DOMENICO TU EOTOCÔPULI. 1.1: G H ECO
Fil}. 5a8. — \"f.la?(.)I'fz. — Los Borrachos.
(Muf^cc du l'vadiK) (Clichc Hachellc.)
Avant d'étudier les
maitres magnihques du
XVir s., il reste a signaler
Juan de Villodo (1480-
1555), Luis de Carvajal
(1534-1613). peintre de
Philippe II, Gaspar Be-
cerra (1520-1570), qui
est, après Alonso Berru-
guete, un des artistes les
plus complets de l'Espagne (si/p., p. 242-243)
et, parmi les peintres
étrangers, le Greco, dont
le nom a été cite (p. 250) à propos de l'Hôtel de Ville de Tolède. Domenico Theotocôpuli (Candie ? 1 548-Madrid 1625) étudia la
peinture, la sculpture et l'architecture à Venise, fréquenta, semble-t-il,
les ateliers du Titien et du Tintoret, fut ensuite a Rome où il copia
le Corrège et Michel-Ange, et vint en Espagne vers 1 576.
C'est du moins en 1577 qu'il commença le célèbre Partage
de la Tunique destiné à la sacristie de la cathédrale de Tolède.
Deux ans plus tard, Philippe II lui commandait le Martyre de
Saint Maurice et de ses compagnons. A cette époque, il abandonna la gamme chaude et dorée SI admirée dans le Partage de la Tunique pour n'user désormais que des couleurs employées par les sculpteurs polychromistes \sup., p. 242). Encore supprima-t-il le bleu et ne conserva-t-il que le brun rouge, l'ocre jaune, la laque garance, le blanc et le noir.
En même temps, il allongeait les figures afin, a-t-il écrit, d'en faire des corps célestes comme nous vo\)ons les lumières qui, regardées de loin, nous paraissent grandes pour si petites qu'elles soient. Philippe II ne comprit
FiG. 529. — Vélasquez.
Le duc d'Olivarks.
CA/kscV du l>rad:h) (Clichc llachctlc.)
ESPAGNE
FiG. 53o. — Vki.asquez.
Philippe III.
(Musée du Prado.) (Cliché Ilachcllc.l
de moines et de nobles personnages, saint Etienne et saint Augustin en costume pontifical soutiennent le corps du comte souple en dépit de l'armure dont il est revêtu. La composition terminée au sommet en demi-cercle présente un rythme curieux, emprunté a
FiG. 532. — Vki.asquez.
Piiiiippr, IV.
{Musée du l'radu.l (Cliché Ilacheltc.j
pas le grand artiste, et il refusa le Saint Maurice. L'archevêque de Tolède montra plus de goût que le roi, et ce fut par son ordre, en 1 584, que le Grèce peignit le célèbre Enterrement du Comte d'Orgaz (fig. 522).
La Trinité entourée d'anges trône dans un ciel lointain, tandis que, sur terre, au milieu d'une nombreuse assistance de clercs.
FiG. 53l. — VÉLASQUEZ. — DONA
Margarita de Austria.
(Musée du l'rad'i.} (Cliché Audcrsou.)
1 architecture platéresque. Au milieu du socle horizontal formé par les assistants, s'inscrit un cercle parfait dont la circonférence est dessinée en clair par les chasubles de saint Etienne et de saint Augustin et le linceul du comte. Au-dessus, une accolade recoupée par un triangle curviligne que jalonne les anges
FiG. 533. — VÉLASQUEZ.
Don Baltasar Carlos.
(Musée du l'radn.i
(C.lichc ILnlwtlc.)
domi:nico theotocopuli. lu crlco
et la tête de la Vierge conduit jusqu'au Christ, qui en occupe le sommet. La combinaison est trop apparente pour nétre pas mtentionnelle. Il est manifeste que le Greco a transporté sur son tableau une épure de fenestrage et qu'il l'a composé comme un carton de vitrail. Outre ces deux œuvres hors de pair, on range parmi les beaux tableaux du maitre : l'Assomption de la Vierge (San Vicente Martir, Tolède), le Couronnement de la Vierge (Col. F. Bosch, Madrid), le Saint François d'Assise, le Saint Eugène (Escorial), le Saintjean Evangéliste, le Saint Jean-Baptiste (Santo Domingo, el Antiguo, Tolède), la Très Sainte Trinité (Jesucristo difunto, n' 239 du M. du Prado), les Apôtres (VApostolado), une Sainte Famille (fig. 52 i) et quelques magnifiques portraits (Musée et Casas Consistoriales, Tolède). Durant sa vie, le Gréco connut la célébrité, mais aussi la misère
et, assure-t-on, la prison pour dettes.
En tout cas il tomba dans un oubli
profond après sa mort. Aujourd hui,
qu'il jouit d'une juste renommée, la
spéculation a jeté de par le monde
une SI fâcheuse collection de copies
ou d imitations — peintures et sculptures — qu'elle risque de compromettre l'œuvre de réparation. Aussi
bien, avant de porter un jugement
sur ce grand artiste, importe-t-il
de visiter Tolède. C'est le temple de
sa gloire (/n/., p. 283).
Le meilleur élevé du Gréco fut
Tristan, qui s'appropria sa manière
au point que, faute d un examen
attentif, on a classé parmi les œuvres
du maitre la Très Sainte Trinité
de la cathédrale de Séville signée
Fig. 534. — N'ÉLASQi'EZ. — Dona Maria 'I'icresa ije Alstria.
^^/l(s(V du Prado.) (Clichc llachettf.)
FiG. 535. — VÉLASQUKZ.
La Fragca de \'t'i.(:ANo.
iMitsce du Pr.ido.1 (Cticlu: llachcltc I
ESPAGNE
pourtant : Luys Tristan faciebaf, Toleli, 1629.
Quatre grands peintres de tempéraments très différents ont jeté un éclat extraordmaire sur l'école de Séville durant la première moitié du xvu" s.
José ou Jusepe de Ribera (Jativa 1 588- Naples 1656) fit ses débuts dans l'atelier de Ribalta et termina en Italie son éducation artistique. Le Caravage produisit sur lui une impression si vive qu'il en adopta le naturalisme et la manière sombre. Le Martyre de Saint Barthélémy (fig. 523), dont les musées de Madrid, de Berlin, de Dresde et le palais Pitti possèdent des répliques, et la Sainte Trinité (fig. 524) caractérisent cette face de son talent. Pourtant, quand il traite des sujets moins sévères, il se rapproche du Correge. Tel est le cas de la Sainte Marie l'Egyptienne (Musée de Dresde), de la Madeleine pénitente, de l'Echelle de Jacob (Musée du Prado), de l'Adoration des Bergers (Musée du Louvre), de la Sainte Marie la Blanche (Eglise des Incurables, à Naples) et de l'Immaculée Conception (Augustines de Salamanque).
Zurbaran (Francisco de Zurbaran. Fuente de Cantos, 1 598- Madrid? 1663) vit le jour dans une chaumière de paysans. Ses dispositions pour le dessin étaient si accusées que ses parents n'hésitèrent pas à l'envoyer a Séville, où il devint l'élève de Juan de Roelas et de Herrera. A vingt-cinq ans, il entreprend pour la cathédrale le retable , .^ ^ ^' m
l'Hi. 5jti. — \ i;i.ASQii;z. — venus av Mikoih. qui consacre sa réputa- (Xalional CaUery.)