IIPAÇO REAL. II. IB
L'ancienne école de Lisbonne, florissante pendant tout© la première^ moitié du xvi« s., se distingue de 1' « écolo d'Evora » par des formes plus pleines, un modelé plus accusé, un coloris plus sombre. Elle complique d'imitations de la peinture allemande les leçons apportées d'Anvers. Aucun des peintres féconds qui ont travaillé à Lisbonne pour tout le Portugal sous les règnes de Manuel et de Jean III n'est connu par sou nom; on n'a pu* classer ces anonymes qu'en les désignant par le sujet ou la provenance, de leurs tableaux : « Maître de Sâo Bento » ; « Maître du Paraïso », qui est l'auteur de la charmante « Vierge aux Anges » ; « Maître de Saint- Jacques » (salle II).
Toujours au premier étage, une salle de dessins de maîtres, cofnprenant une suite de compositions de Sequeira, un précurseur portugais de Gustave Doré (salle 4); — plusieurs salles (5, 6 et 7) de tissus anciens et de costumes des XVII* et xviii* s. formant un ensemble brillant et pittoresque, dans la décoration opulente des appartements du marquis de Pombal; — la salle 8 dont les vitrines sont garnies û.' orfèvreries, parmi lesquelles on admirera des pièces manuélines du commencement du xvi« s. Ces collections d'objets d'art sont appelées à s'enrichir prodigieusement : lorsqu'elles se seront grossies des trésors conservés dans les palais royaux, le Musée de Lisbonne deviendra l'un des premiers de l'Europe pour la peinture du xv« et du XVI* s. et pour la céramique do l'Extrême-Orient.
Au delà du musée la raa de Sâo Francisco de Paula conduit à la praça d' Armas (PI. d'ensemble, 31), au N. et à quelques pas de laquelle est le largo das Necessidades (PI. d'ensemble, G, 4-5) avec, au centre, une fontaine et un obélisque. Sur le côté N., le Paço Real {Palais Royal ou das Necessidades; PI. d'ensemble, 20), ancienne résidence du roi (c'est de là que partit le roi D. Manuel II le 5 oct. 1910), a été bâti vers 1750 par le roi Jean V. Il est remarquable par ses jardins (ouverts au public), et l'abondance de ses eaux. Les appartements contiennent une merveilleuse collection de grands vases de la Chine et du Japon (xvn*-xvni<^ s.), des trésors d'orfèvrerie ancienne et moderne (ostensoir manuélin de Bélem, par Gil Vicente, 1507; vaisselle plate complète du xvni» s., au poinçon de l'orfèvre parisien Germain), et quelques tableaux précieux, notamment un triptyque de Jérôme Bosth et la Vierge Marie au milieu des Vierges, par Holbein le Fieua? (1514). Attenante au palais est Véglise, avec un assez beau portail. Au delà du. largo das Necessidades, la rua do Livramento, suivie par le tram, débouche sur la praça de Alcantara que traverse le chemin de fer dont l'ancienne gare de la ligne de Cintra se trouve à dr. On est ici dans la banlieue au pied des hauteurs d'Ajuda (p. 483).