I.diidrea.l
bli, quelle route suivirent les modèles irano-synen; pour atteindre l'Espagne } Ln ce cas, encore, les faits parlent d'eux-mêmes. Leur réponse n en sera pas moins venhée.
Plusieurs voies de diffusion des arts perses ont été signalées. L'une traverse le massif du Caucase, épouse le cours de la Volga, une partie du cours du Niémen et du Prégel, arrive au bord de la Baltique, se continue en Suède, dans les lies Britanniques et en Normandie. L'autre longe la mer Noire et, par les vallées du Dnieper, du Bug, du Dniester, du Niémen et de la Vistule, aboutit presque au même point que la précédente. Ce sont, en sens inverse, les routes de l'ambre jaune. Ces itinéraires, jalonnés par d'innombrables pièces d'argent musulmanes du IX» et surtout du X' s.
(dirhems des princes Samanides), par quelques ornements copiés sur de petits objets et même par des légendes, sont à rejeter, en l'espèce, parce qu'ils sont trop longs et que les procèdes de construction, comme les thèmes architectoniques, se propagent beaucoup plus lentement que les motifs de décoration et les récits des voyageurs.
D'autre part, en dehors des zones conquises à l'influence byzantine, l'on connaît en France des églises très anciennes que l'on ne peut rapprocher que des édifices irano-syriens. L'église de Germigny-des-Prés, fondée en 806, puis incendiée, restaurée, démolie et reconstruite, est de ce nombre (fig. 215). Malgré les profondes modifications qu'elle a subies, elle a conservé dans son plan de la
Fig. 204. — Olifant dit de Gaston de Béarn.
(liglise métropolitaine de Saragosse.)
(Clichc ;•:. licrtaiix.)
ESPAGNE
FiG. 2o5.
■ Chasse de San Millan (la Cène).
ISan Millan de la Cogolla.) (Cliché llauser y Menet.)
variété ^fiS, dans les stucs ciselés qui décorent les fenêtres jumelées (véritables ajimeces) du clocher-minaret, dans les ornements, dans certains détails de construction et, surtout, dans les voussures en arc outrepassé , quelques traits spéciaux à l'architecture de la Perse. La mosaïque de l'abside est franchement byzantine, mais il s'agit d'une décoration rapportée, analogue à celle du mihrab de Cordoue {sup., p. 89).
De leur côté, Saint-Philibert de Tournus (fig. 216), consacré en 1 019, et quelques petites églises voisines reproduisent exactement la voûte sassanide du Tag-e Ivan, du Kasr Kharàneh, du Koseïr Amra et des parties anciennes de San Pedro de Tarrasa (fig. 26, 30, 31, 81, 163). Enfin
la cathédrale du Puy (fig. 217 à 219), un peu moins ancienne que celle de Tournus, est voûtée en coupoles sur trompes et doubleaux d'après la variante de la méthode proto-gothique adoptée au palais d'el Okhaïdher (fig. 66) et présente les voussures légèrement outrepassées du palais perse de Rabbath-Ammàn, des mosquées d'Amrou (fig. 72), de Touloun (fig. 74), de Kairouan(fig. 76, 77), les modillons à copeaux de la mosquée de Cordoue (sup., p. 71, 90) et, autour de la porte, une longue inscription en caractères arabes.
Pour ces églises, comme pour les églises proto-mudéjares de l'Espagne, les mêmes considérations
Fig. 2o6. — Chasse de San Millan.
" Ubi Leovigilido rege(572-586 1
Cantabros ajfidit " (sans doute ajjicit
avec supplicio s. c).
(Cliché Hatiser \- Menel.)
l'iG. 207
— San Isidoro de Léon. — Cassette en bois inckisiée divoire.
(Clichc I.acosle)