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ÉCOLE DE MADRID

dota l'Escorial de la Sagrada Forma (l'Hostie consacrée) ou figurent Charles 11, le prieur de l'Escorial et les principaux personnages de la cour. Jacinto Jerônimo de Espinosa (1600-1680) continua magistralennent a Valence la tradition naturaliste de Ribalta, son maître. Puis, vinrent Mateo Gilarte (1620-1700), un imitateur de Zurbaran et les élevés de Ve'lasquez dont il a été parlé (p. 274), Juan de Arellano (Santorcaz 1614- Madrid 1676) et Bartolome Ferez (Madrid 1634-1693) sont deux peintres de fleurs (fig. 554).

Les arts du Siècle d'Or sont comme le sceau des arts de 1 Espagne. L'histoire de leurs origines et de leur développement est désormais complète et, du faîte glorieux où ils régnent, on peut embrasser le chemin qu'ils ont parcouru pour l'atteindre. La France, la Bourgogne, les Flandres, l'Allemagne, l'Italie, l'Orient islamique les inspirèrent tour a tour, mais l'Espagne réagit bientôt, et l'on a vu que, de tous les enseignements dont elle profita, ceux de la France et de rOrient islamique furent les seuls qui exercèrent une action durable.

Celle-là s'imposa par son voisinage et par des affinités naturelles ; celui-ci, par un contact plus de huit fois séculaire.

L'influence de la France fut générale. Celle de l'Islam fut limitée et, dans le domaine artistique, elle s'exerça de préférence sur l'architecture, la décoration, les arts mineurs.

La peinture en sentit les effets par l'intermédiaire des manuscrits, des iiu. 554. - Bartolomé Pérez. tissus, des broderies, des faïences, ^,, . ^,^'*!'' , ,

. . . (Miit^ce du Prado.)

des ivoires et des cuivres ouvres. iiuiciw i.acosic.i

Kir,. 555. — SÉvii.LE. — Cathédrale.

Grille dc chœcr.

iClichè Lacoste. I

ESPAGNE

Ces unions avec l'Orient ne

furent pas particulières a l'Espagne

(.sup., p. 23, 43 a 47). A la fin de

la période gothique, Venise, soumise

des longtemps à l'influence directe

de Byzance et a l'influence médiate

de l'Islam, offrit aussi un stage analogue, au stage mudéjar, durant

lequel il exista entre ses arts et

ceux de l'Espagne des ressemblances qui tiennent moins a des

emprunts directs impossibles a saisir

qu'a des alliances lointaines entre

des aïeux communs.

Sdint-Marc (fin du Xl"- s.) est

encore un édifice byzantin. Mais le

palais des Doges (xiV' et XV s.),

la Ca d'Oro (1424-1430), les

palais Pisani, Contanni-Farsan, qui

relèvent a la fois de l'Occident golhique et de l'Orient islamique, sont

caractérises par les délicates colonnettes, les arcs enlacés, les accolades,

les roses lobées, les étoiles découpées à jour que présentent les ajimeces de IVlerida(p.87),de rAljaferia(fig. 196, 197, 198, etsup., p. 90), le mihrab de Cordoue (fig. 68, 195), les illustrations de la Bible de Noailles (fig. 27 1 ), monuments ou représentations qui s'étagent du IX' à la fin du XI s.

Pour certains édifices contemporains, l'air de famille est si accusé que l'on pourrait les transporter de Venise en Espagne et réciproquement sans nuire à l'harmonie esthétique des milieux.

La raison des analogies qui viennent d'être signalées est également, et pour une large part, celle de la parenté que l'on observe entre les écoles de peinture vénitienne et andalouse et,

Fig. 556. — Séville. — C.\s\

DE PiLATOS, GRILLE DE FENÊTRE Df JARDIN DEL PrEIORIO.

ixiip.. Wu.. 3^:-^.) fClichc I.aciialc.)

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