COKUOUK. — InIKKU-.L K DE l.A .MUSyl'KE
(V. fig. 68, 94.) {Cliclu> Andersnn )
par Don Sancho III el Mayor (1010-1038) a San Millan de la Cogolla (province de Rioja) et la célèbre croix de San Fernando (1230- 1 252) provenant de San Isidore de Léon. Les ivoires de la châsse sont de style prolo-mudéjar.
Lacroix (fig. 208, 209) porte deux inscriptions.
Sur l'une, placée audessous du Christ, on ht :
Ferdinanclus Rex, Sancia Regina. Une belle cuve en marbre
pour ablutions commandée par
el Mansour, hâdjib de Hichàm II (fig. 211) et un cerf aquamanile en bronze (fig. 2 1 0), trouvés dans les ruines de Medinet ez Zahrà (env. de Cordoue), remontent à la même époque que les coffrets d'ivoire et prennent place à leur côté.
Le musée de Vich possède une collection de soies orientales d'autant plus précieuses qu'elles semblent avoir été rapportées'de Valence par l'evéque Bernardo Calvo,qui commandait le contingent levé dans son diocèse quand Jaime I'"' d'Aragon reconquit la ville sur les musulmans (28 septembre 1238). La basilique de Saint-Semin de Toulouse et le musée de Cluny conservent des morceaux semblables à ceux de Vich provenant peutêtre du même butin (fig. 2 1 2). En gênerai, ils sont caractérisés par des animaux affrontés et par des plantes stylisées rappelant la décoration des étoffes sassanides et des plus anciens ivoires musulmans. Au centre de médaillons que bordent des lions passants, l'un d eux
Fig.
191"). — Saragosse. — Arcades DE l'Aljaferia.
(Cliché Lacoste.)
ESPAGNE
FiG. 107. — Saragosse.
Vrcadepolylobéedel'Aljaferia.
(Cliché Lacoste.)
offre l'image de Ghilgamech, l'Hercule de l'antique Chaldee (fig. 213).
Les couleurs usuelles sont le rouge carminé, le jaune d'or, le gros vert, le bleu tirant sur l'indigo et le gris. Ces tissus sont en soie et ont conservé un éclat et une harmonie dignes de la réputation que les ateliers perses avaient conquise.
Le moment est venu de déduire les conséquences que comporte l'analyse des édifices chrétiens et musulmans dont l'Espagne s'enrichit entre les VIII' et Xl'^ s. L'étude comparée de l'église et de la mosquée et les monographies particulières sur lesquelles elle repose la laissent pressentir. D'une manière générale, il ne peut s'élever de doutes que sur
l'origine orientale de certains thèmes asturiens, castillans et catalans. Peut-être quelques-uns étaient-ils nationalisés en Occident dès l'époque romaine et d'autres, adoptés par Byzance, furent-ils introduits en Espagne durant le règne des monarques visigoths. En tout cas, il en est qui ne furent usités ni à Rome, ni à Byzance durant la période antérieure a la conquête arabe de l'Espagne et ne furent employés que dans les édifices irano-synens. Ce sont de beaucoup les plus nombreux, les plus apparents et les plus caractéristiques.
Dans cette catégorie, rentrent la coupole sur trompes, la voûte nervée du Tag-é Ivan, du Kasr Kharàneh et du Koséïr Amra (fig. 26, 30, 81), l'arc-boutement du berceau axial {variété '{') des palais de Sarvistan, Arcade poLYLOBÉE de iaI'lj.ueria. de Mchatta et d'el Okhaïdher (fig. 3, (Cliché Lacoste.) 4, 24, 32), les contreforts exterieu'-s
l'IG. lOQ. — Toi.
;i)i:. — Sanio Cristo
iClichc Ua.slc.)
Pf.NURir. DE MOTUS BYZANTINS
{sup., p. 2, 8, 10), les courbes
outrepassées, soit en plan'(fig. 83,
85), soit en élévation {sup., p. 67
à 69), les arcs polyiobés (fig. 29,
34, 36, 38), les dispositions cruciales y-, y-', ao, a|i, al^s des
palais deSarvistanetde Mchatta
et du Prœtorium de Phasna
(fig. 6, 78) reproduites a San
Miguel de Lino (fig. Il, 131 a
1 34), à Santa Cristina de Lena
(fig. 12, 137 a 140), a San Pedro
(fig. 163) et a San Miguel de
Tarrasa (fig. 13, 161, 162). On
ne saurait non plus rattacher a l'art
byzantin ni les clochers-minarets
\sup., p. 76), ni les modillons à
copeaux {sup., p. 71, 90), ni les
bandeaux en dents de scie, ni Saint-Génis-des- Fontaines (Pyrénées- Orientales, 1020-1021), qui appartient au groupe catalan de Pedret,
de Sant Feliu de Boada et de Sant Feliu de Guixols {sup., p. 79).
Sur le puissant linteau de la porte, sont représentées des arcades
en arc de cercle outrepassé qui abritent les apôtres et qui sont interrompues par deux cercles sécants, à l'intérieur desquels trône un Christ en Majesté (fig. 214). Non seulement les architectes du Bas-Empire n'usèrent pas des voussures outrepassées, mais leurs
sculpteurs répugnèrent longtemps à modeler des images divines.
La pénurie de motifs byzantins caractérisés dans les édifices protoromans de l'Espagne était la conséquence de la conquête arabe. Maîtres du littoral méditerranéen, avec des postes avancés en Sicile et dans les Baléares, les musulmans avaient rendu la naviga-
FlG. li.nj. —
'Ai.MA. — Casa Font y Roig (\'oir plan fig. 8).
201. — Coffret d'ivoire d'Abd el Mei.icjic. ICciIhédi-ale de l'auipehnie ) (Clichc lia user y Menel.)
ESPAGNE
tion si périlleuse que les échanges maritimes entre les ports de l'Orient et de l'Occident avaient cessé et que de nouveaux courants s'étaient établis par l'Archipel et l'Adriatique. Les marchandises venant de Byzance étaient déchargées a Venise, prenaient la voie de terre jusqu'à Milan et Gènes et traversaient la France en écharpe pour être embarquées de nouveau à La Rochelle, quand elles étaient à destination de la Bretagne, des Flandres ou de l'Angleterre. Et de fait, les monuments occidentaux influencés par l'architecture byzantine se rencontrent dans deux zones qui se raccordent à l'exarchat de Ravenne. L'une épouse les rives du Rhin et aboutit a Reichenau et a Aix-la-Chapelle. L'autre répond aux territoires d'Arles et de Narbonne, s'étend sur le Périgord, comprend Cahors, Angouléme, Montmoreau, et atteint dans le Nord Fontevraiilt (Maine-et- Loire) comme limite extrême. Les écoles rhénanes reflétèrent bien vers le Sud quelques rayons de la civilisation artistique de Byzance, — les peintures murales des plus anciennes églises catalanes en témoigneront ; — mais il s'agit d'influences médiates, consécutives au transport facile de manuscrits à figures exécutés par des miniaturistes occidentaux (inf., p. 128, 129). On s'explique ainsi comment l'Espagne perdit, des le Vlll- s., le contact avec le Bas- Empire et pourquoi les caractères byzantins de l'architecture visigothe s'atténuèrent jusqu'à disparaître des édifices chrétiens élevés dans les Asturies et en Catalogne après l'expulsion des musulmans.
Ce premier point eta-
Fl(,. 202. — C:OFFnET DE I.A CATH. DE PaLENCIA.
{Musée archéologique de Madrid.) (Cliché Lacoste I