PENETRATION EN FRANCE DES ARTS PERSES
chronologiques écartent la pénétration par le Nord et, les formes arclutecloniques, la pénétration par Byzance. L'on pourrait songer aux voies maritimes qui, partant du delta du Nil, aboutissaient l'une aux bouches du Rhône pour monter vers le Nord, l'autre dans les environs de la ville actuelle de Narbonne pour rejoindre la Garonne, — c'est, en sens inverse, la route antique de l'étain (Diod. de Sic, V, 22), — mais, outre qu'elles étaient très peu fréquentées, elles furent accaparées de bonne heure par les Byzantins. Il faut donc y renoncer. Enfin une zone épaisse et dense que le Bas-Empire maintenait sous sa dépendance artis- ^ tique d'une manière à peu près exclusive, s opposait à la propagation par la Sicile et l'Italie. En suite, les caractères perses, quoique très apparents dans l'architecture lombarde {sup., p. 44, 45), y sont moins nombreux que dans l'architecture française protoromane.
Puisque les arts irano-syriens ne sont entres en France ni par le Nord, ni par l'Est, ni par l'Ouest, m par le Sud-Est, ils ont dû prendre la dernière voie de pénétration qui leur fût accessible, et cette voie est celle que l'invasion arabe avait ouverte en Espagne. Il y a longtemps que l'on aurait dû songer a la seule solution Fii;. ;2o8. — Croix de San qui cadre avec les données histo- Fernando (fa<;e), ivoire prove- riques et archéologiques. Mais la
NANT DE San Isidoro de Léon. • . i- J V ^ L'u t. ^
,., , , , .,,.-,, connaissance tardive de 1 architecture
(Musée archéulugique de Madrid.) i l n l • -il
(Cliché Lacoste.) antique de la rerse, comme la vieille
FiG. 20Q. — Croix df. San
Fernando (revers).
iMiisêc archéolog-iqtte ue Ma.lrid /
(Cliché Lacoste.)
ESPAGNE
habitude d'attribuer indifféremment a l'influence artistique du Bas-Empire tous les monuments occidentaux de style oriental, induisaient, des deux côtés des Pyrénées, a classer les plus vieilles églises des Astunes, de la Castille et de la Catalogne après l'époque assignée aux églises françaises de style perse, faussement tenu pour byzantin. C'était faire remonter vers la source un courant dont l'étude chronologique des édifices similaires espagnols et français détermine le sens réel.
Maintenant, est-il nécessaire de montrer avec quelle rigueur et quelle force les raisonnements qui concernent la France s'appliquent a l'Espagne, qui, durant les VHP et IX" s., fut a peu près couverte par le flot islamique ?
Dans les provinces reconquises, — Galice, Asturies, Navarre, Castille, Catalogne. — les chrétiens ne s'assimilèrent pas du premier coup l'ensemble du programme musulman. Leur choix se porta d'abord sur quelques ornements. C'est ainsi que les belles pierres tumulaires d'Oviedo (fin du VIII ou commencement du iX s.) présentent une combinaison du cep de vigne des arts chrétiens hellénistiques avec les ailes affrontées ou férouer et le ^05// (ceinture rituelle a bouts flottants) sassanides (fig. 180, comp. avec fig. 42 a 45,48,50 a 52,58, 59, 6 1,63 à 65). Puis, les constructeurs imitèrent les parties faciles à interpréter dans les traditions romaines. Aussi bien, tout en adoptant les plans des mosquées-églises élevées en
iMus
. 21". — Cerf aqi'a.manile.
de Cin-d.iue.l (Cliché Lacoste.)