TANGER
Mètres
Scale of Yards
Douane
"" WharT
rte !
! la Mer I
"Batterie PETIT PORT
du Port
rande |
isquëe
\)steetTélé€lrr frani^ais ^
Plag^
^ - -^3 //;?/p Jht/ré/hoy , Paris .
Il TANGER. Il . [R. 34] — 367
Crédit foncier d'Algérie; — Société |r mefcf. ôt sam. pour Gibraltar (10 p. générale.
Photographies : — Cavilla, près du Petit-Souk; — Ruedi, Grande-Rue.
Bateaux à vapeur : — Vapores correos de Africa, pour Cadix, Algeciras er. Gibraltar IV. ci-dessas) et pour Ceuta(le jeudi, 20 p., 16 p., 10 p.j;
— Bland et C»«, pour Gibraltar (10 p.
et 5 p.), les lundis, mercr. et vendr. ;
— Line Steam Navigation^ les lundi,
et 5 p.); — Touache^ pour Marseille et Oran ; — Adria^ pour Alger, Tunis et l'Italie, etc.
Bazars : — Josef Sadeeh , Grande- Rue, en face de l'église catholique; — Delmar^ Grande-Rue; — Benzaquen, dans une rue voisine.
Légations : — de France^ près du Grand-Souk: — de Belgique^ sur la route du cap Spartel, etc.
Histoire. — Tanger, d'origine phénicienne, fut sous les Romains la capitale do la Maurétanie Tingitane, le Nord du Maroc actuel. Plus tard elle partagea le sort de l'Espagne, sous les barbares; vers 700 les Arabes s'en emparèrent; elle dépendit quelque temps du califat de Cordoue : mais le Maghreb al-Aksâ, dont elle était la capitale, sut maintenir presque constamment son indépendance. Portugaise de 1471 à 1662, elle passa aux mains de l'Angleterre au xvii» s., par le mariage du roi Charles II avec linfanto Catherine de Portugal. Les Anglais l'évacuèrent en 1684, après avoir détruit une jetée qu'ils y avaient construite et dont les restes sont encore visibles au N. du wharf actuel. Tanger et sa banlieue sont dotés d'un statut international élaboré en 1913, d'accord entre la France, l'Espagne et l'Angleterre.
Emploi du temps. — Il faut consacrer 2 j. à Tanger, davantage si l'on veut faire des excursions dans les environs; en outre, des touristes do plus en plus nombreux choisissent Tanger comme résidence d'hiver. La vie y est assez chère, mais en revanche il y a des hôtels très confortables. Le climat est très agréable, quoique les pluies soient plus fréquentes qu'en Algérie et en Tunisie.
ITINÉRAIRE. — Du petit débarcadère où Ton accoste (F. cidessus), on passe à côté de la Douane^ encombrée de marchandises; on entre en ville par la porte de Mer et on pénètre dans la Grande-Rue, qui escalade la colline en traversant le quartier S. de la ville. 11 est difficile de voir quelque chose de plus mouvementé que cette voie où grouille une population afl'airée, de toutes couleurs et d'une grailde variété de costumes, qui monte, descend, traverse, circule, se croise, s'enchevêtre avec une animation extraordinaire. On passe, à g., devant la mosquée principale qui offre un joli portail et un curieux minaret recouvert de faïences vertes; puis on traverse une place, le Petit-Socco {Souk es-Srir, petit marché), véritable centre de la ville, sur lequel les Postes allemande, anglaise et espagnole se font face. Au delà, la Grande- Rue est bordée par des boutiques (objets marocains, curiosités, changeurs, photographes) et par Véglise catholique'^ à g., avant la porte de la ville, est le marché aux vivres. A l'extrémité de la Grande-Rue, on franchit le rempart, par la porte de los Ilerradores, au milieu de boutiques en plein vent, puis à g., par la porte de Fez, on débouche sur le Grand-Souk ou Grand-bocco.
Le Grand-Socco est un vaste emplacement où le marché se tient le jeudi et le dimanche; mais, en réalité, il s'y trouve tous les jours, sous des tentes ou en plein vent, des marchands, hommes et femmes, celles-ci accroupies et coiffées d'immenses chapeaux de paille, et vendant des poulets, des fruits, du charbon de bois, etc. Vers le soir arrivent des caravanes de chameaux qui repartent le
368 — [B. 34] Il DE GIBRALTAR A TANGER. ||
lendemain après avoir déposé leur chargement. Sur ce marché on voit des hommes à cheval, à âne ou à pied, des porteurs d'eau nègres, des harbiers, des jongleurs, des charmeurs de serpents, des saltimbanques qu'entourent des groupes nombreux de Maures gravement assis ou debout et écoutant pendant des heures les boniments des histrions. C'est un spectacle des plus curieux et des plus amusants.
Avant d'arriver au Grand-Souk, à dr. de la 1'® porte de los Herradores (en venant de la ville), il y a 2 autres portes; la l'« ouvre sur un curieux fondak, à la fois caravansérail et marché aux grains. De la 2* se détache un chemin qui suit à l'extérieur les murs de la ville et mène en 5 min. à la porte de la Kasba ou du Marchan, On monte par cette porte à la Kasba, le quartier le plus curieux de Tanger, avec ses maisons closes, ses ruelles tortueuses et solitaires. On peut y visiter un prétendu harem (les dames seulement; pourb. 1 p.). On passe devant un joli minaret octogonal, la porte du parais du Gouverneur^ puis on débouche sur la Grande-Place, où se trouvent : à g. le Corps de Garde et la Salle de Justice, galerie sous laquelle le caïd rend la justice; à dr., la Trésorerie, remarquable avec ses rangées d'arcades anciennes, et la Prison, qui rappelle les prisons du moyen âge (les prisonniers, enfermés tous ensemble dans une salle qui prend jour sur la rue par une fenêtre étroite, vivent des aumônes des passants; on peut leur acheter les menus objets qu'ils fabriquent).
On sort de la Kasba par la porte de la Kasba (très belle vue sur la ville, la campagne et les montagnes), et on descend dans la ville où l'on flâne dans le dédale des rues, et où l'on pourra visiter l'intérieur d'une maison juive, un bazar et un café.
Au S.-O. du Grand-Souk s'élèvent la légation de France, la chapelle protestante, V Hôtel- Villa de France, entouré de villas et de jardins. En quittant le Grand-Souk par le chemin de la Montagne qui se dirige vers l'O., on atteint en 10 min. (à dr.) le beau jardin de la'i villa Sixou (légation de Belgique) ; au delà la route bifurque : en ^ face est la route du cap Spartel {V. ci-dessous), à dr. un chemin qui monte au plateau du Marchan, autrefois champ de manœuvres, maintenant couvert de jardins et de villas, parmi lesquelles celle s du chérif d'Ouezzan, le principal personnage religieux du Maroc ;^ les Européens ont même fait faire, pour y accéder, une route pavée carrossable, la seule qui existe dans tout le Maroc. Devant Vhôpital français construit sur le bord de la falaise qui domine la mer, monument (par Théodore Rivière, 1910) d''Albert Charbonnier, assaS' sine par les Andjeras le 27 mai 1906.
[Environs. — Les environs de. Tanger sont très agréables, surtout au printemps, et offrent de belles promenades à pied, à mulet ou à cheval. Ils sont habités par des Berbères sédentaires, qui sont jardiniers et cultivateurs de vergers (oliviers, vignes, figuiers, grenadiers). Leurs maisons sont entourées d'agaves et de figuiers de Barbarie; çà et là un palmier balance au vent son maigre panache. Les parties non défrichées sont couvertes d'unépais maquis, où dominent le chêne-liège et le chêne vert, avec les cistes, les bruyères blanches, qui atteignent 3 m. de hauteur, les genêts, les myrtes, les lentisques, les palmiers nains, etc. Cette région a beaucoup d'analogio
Il GAP TRAÏ^ALGAR. || [R. 34] - ?69
avec l'Espagne du Sud, plus fraîcne même, mais désolée par les sauterelles.
i° A 1 h. env. au S. du Grand-Souk, vallée de VOued-es-Souani, et village arabe de Souari.
2° Le Djebel. — On appelle Djebel ou Djebel-Kebir la région des collines qui s'étend à 10. de Tanger. Si l'on ne peut pas faire l'excursion du cap Spartel, on fera une promenade (4 h. env.) au Djebel. Du Grand-Souk, on monte au plateau du Mérchan {V. ci-dessus). Au delà du vaste terrain découvert situé au centre de ce quartier, on descend à l'O. dans le joli ravin à.QY Oued-el-Youd (la rivière des Juifs, ainsi nommée parce qu'un grand nombre de Juifs exilés d'Espagne vinrent y débarquer), puis on gravit le versant E. du mont Washington, au milieu de belles propriétés particulières, parmi lesquelles on remarque la villa Perdicaris. Passant auprès de la Koubba et fontaine de Sidi Mesmoudi, on monte à g. sur le plateau du Djebel i^^X) m.), parsemé de broussailles et de rochers de grès. De là, vue assez étendue. On revient à Tanger par le chemin du cap Spartel, à travers des cultures et des gourbis.
8° Cap Spartel (12 k., cheval ou mulet se louent au Grand-Souk; on peut partir le matin en emportant le déjeuner de l'hôtel). — On suit la route du mont Washington qu'on gravit (villas, entre autres, presque face à face, celles des anciens sultans Abdul-Azis et Moulaï-Hatid), puis on continue à rO. par monts et vallées, plutôt monotones, vers le cap Spartel^ YAmpelusium des anciens (c.-à-d. le cap des Vignes), extrémité N.-O. de l'Afrique. Sur le cap (très joli site, vue étendue) s'élèvent un grand phare^ construit par un Français, M. Jacquet, et un peu plus loin un sémaphore,
A 45 min. env. S. du cap se trouvent des gFottes appelées grottes d'Hercule (carrière de pierres meulières), d'où l'on peut revenir à Tanger par un chemin un peu plus au S. qui suit une vallée.]
Pour Tetuan, Ceuta et plus de détails sur le Maroc, V. le Joanne : Maroc (en préparation, 1916).
2° De Tanger à Cadix,
Le bateau se dirige au N.-O. On aperçoit à g. le cap Spartel; à dr., la pointe Marroqui et, plus loin, le cap Trafalgar.
Histoire. — C'est près de ce cap que la flotte française et l'escadre espagnole furent anéanties, le 21 oct. 1805, dans un combat désespéré. Malgré la mauvaise saison et les sages remontrances de l'amiral Gravina^ l'amiral Villeneuve avait voulu se portera la rencontre de la flotte anglaise. Il avait sous ses ordres 32 vaisseaux ; les Anglais, qu'on rencontra auprès de Trafalgar, n'en avaient que 22; mais leurs bâtiments étaient plus forts et mieux armés. Villeneuve fit la faute d'éparpiller sa flotte sur une ligne de plus d'une lieue de longueur. Nelson, qui avait rangé ses vaisseaux en deux colonnes compactes, parvint ainsi à rompre la ligne de bataille de Villeneuve. Villeneuve fut pris sur le Bvcentaure. Nelson fut tué frappé d'une balle, et l'amiral Gravina blessé à mort. Six vaisseaux espagnols et cinq vaisseaux français seulement rentrèrent à Cadix. Les Anglais perdirent douze des leurs.
Au delà de la petite ville de Conil, la côte s'abaisse. — On aperçoit, à l'intérieur des terres, Ghiclana et San Fernando (R. 31); puis on dépasse un vieux fort en ruines. — Le long de la côte sont rangés des monticules de sel. Le bateau arrive en vue de Cadix, qui, blanche et rose, émerge des flots, puis dépasse, en les contournant, la ville et le phare et vient stopper dans la baie de
ESPAQNX. 24
370 — [R. 35] Il DE MADRID A MALAGA. ||
Cadix, au N.-E. et assez loin de la ville. — Avant de débarquer, il faut attendre la Douane et la Santé.
10 h. env. de Gibraltar. Cadix (p. 348).
Route 35. — DE MADRIDA MALAGA
i4. — Par Gordoue.
^ 635 k. (C*« Madrid-Saragosse et C* des Andalous), gare du Midi, en 15 h. par l'express de luxe hebdomadaire, qui circule en été seulement (wagon-lits, voit, de luxe et 2« cl.), en 14 h. par l'express quotidien (wagon-lits, voit, de luxe jusqu'à Cordoue, 1" et 2» cl. depuis Gordoue), en 20 h. 30 par le train correo, en 26 h. par le train mixte. On change de train à Cordoue, sauf par l'express hebdomadaire; 81 p. 80, 63 p. 80, 38 p. 35. — 193 k. De Cordoue à Màlaga par Bobadilla en 4 h. par les express, en 6 h. à 7 h. par les autres trains; 26 p. 55, 19 p. 95, 12 p. 10. — De Bobadilla à Mâlaga le trajet est des plus pittoresques ; se placer à dr.
442 k. de Madrid à Cordoue (R. 28). — 124 k. de Gordoue à Bobadilla (g) (p. 355), X pour Grenade (R. 36, B) et Algeciras- Gibraltar (p. 356).
La voie franchit le Guadalhorce et pénètre dans la gorge que cette rivière s'est frayée entre Bobadilla et Alora. — Tunnel. — A g., beaux rochers. — Pont sur le Guadalhorce.
579 k. Gobantes, à 320 m. d'alt., stat. desservant les (22 k. S.-O.; zerv. de voit.) Bains de Caratraca (source sulfurée calcique, arsenicale, bicarbonatée, alcaline, à 20° G.).
La voie descend par des pentes constantes et pénètre dans un défilé, dit *Tajo del Gaytan, d'une grandeur sauvage, en contournant un immense entonnoir de rochers schisteux, nommé le Hoyo de Chorro. — Succession de 15 tunnels, d'une longueur totale de 6,500 m. (au sortir du 5*, regarder à dr. la gigantesque fissure de la gorge El Chorro), et de ponts-viaducs, sur de profonds ravins. — Au delà du dernier tunnel le paysage change subitement. On suit le versant g. de la vallée du Guadalhorce, dont le fond est planté d'orangers, puis on franchit cette rivière.
598 k. Alora, jolie petite ville de 11,325 hab., à 100 m. d'alt., sur le versant d'une colline appartenant à la sierra del Hacho, qui la domine, et au milieu d'une belle campagne. — On suit la rive dr. du torrent, au milieu des contreforts de la sierra, que coupent un tunnel et des tranchées. — Les collines s'abaissent. La végétation devient de plus en plus luxuriante (orangers, palmiers, etc.). La voie franchit une dernière fois le Guadalhorce et se dirige à l'E. — A dr., belle chaîne de montagnes de la sierra de Tolox. — 618 k. Cartama, pittoresque petite ville mauresque, située à 3 k. 3 (voit, de la gare à la ville, 0 p. 50 par pers.) sur la rive dr., sur le flanc d'une montagne rocheuse couronnée par une ancienne forte- i resse. — Au delà de (624 k.) Campanillas, la voie s'éloigne du Guadalhorce et traverse une riche plaine.
635 k. Mâlaga (p. 3'-2).
yjAÉN.II [B. 35] - 371
B. — Par Jaén.
"M 616 k. (C'« Madrid-Saragosse et C'« dos Andalous), gare du Midi, en •20 h. 30 par lo train correo, en 26 h. par le train mixte; 78 p. 40. 60 p. 45, 37 p.
Auto-cyclisme : — ^ 578 k. — De Madrid à Bailen, 303 k. (p. 305). — 318 k. Menjibar; 5 passages à niveau. — 343 k. Jaén (sortie par la pi. del Déan Mazas et la route de Grenade). La route est désormais mauvaise, par endroits impraticable en temps de pluie, et sur la fin très dure. — 385 k. Campillo de Arenas ; montée de 10 à 12 0/0 et descente rapide ; on laisse à g. mielques localités sans intérêt; montées et descentes successives. — 443 k. Grenade (sortie par la calle Real de San Lazaro). — 455 k. Santafé. — 465 k. Lachar; gué avec 40 cm. d'eau avant Huelor-Tajar. — 495 k. Loja\ la route est forcement ondulée avec des lacets, et très pittoresque. — 542 k. Colmenar-, la route devient dure et môme dangereuse avec des tournants brusques et une longue descente de 18 k. — 578 k. Màlaga.
341 k. de Madrid à Espeluy ©, où l'on change de train (R. 28). — Laissant à dr. la ligne de Cordoue, la voie se dirige à l'E., décrit une courbe vers le S. et passe au pied de collines à dr. — 347 k. Merijibar^ à dr., dominé par une petite hauteur. — A g., sur le Guadalquivir, pont de la ligne de Madrid.
La voie s'élève à travers une région accidentée et sans arbres. — En avant et à g., belle vue sur la sierra Magina. — On aperçoit à g. Jaén; derrière la cathédrale se dresse le contrefort N.-E. du Jabalcuz aux deux cimes formant selle.
374 k. cJaén (hôt. : Rosario ; la Madrilena ; fonda Francesa)^ l'antique Auringis des Romains, ville de 25,929 hab.. ch.-l. de la province du même nom et siège d'un évêché, est située en amphithéâtre, à 519 m. d'alt., sur les flancs N. et E. d'une montagne rocheuse qu'escaladent de vieux murs et que couronne un ancien fort mauresque (on peut y monter en 35 min. env. ; il y a un gardien; très belle vue). A l'O. et au S. se dresse un cirque de crêtes rocheuses, pittoresquement découpées (on remarquera surtout le Jabalcuz).
Itinéraire. — De la gare une avenue de 1 k. env. (omnibus 50 c.) aboutit à la. promenade du Marché. A dr., casa de don Cristobal de Viiches (auj. fonda Francesa), maison de la Renaissance à arceaux. — Laissant à g. la calle Puente Daela, qui conduit à V église San Ildefonso (portail N., œuvre de Ventura Bodriguez), on atteint une petite place, à dr. de laquelle, sur un terre-plein, s'élève le palais Provincial, où sont installés le tribunal et la poste. A g., dans le bas du mur du chevet de la cathédrale, on remarquera une jolie frise sculptée.
De là, on monte, en face, à la plaza Santa Maria sur laquelle s'élèvent : à l'O., VEvêché et rAyuntamiento, édifice assez caractéristique du xvn'' s.; à l'E., la cathédrale.
La cathédrale, dans le style de la Renaissance, commencée en 1532 par Pedro de Valdelvira, n'a été achevée qu'en 1801. La façade, large de 32 m., sans comprendre les deux tours dont elle est flanquée, est haute de 19 m. (au-dessus de la corniche, balustrade avec les statues de St Ferdinand^ des Evangélistes et des Doc"