ANTONIO MORO
tinguer de son plus jeune fils Herrera el Mozo {le jeune), est de tous les artistes nés au XVI' s. et instruits d'après les méthodes italiennes, celui qui rompit de la manière la plus franche avec les anciennes traditions. 11 peint les martyres, les tourments des damnes, les visions apocalyptiques, les moines, les pères de l'Eglise au visage ravagé par les austérités ou tourmente par les passions. Son pinceau est violent comme son caractère est brutal, mais les figures sont grandioses et pleines de dignité. Ses meilleures oeuvres sont : la Descente du Saint-Esprit de l'hôpital de la Sangre a Seville, le Jugement Dernier de l'église de San Bernardo, le Saint Basile du Louvre, le Miracle des pains et des poissons, le Repentir de Saint Pierre du Prado et, enfin, le Triomphe de Saint Herménégilde, peint pour le couvent des Jésuites de Séville, où il avait trouvé asile dans une circonstance périlleuse.
Le troisième groupe, celui des peintres de portraits, comprend trois grands artistes.
Quoique né à Utrecht, vers 1512, Antonio Mor ou Moro est réclame par l'école espagnole, en raison du long séjour qu'il fit a Madrid et de la transformation qu'y subit son talent. Après avoir vu les Titiens que Charles-Quint possédait, il adoucit les contours qu'il précisait avec sécheresse et introduit sur sa palette quelques tons du maître vénitien. Peintre de la cour, il fit les portraits de Marie
FiG. 525. — ZurbarAn. — Apothéose
DE Saint Thomas d'Aquin.
(Musée de Séville.) (Cliché Aiidersoii.)
FiG. 526. — ZurbarAn.
L'Annonciation.
{(îalcvie de San Telnm. Si.')'ille.)
fClichc l.acoutc.l
■ — ESPAGNE
I udor d'A nglcterre, femme de Philippe II ; de Catalina de Portugal {inj., p. 357) et de Maria de Austria, sœur et fille de Charles-Quint, de Maximilien II, de la Dame au petit Chien, du Bouffon Pejero. Ce sont autant de chefs-d'œuvre (Musées du Prado, du Louvre, du Belvédère).
Alonso Sanchez Coello ou Sanches Coelho (Benifayo vers 1515- Madrid 1590), comme les Portugais écrivent le nom d'un artiste qu'ils réclament, fut d'abord attaché en qualité de peintre à l'infante de Portugal, doiia Juana, fille de Charles-Quint. Dès 1 542, alors qu'il était encore a Madrid, il s'était lie d'une étroite amitié avec Moro, dont il fut appelé a recueillir la charge quand celui-ci tomba en disgrâce. Coello s'appropria les traditions flamandes et le coloris savoureux du maître d'Utrecht, sans atteindre jamais à la puissance.
En revanche, ses gris sont transparents et délicats comme l'orient d'une perle ; puis il donne à ses modèles un caractère de séduisante distinction
(fig. 517 a 519).
Les œuvres de Juan Pantoia de la Cruz (Madrid 1551-? 1609) ont disparu pour la plupart dans les incendies de divers palais. A celles qui restent, on reconnaît l'élevé de Moro et de Coello (fig. 520). Les personnages de la cour de Philippe III dont il était le peintre n'ont pas toujours la noblesse aisée que leur communiquait Coello. Et pourtant on ne citerait guère de portrait plus souple et plus charmant que celui d'une inconnue appartenant au musée du Prado (PI. II).
Fig. 527. — ZuRBAR.\N.
Sainte Catherine.
(CathCdrale de Palencic.)
(Cliché Lacoste.}
PANTOJA DE LA CRUZ. — Portrait d'une Dame Inconnue
I Madrid. Music du l'radoi
Planche U.