‹ Espagne et PortugalChapitre 97 sur 181 · ALONSO CANO · texte numérisé non relu

ALONSO CANO

l"iG. 545. — .Mkrii.i.o. — Saint Ii.defonse

RKCEVANT 1 A CHASUBLE DES MAINS l)H l.A N'iKRGE.

(Muù'C du l'radtr) (Cliclié Anderson.l

vent les traits du monarque.

En même temps que les écoles de Valence et de Seville atteignaient a l'apogée, il se formait a Grenade un centre artistique d'où l'on a vu sortir des sculpteurs d'un talent très personnel. Alonso Cano en est le véritable fondateur (sf/p., p. 259).

Tour a tour eleve de Montanes et de Juan del Castillo {sup., p. 264), il entre pour se perfectionner dans l'atelier de Pacheco \sup., p. 262), ou il se lie avec Vélasquez d'une amitié indissoluble. Raphaël est son Dieu, et toute son œuvre peinte est un acte d'adoration. Le Christ mort soutenu par les Anges{iig. 541 ) où la beauté de 1 étude anatomique rivalise avec le charme de la

couleur, ses Vierges au voile blanc et au manteau bleu, d'un type si expressif et si pur (fig. 542), la Soledad de la cathédrale de Grenade si douloureuse et si poignante sont populaires dans toute l'Espagne.

Le groupe grenadin compte encore Pedro de Moya (1610-1666), qui, au lieu d'étudier en Italie, s'était formé en Flandres, où il servait comme soldat, et en Angleterre, auprès de Van Dyck, dont il était devenu l'ami. Pedro de Moya est moins connu par ses oeuvres que pour avoir deviné Murillo et lui avoir montré la voie où il devait s'illustrer. Bartolome Esteban Murillo (Seville, 1618-1682) avait rencontré Pedro de Moya dans l'atelier de Juan del Castillo. A la vue des

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l'Ki. 34(1. AU RlLl.O.

Im.maci i.Fi. (Conception.

(l)cs.^i,i a M l. de Madi\i^(i.l

(Cliché Lacuste.)

FiG. 547. — MURIl.LO.

L Annonciation.

(Miisce du Prado.) (CAichc Hachette )

ESPAGNE

copies de Rubens et des études d'après Van Dyck que lui montre son ami, il est frappé d'un trait de lumière. Des lors, il accumule les sergas, toiles grossières que les colporteurs achetaient pour les expédier dans le Nouveau Monde, réunit un petit pécule et veut gagner lui aussi les Flandres. 11 part, mais il s'arrête à Madrid, où Vélasquez l'accueille avec bonté et, pendant près de dix ans, il copie les Titien, les Véronese, les Rubens, les Van Dyck, les Vélasquez des magnifiques collections royales. En 1645, Murillo revient à Séville et compose la Cuisine des Anges (Musée du Louvre), la Mort de sainte Claire (Musée de Dresde), San Diego de Alcald (Musée du Prado), inspirés des maîtres qu'il a si patiemment étudiés. Enfin, en 1 649, délivré de toute contrainte, il peint les admirables Saint Antoine de Padoue du musée (fig. 543) et de la cathédrale de Seville et, plus tard. Sainte Elisabeth pansant les teigneux (fig. 544), Saint Ildefonse recevant une chasuble des mains de la Vierge (fig. 545), puis ï Annonciation (fig. 547), la Vierge du Rosaire (fig. 548), Saint Thomas et, enfin, le Christ se détachant de la croix pour embrasser Saint François d'Assise du musée de Séville. Pages sublimes où les jouissances de l'ascétisme et le mystère des extases, sont rendues avec une émotion qui n'a jamais été atteinte.

Entre 1660 et 1674, Murillo compose pour la Hermandad de la Caridad, à laquelle il s'est affilié, un magnifique ensemble. Le Frappe-

Fig. 548. — Murillo.

La Viergf, du Rosaire.

{Musée dit Pradu.l

(Cliché Andcruan.)

FiG. 549. — Mvuii.i.o.

Jksus et Saint Jean enfants.

(Miiscc du l'radii.l (Cticlic Ilachcltc.l

Ml'RU.l.n

ment du rocher ou La SeJ et la Multiplication des pains, ou Pan y peces qui en font partie, sonl parmi ses plus vastes co.iipositions.

Murillo est aussi le peintre de ces Immaculées Conceptions (fig.

546) dont Montanés avait arrête le type, de ces Vierges plus belles encore que les belles Sévillanes qu'il choisit pour modèle (fig. 547,548). La gloire céleste n'illumine pas seulement les figures, elle règne autour d elles, vaporeuse, tantôt argentée, tantôt dorée, toujours suave et caressante. Les qualités diverses de son talent brillent encore dans les petits tableaux représentant Jésus et Saint Jean enfants auprès Je l'Agneau, peintures exquises dont on ne se lasserait pas de célébrer le charme (fig. 549, 550).

Murillo ne se spécialisa pas dans les tableaux religieux. Il rend

avec une saisissante vérité les sujets familiers et réalistes ; il prend dans les rues de Séville les modèles des jeunes vagabonds des musées de Munich, de Dresde, de l'Ermitage, du Louvre (fig. 551). Il est aussi un portraitiste excellent et un peintre de paysage, de nature morte et d'animaux d'une virtuosité surprenante.

Deux peintres essayèrent de s'élever contre Murillo. Le premier, Francisco Herrera e/ Mozo (Seville 1622-Madrid 1685), est un des premiers artistes dont les œuvres témoignent d un art en décadence. Malgré

Fig. 55o. — Murillo.

Le Divin Berger.

(Musée du j>)\idu.) (Clulic llaclwtlc.l

FiG. 55l. — MURILLI).

Jeune mendiant.

(Miiscc du Louvre.) (Cliché Hachette.

ESPAGNE

son style conventionnel et maniéré, il jouit de la faveur de Marie- Anne d'Autriche et de Charles II. Le second, Juan de Valdes Leal (Cordoue, 1630- 169!), est, au contraire, un artiste de grande valeur et un coloriste expressif au sens le plus élevé du mot. Tantôt il s'inspire de Murillo, — Assomption de la National Gallery, Immaculée Conception du musée de Séville, Vierge des Orfèvres du musée de Cordoue, — tantôt il se complaît dans la représentation de sujets répugnants. Comme Pacheco, Valdés Leal fut un collaborateur extrêmement recherché par les statuaiies polychromistes (sup., p. 261).

Au nombre des disciples de Valdes Leal, on place Palomino

(1653-1726). Il écrivit le Museo pictorico, qui lui valut le surnom

de Vasari espagnol. D'autre part,

il composa des tableaux religieux

(fig. 552) et peignit a fresque les

voûtes de los Santos Juanes à

Valence, de San Esteban à Sala-

manque et de la chapelle dite du Ta-

bernàculo a la chartreuse de Pau-

lar où il s'égale au Napolitain

Solimena et au cavalière del Pozzo.

Le chef de l'école de Madrid est

Antonio Pereda (Valladolid 1 599-

1678). Il peignit pour le salon des

Reines du Buen Retiro Gênes secouru par le marquisde Sanla Cruz.

Claudio Coello (Madrid, 1623?-

1693), un élève de F. Ricci, qui

rappelle les Flamands par l'éclai du

coloris et de la lumière (fig. 553),

Fio. 552. — P.'M oMiNO Y \'i:l.\sco.

Lm.maclu.éi: <^oncei'iion.

iMusec du l'radn.) (Cliclic Lacoste.)

FiG. 553. — Claudio Coeli.o.

Apotiiéosk de Saint AiiGUSiiN.

(Musée du Prado.)

iClichè Lacoste.)

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