‹ Espagne et PortugalChapitre 96 sur 181 · VÉLASQUEZ · texte numérisé non relu

VÉLASQUEZ

. 541. — Alonso (^anu Le Christ mort.

(Musée du Prado.) (Cliché Hachette.)

dépit de leur dégénérescence physique ou morale aucun d'eux n est antipathique.

Demandet-J son inspiration à la mythologie, il nous montre le peuple robuste dans Mercurio y Argos ou dans les forgerons de la Fragua de Vulcano {Forge de Vulcain, fig. 535), et la femme resplendissante de jeunesse dans la Venus del Espejo {Vénus au Miroir, fig. 536) que l'on a eu l'imprudence d'attribuer à son gendre, Marlinez del Mazo. L'année 1647 est signalée par la Redicion de Breda ou las Lanzas (fig. 537). La composition, le dessin, la couleur, les personnages, le paysage, le ciel, les accessoires sont également admirables. La Redicion de Breda est le chef-d'œuvre de la peinture d'histoire et la mani

festation la plus haute du génie de

Vélasquez. Le marquis de Spinola pense, parle, et l'on se penche pour mieux entendre les paroles courtoises avec lesquelles il accueille Justin de Nassau, le gouverneur de la place conquise.

Une seconde fois, le maître se dirige vers l'Italie. A son retour, en 1651, le roi lui concède la haute charge d'aposenfador (maréchal-fourrier du palais). Les occupations que lui occasionnent ses nouvelles fonctions n interrompent pas le cours de sa vie artistique. Le Sculpteur Montanis (fig. 538), admirable portrait où le grand peintre de l'Espagne a immortalisé les traits de son grand sculpteur, ÏInfanta Margarita, l'/nfant Felipe Prospéra, enfin, en 1^56,

Fig. 542. — .\lonso Cano.

La N'ikrgk f.t so.n' Divin

E.NFANT.

(Musée du Prado.) (Cliché Hachette.)

ESPAGNE

Fio. 543. — MuRiLLO. — Saint

Antoine en extase.

(Musî'e de Sc'i'illi'.l

iCItché Andcrsiiit.)

las Hilanderas (/es Pileuses, fig. 539) et las Meninas {les Filles d'honneur, fig. 540) caractérisent la troisième manière de Vélasquez, désignée en Espagne sous le nom de manera abreviado {simplifiée). Pressé par le temps, a-t-on du, mais plutôt servi par une vision merveilleuse et une main qui ne trahit jamais la pensée, Velasquez peint du premier jet. Les ombres ne sont que frottées, les lumières seules sont traitées en pleine pâte ; il néglige les accidents et les détails secondaires pour ne s'attacher qu'aux traits essentiels, et la synthèse est tellement sûre, la virtuosité si souveraine que ses peintures simplifiées donnent l'impression de morceaux finis et poussés. Au point de vue de la technique, Vélasquez est le plus grand peintre que le monde ait connu. J'ajouterai que la Fortune ne se lassa jamais de lui sourire.

Il connut toutes les joies du triomphe et Ignora les déboires des débuts difficiles comme les tristesses d'une fin délaissée {inf., p. 283).

Vélasquez n'eut pas de continuateurs. Parmi les peintres qui grandirent auprès de lui, l'on signale Juan Bautista Martinez del Mazo (1615-1 667), qu'il affectionna jusqu'à lui donner sa fille et dont il compléta une vue de Saragosse ; Juan Pareja (1606- 1670), un mulâtre qu il affranchit, et Juan Car-

reno de Miranda (1614-1685), un Fi'- ^44. — S.mme Elisabi th

artiste attache a la Chambre de '^'T''' ? ';°^'««"^-

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v^harles 11 et qui reproduisit sou- ^r/à/ie uu-usu:i

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