkatis.

(lUhl .V,7/ ,1c l'iTfis.) (Clichc Hachette.)

FiG. l8g. — CODICE ViGILANUS.

(Bibliothèque de l'Escorial )

(Cliché Lacoste.)

ESPAGNE

orientales que celui des absides

proto-mudéjares (sup., p. 71, 74),

est couvert d'une coquille cannelée

de style sassamde, sculptée dans une

dalle de marbre (sup., p. 40). Les

contreforts extérieurs et les modillons

à copeaux sont encore a signaler.

La splendeur de la mosquée de

Cordoue et des palais élevés par

les Omeiyades, soit dans leur capitale, soit à Medinet ez Zahrà, en

fit des modèles qui furent copiés

jusqu'au jour où leur renom le

céda a celui des palais andalous.

L'Aljafena de Saragosse

(fig. 196, 197, 198) fut construit

dans les dernières années de l'occupation m.usulmane (entre 1 039 et

1081)- La fantaisie s'y donne encore plus libre carrière que dans la

maJ^soura de la mosquée de Cordoue. Les arcs polylobes s enlacent,

se nouent et se déroulent avec la souplesse d'un ruban ; des orner

ments délicats fleurissent les membres saillants de l'architecture.

Tolède, la capitale des Visigoths, fut également favorisée par les chefs musulmans. De la période où la ville reconnaissait l'autorité des émirs de Cordoue, il reste encore divers fragments d'architecture et deux anciennes mosquées : le Santo Cristo de la Luz et lasTornerias.

Le Santo Cristo de la Luz (variété K-'^) se compose en plan d'un carré traversé par une croix (fig. 199). A l'intersection de la nef et du transept, s'élève une coupole nervée du style de Cordoue. Les colonnes, grossier assemblage de fûts et de chapi- „. - CAunx i.F , A v„ HMHK. jç^^,. dispaiates. rappellent celles

(Cticiié Lacoste de oantuUano. Les reneties poly-

lM(

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