I • 7 1 1 • , /• ET CLOCHER-MINARET
classique des clochers-minarets l5up., e ir
'i A -7^ OA\ J- 1 ^^ ESTEBAN.
p. 34, 76, 80), tandis que dans (cuché de vauieur.)
EGLISES DE ZAMUKA
Fi(i. 2S2. — l-".si i:i.i.A.
l'Ai Aïs I)KS DICS l)i: (Jl(ANAI)A.
iCliclic Je l\nilciir.)
le portail, les colonnes corinthiennes
et les niches (fig. 228, 243)
semblent détachées d'un monument de la décadence rom:iine.
Zamora possède des églises plus
anciennes que la cathédrale. Elles
sont au nombre de celles que l'on
range parmi les édifices visigoths,
parce qu'elles présentent des arcs
en fer à cheval peu prononcés.
Or, la ville de Zamora prise, reprise et ruinée plusieurs fois, n'a
pas gardé de constructions antérieures au XI' s. Si les voussures
de Santiago de los Caballeros et
d'autres églises sont peu fermées,
c'est qu'à dater de la conquête
almoravide (1090) la tendance
des architectes musulmans fut de
revenir a l'arc en fer a cheval a peine accusé (st/p., p. 68, 69). La cathédrale Vieille de Salamanque, commencée en 1 1 20,
achevée en I 1 78 (fig. 229), et la colegiala de Toro, construite
vers la même époque, n'apportent aucune contribution nouvelle a Ihistoire de l'architecture
Il en va tout autrement des églises romanes de Segovie : San Martin (fig. 230), San Esteban (fig.
231), San Millàn, San Juan de los Caballeros et San Lorenzo (xil- s.).
Le plan offre peu d'intérêt, en raison de sa ressemblance avec celui de Saint- Martin du Canigou, et les accents mudéjars s'expliquent de reste ; mais les galeries qui longent les églises constituent une disposition exceptionnelle en dehors de l'Espagne. Elles ont été signalées notamment a San Salvador de Valdedios et a San Miguel de Escalada (sup., p. 66, 71 ;fig. 153,154).
ii3
Fig. ^33. — Tarragone.
TdlR DF 1. .\rCHEVÈQIF,.
iCliché di; l\itileur.J
FiG. 234.
Avii.A. -- Enceinte luit iifiée.
(Cliché de l'auteur.)
ESPAGNE
Comme ils précédaient des portes latérales, on pourrait croire qu ils répondaient a une fraction d'un cloitre inachevé ou renversé. Les églises de Ségovie et l'ancienne église des Templiers d'Eunate (Navarre) montrent qu'il n'en est pas ainsi. Loin de limiter une cour, les portiques entouraient le monument. Cette réminiscence des temples peripteres ne doit pas surprendre dans une ville où abondent les ruines et les inscriptions romaines et qui est alimentée d'eau par un aqueduc construit sous le gouvernement des proconsuls (fig. 1 I 7).
Le palais du Change, a Lenda, et l'ancien palais des ducs de Granada (fig. 232) — - utilisé comme prison — a Estella sont les seuls édifices civils qui méritent de retenir l'attention.
Comme a 1 époque précédente, l'architecture espagnole était polychrome. Les traces de couleur sont rares ; elles n'ont pas résisté aux intempéries. Cependant on peut citer San Baudelio, dont les peintures décoratives seront bientôt décrites (p. 1 30), et, en Roussillon, Saint-Martin de Fenouillar et Saint-Martin du Canigou {sup., p. 124, 83), qui présentent des semis de roses et des échiquiers tantôt blancs et violets, tantôt blancs et rouges, analogues à ceux de San Baudelio, ainsi que les chapiteaux du cloitre d'Elne (fig. 1 77) et de la chapelle du château de Perpignan. Dans le domaine de la polychromie naturelle, je mentionnerai le clocher-minaret d'Elne (fig. 165), avec ses enca-
J .1 L F'<i. 233. — AVIEA, — CllEVET CORTIFIÉ
drements de marbre rouée
. ,. . j DE I.A CATHEDRALE.
OU noir, et la collégiale ,cnché de vauieur.)
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- i:Nci:iN Ti:s lOKTii ii:i:s
d'Espirade-l'Agly (Roussillon) avec ses revêtements de marbre blanc et noir imités, peut-être, de l'architecture musulmane de l'Espagne (fig. 68, 195), de l'Egypte et de la Syrie.
Quand Alfonso VI, après la reconquête de Sêgovie, voulut y édifier un château où il pût braver les attaques des musulmans, il fit copier l'Alcazar de Tolède. Des l'origine, les Espagnols auraient donc été les disciples des poliorcètes orientaux. Les nombreuses forteresses remontant a l'époque romane confirment ce précieux renseignement. Astorga, Avila (fig. 234, 235, 238), Léon, Zamora, Lugo à l'Ouest, Turegano (église fortifiée) au Centre, Tarragone (fig. 233) a l'Est sont a citer parmi les villes qui prémaigre des restaurations séculaires, l'on peut encore étudier la fortification espagnole de cette période.
D'une manière générale, l'enceinte se compose d'une muraille épaisse, flanquée de tours demicirculaires, puissantes, en forte saillie sur la courtine, très voisines les unes des autres et pleines jusqu'au chemin de ronde (fig. 234). La forme demi-circulaire est habituelle ; elle n'est pas unique. La belle tour de l'archevêque à Tarragone (fig. 233), la tour de l'Alcazar d'Alcalà de Henares (fig. 236), la tour ou s'ouvre la porte du monastère cistercien de Piedra fonde en 1 1 94, les tours anciennes du château de la Mota {sup., p. 317 ; fig. 1 55) sont en effet carrées.
Mais qu'elles soient rondes, carrées ou polygonales, la puissance
Fk;. i.'8(i. -- Ai.cAi.A 1>H Hknarks. — Toi K i)i:
L Al.IJAZAR.
(Cliché Je l'a H leur.)
sentent des enceintes ou, malt
Fi(,. 237.
— 'l'OLÈDK. — DF.l, Soi .
(ClicliC' Lacoste.)
Pl krta
ii5
ESPAGNE
FiG. 238. — Avii,A. — Porte San Vice.nie.
(Vue extérieure.)
(Cliché de l\ii(lciir.i
que leur donnent les ingénieurs espagnols est caractéristique.
Le flanquement obtenu à l'aide des tours est souvent complété par un talus de pied où ricochaient les projectiles lourds, par des mâchicoulis (fig. 235) et par des breteches de style oriental, construites et couvertes en dalles de pierre (Alep, fig. 239). Ces organes et, notamment, les breteches, existent dans la tour dite de l'Evéque à Tarragone (fig. 233), le donjon du monastère de Piedra, la Puerta del Sol restaurée après la prise de Tolède (fig. 237), la vieille tour de l'Alcazar d'Alcala de Henares (fig. 236), la porte de San Pabloà Barcelone (sup., p. 78, 79), le chevet delà cathédrale d'Avila (fig. 235). Dans cette même ville, les approches des portes de San Vicente (fig. 238) et du Mercado Grande sont défendues par des arceaux crénelés, jetés entre les tours qui comprennent 1 entrée. Trop élevés pour être démolis par l'artillerie de l'assiégeant et complétés en temps opportun par des files de hourds, ils étaient des ouvrages accessoires de premier ordre.
De cette étude, il résulte que les Espagnols, au moins a dater du règne d'Alfonso VI ( 1 073- 1 1 08), faisaient résider la puissance d'une forteresse dans les courtines flanquées de tours pleines, puissantes et
nombreuses et dans les doubles enceintes. Ils savaient, en outre, supprimer ou atténuer les angles morts et les secteurs privés de projectiles en dotant les ouvrages de talus de ricochet et de breteches de pierre.
En cela, ils étaient très supérieurs aux ingénieurs des autres nations chré-
Fio. 23q.
AlEP.
E.N'i HÈn: ur. la (jitadei.i e.
— ii6 —
se il LPT uni: ROMANE
Fk;. 240. — DlîSCENTIÎ DE LA CHOIX.
(Sim Isidoro de Léon.) (Cln-hO de raiiteur.)
tiennes, qui, a la même époque, se bornaient à construire de^ tours espacées, en général peu saillantes et, partant, sans valeur coimne ouvrages de flanqueinent. Aussi bien, n'est-ce pas en France que les Espagnols avaient fait leur éducation. Ih étaient les élevés de 1 école a la fois robuste et subtile que les Perses avaient amenée à
un haut degré de perfection et dont la tradition est manifeste dans les forteresses parthes, sassanides {sup., p. 13, 14) et dans les forteresses syriennes des premiers siècles de l'hégire, telles que 1 enceinte de Bagdad, les remparts d'Ani (.\l s.), la citadelle d'Alep (fig. 239), les portes Bab el Nasr et Bab el Fotouh du Caire (1060).
L'histoire de la sculpture romane est écrite en Espagne sur les mêmes édifices que 1 histoire de l'architecture.
A Yantecdmara qui fut ajoutée à la Càmara Santa d'Oviedo, sous le règne d'Alonso VI, les douze apôtres qui portent deux par deux la retombée des doubleaux ont cette longueur exagérée des statues du portail occidental de la cathédrale de Chartres et des statues royales dites de Clovis et de Clotilde provenant de Notre- Dame de Corbeil.
La cathédrale de Santiago offre elle aussi de nombreux spécimens de la statuaire primitive.
Les plus anciens décorent la porte du transept sud ou de la Plateria (fig. 221). Quelques-uns sont mentionnes dans une description faite par des pèlerins français entre 1137
, , ,^ A' 1 Fi'i ■•^41— Zamoka. — 1omb::ac
et I 143. U autres — tel
Adam el Eve chassés du icuciie de rauicurj
ESPAGNE
FiG. 242
Salutation
ANGÉLIQUE. (San Viceiilc dWi'ila.) ((Cliché de l'aulcur I
Paradis terrestre — sont au contraire attribués par ce document à la porte du transept nord, qui fut démolie au XViii s. Ils lui appartenaient, en effet, et furent incrustés après coup. Les bas-reliefs compris dans la décoration primitive sont placés a droite et a gauche de l'entrée, a la hauteur des colonnes. La Création de l'homme, le Sacrifice d'Abraham, le Roi David jouant de la viole sont parmi les plus beaux. L'on remarque aussi un Signe du zodiaque semblable aux Signes du Lion et du Bélier conservés au musée de Toulouse, avec de nombreux chapiteaux provenant du cloître de Saint-Sernin. Les statuaires
toulousains, attirés par la réputation de Santiago qui, durant
cette période, balançait le prestige de Rome, avait suivi les pèlerins
jusqu'au fond de la Galice.
Les belles sculptures de San Isidoro de Léon (fig. 223, 240)
sont également l'œuvre de Toulousains, puisque, avant 1 147, on trouve
sur les chantiers de la colegiata les
artistes qui venaient de terminer la
cathédrale de Santiago.
Le portail occidental de San Vi-
cente d'Avila (fig. 220), décoré de
figures excellentes, rappelle celui de
Samt-Ladre d'A vallon. Les sculptures
sont de style clunisien-bourguignon.
Pourtant, il est impossible de ne pas
remarquer dans la Salutation angé-
lique du portail sud (fig. 242) le sceau
persistant de l'école de Toulouse, qui,
dès le début de la période romane.
régna en quasi souveraine sur le
Nord-Ouest de l'Espagne.
Comme un grand nombre d'églises
Fig. 243. — Zamora.
Sculptures nu portail,
iCliché de l'auteur.)
TOMBEAUX DE LA MACDAl.EMA
Vie. ?4-|. — Rii'oi I.. — Porche
m: I. AiiiiA 1 lAi i:. (Voir (ig. 173.)
iClichc de l\iiilci(y.)
échelonnées clans la vallée du Rhône inférieur, la cathédrale de Zamora, SI intéressante par ses caractères exceptionnels, présente des motifs de sculpture empruntés au'c édifices romains. Tels sont, notamment, les bustes sertis dans une sorte de fenêtre, l'archivolte lauree et les bas-reliefs du tympan qui surmontent ces bustes (fig. 228, 243).
Dans la même ville, deux tombeaux de la Magdalena — ancienne église des Templiers — renouent la tradition nationale. Audessus d un portique que couronne un édifice fortifié, un templier vient de mourir. Le lit est appuyé à une muraille où sont sculptés des séraphins et deux anges qui emportent en paradis 1 âme matérialisée du défunt (fig. 241). L'artifice employé pour eventrer l'édifice ainsi que le sujet représenté sont usuels dans l'imagerie religieuse ; les motifs de décoration des colonnes, des bases et des chapiteaux,
les animaux fantastiques qui luttent dans les tympans se rencontrent aussi dans d'autres monuments de cette époque, mais il n'en est pas dont la sculpture décorative soit rendue avec autant de finesse et traitée avec plus de talent.
Privée de l'enseignement donné par les moines de Cluny, la sculpture, en Catalogne, eut une enfance plus prolongée que dans le Nord- Ouest de l'Lspagne. Les très rares '■ 9^^|Hb i<i T^ i motifs qui décorent les églises proto-
^^^^^^^ romanes sont barbares et plutôt dessi-
nes que modèles {sup., p. 84). Cet état se prolonge jusqu'au rsilieu du
e ,, Xir s. A cette époque, le somp-
DK San .MiGi'Ei.. 111; j
(Cliché de lautctir.) tueux portail de la colegiata de
ESPAGNE
FiG. 246. — Santiago. — (jloria
(côté de I. 'Evangile).
(Cliché de l'auteur.)
Santa Maria de Ripoll témoigne de progrès décisifs (fig. 173, 244).
Si les attitudes des personnages manquent de variété, si la technique est encore imparfaite, la composition dénote un effort immense. Le style et la disposition des sujets montrent que l'auteur avait étudié les arcs de triomphe et procédait de l'école latine au même titre que les sculpteurs de la cathédrale de Zamora.
A dater de 1 1 50, les écoles de l'Est et de l'Ouest se rencontrèrent au Sud de Pampelune. C'est au moins a Estella que l'on peut constater leur rapprochement, soit dans les beaux cloitres de San Juan de la Rua et de la colegiata del Sar (fig. 250), soit dans la façade de San Miguel (fig. 245). La disposition générale des sculptures rappelle les zones horizontales de Ripoll ; d'autre part, le tympan sans linteau, les curieuses têtes qui le portent, les bas-reliefs où reposent les archivoltes font songer aux baies des églises romanes de l'Ouest — Santo Tome de Soria, Santiago de Compostela, San Vincente d'Avila, San Isidoro de Léon, — tandis que les bas-reliefs, notamment celui de droite, qui représente les Trois Marie au sépulcre du Christ, ont des analogies avec les œuvres d'une finesse d'exécution et d'une recherche de style exceptionnelles de l'école naturaliste de Toulouse : tel Fig. 247. — Santiago le fragment de chapiteau du musée
Gloria. Porche de cette ville OU 5a/on7é c/anseû'eiJan/
DE LA Basilique (i;ôtk t i ' i r>L • 1
DE L ÉpixRE). Herode. On y reconnaît la main
(Cliché de Vauieur.) d'artistes échappés a 1 étreinte des
FiG. 248. — Orensk. — Paraiso
(CÔTÉ OK I, EpÎTRE.)
(Cliché de Ijuleur }
■ /,.l Cl.ORIA
conventions cl s'inquietaiil cl cludier la nature. Les attitudes sont variées ; les visages, expressifs ; les coiffures, différentes. Les figures ne se rattachent plus aux thèmes archaïques que par la manière d accuser les parties inférieures du corps, plus propres a la sculpture sur ivoire qu'à la sculpture sur pierre.
En 1 1 68, le roi don Fernando (1158-11 88) accordait a don Pedro Gudesteiz, archevêque de Santiago, le privilège de construire le narthex connu sous le nom de la Gloria devant la cathédrale. La sculpture romane n'a produit aucune oeuvre comparable aux statues qui le peuplent (fig. 246, 247). Mateo, maître architecte de la basilique, en est
l'auteur. Autour du Sauveur découvrant ses plaies, l'artiste a placé les évangélistes, les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse jouant de divers instruments, les apôtres, les patriarches, les prophètes. Certaines figures sont posées sur les colonnes des ebrasements ; les musiciens sont distribués sur la voussure, qui forme une archivolte puissante au-dessus de la porte centrale (fig. 247), et les autres personnages ou les bas-reliefs sont repartis sur le tympan de la même baie et aux naissances des divers arcs de la voûte. Une représentation du purgatoire et de l'enfer complète ce merveilleux ensemble.
La cathédrale d'Orense possède dans le Paraiso (Paradis) une copie de la Gloria (fig. 248, 249). 1 .'^^40. - <^.<k>se -CATHK.nKA.E.
Vj. '-1 r • ■ 1 Porche ni; Paraiso (cote
bien que n égalant pas I original, de i.Évanoile..
elle ne laisse pas de constituer un icuché de rauieur.)
l'iG. 25o. — Santi.\(;o. — (>i.oîiue
DE LA COLKGIATA DKI- SaR.
(Clichc de railleur.)
ESPAGNE ■
très bel ensemble artistique.
La sculpture romane est d'ailleurs noblement représentée en Espagne.
Parmi les œuvres dignes d'une mention, il convient de signaler les Christs en Majesté, parce que la manière dont le même sujet est traité à Samt-Genis-des- Fontaines (fig. 214), à Sahagûn (fig. 253) et a Vigo (fig. 254), montre les grands progrès accomplis dans une période séculaire. Le Christ de Vigo, en particulier, pourrait être mis en parallèle avec le merveilleux Christ sculpté sur le tympan de la porte nord de la cathédrale de Cahors. Deux chapiteaux du palais d'Estella sont encore a citer. Sur celui de l'ordre inférieur — côté gauche — l'artiste a représenté un combat de cavaliers et de piétons plein de fougue et de vérité (fig. 251).
Durant la période romane, les sculpteurs hésitaient encore à représenter en ronde bosse les samts personnages. Aussi bien les figures font-elles corps, le plus souvent, avec l'architecture et le3 statues détachées sontelles fort rares. Dans cette dernière série se classent un Christ en ivoire du musée de Léon (fig. 252), quelques petits Christs en bois peint, vêtus d'une longue tunique appartenant au musée de Vich, et les Descentes de Croix ou Misteris qui se voient en Catalogne. Le plus complet d'entre eux, le Misteri de San Juan, à San Juan de las Abadesas (fig. 258) est un exemple précieux de la statuaire po-
FlG. 25l. ESTELl.A. — ('.llAPITKAl'
DU Palais des Dfcs de Guanada. iCliché de raiitear.)
STATUES ni: LA VIERGE
FiG. 252. — Christ.
Musée de l.éou.)
lychiome locale au Xlll- s. L ensemble est barbare, seule fait exception la tête du Divin Supplicie, pure de ligne, résignée, empreinte d'une infinie douleur.
Comme en France, les gracieuses images de la Vierge furent, semblet-il, plus recherchées que celles du Christ, ou, du moins, ont été conservées avec plus de soin. Les Vierges (lUjue (lig. 256) et de la Vega (fig. 255) sont par leur archaïsme les premiers maillons de la chaîne qui conduit à la Vierge de Santa Maria la Real de Hirache. Entre ces termes extrêmes, se placent la Vierge dite dcl Claustro du pèlerinage de Solsona (fig. 257) et trois Vierges divoire : la Vierge ouvrante des Clarisses d'Allariz (Galice), donnée en 11 92 par la reine dona Violante, qui prit le voile dans ce couvent ; la Vierge des Batailles (cath. de Séville), que la tradition prétend avoir appartenue à Ferdinand 111(1217-1 252), et la Vierge
du trésor de la cathédrale de Tolède.
La Vierge d'Ujue est en bois plaqué d'argent. La Vierge de la Vega, peut-être d'origine française, est en bronze et en argent dore.
Le trône où elle est assise est orné de figures en émail champlevé, qui rappellent le travail limousin de la fin du Xll' s.
Toutes ces statues était polychromes avec parfois des rehauts d or, — c'était d'ailleurs le cas de la sculpture européenne du Xll° s. ; — cependant peu d'entre elles ont conservé intactes leurs couleurs. Les inclémences de l'hiver, la nature des matériaux, 253. - c:„R,sr EN MAJESTE, j^^ j^^,^ ^^^^^^^ ^^ expliqucut la
icuciié de rauteiii:) disparition. Au portique de la Uloria
Fir,
FiG. 254. — Christ en Majp:sté.
(Purtedc U^ Cathédrale de Mgo.}
iCliclié de l'auteur.)
ESPAGNE
(fig. 246, 247), pour la première fois les statues sont franchement peintes. Les tons dont elles sont revêtues reproduisent-ils ceux de la polychromie primitive ? Il est a craindre qu'au XVII' s., quand on rafraîchit les couleurs, on n'ait innové. En tout cas, la gamme est discrète et n'a pas la brutahté de celle du Para/sod'Orense (fig. 248, 249), dont la restauration est plus récente.
La défaveur qui, en souvenir des idoles, poursuivit longtemps la statuaire eut pour résultat de développer la décoration peinte des édifices sacrés.
Les très curieuses églises prolomudéjares qui existent sur les versants des Pyrénées orientales (sup., p. 79) — Saint-Martin de Fenouillar (fig. 268),Sant Miquel de la Seo de Urgel (fig. 266), Sant Climent (fig. 264, 265) et Santa Maria de Tahull (fig. 267), Santa Maria de Bohi, Sant Miguel d'Angulasters, les églises d'Esterri et de Pedret — ont fourni deux groupes de peintures a classer parmi les anciennes oeuvres des écoles espagnoles.
Le premier comprend des panneaux — antioendia ou retables ■ — rassemblés en partie dans les musées de Vich, de Barcelone et de Lerida.
Le musée épiscopal de Vich en possède treize (fig. 259 à 263). L'un d'eux participe a la fois du tableau et du bas-relief. Avant d'être peint, le Christ qu'il représente avait été modèle en une sorte de pâte crayeuse appliquée sur le fond uni du panneau. Telle est également la Vierge du musée de Barcelone classée sous le n 3. On trouvera 1 "'• -5?- — nu kci; de la