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figurines qui forme le milieu du retable de San Nicolas, à Burgos), on l'éprouvera do même devant les stucs de l'Alhambra.
A Valladolid, qui fut l'une des résidences préférées des Rois Catholiques^ Gil de Siloe, un de ses collaborateurs de Miraflores, Diego de la Cruz^ et un Macias « Carpintero » ont décoré les façades de San Pablo et du collège de San Gregorio comme d'immenses retables de pierre, chargés des motifs les plus compliqués. La décoration de ces façades forme à l'extérieur de l'édifice un revêtement de sculptures exactement comparable aux revêtements polychromes réservés à» l'intérieur des palais musulmans. La façade de la collégiale d'Aranda de Duero, un peu plus tard celle de la cathédrale de Salamanque, sont décorées suivant les mêmes principes. Le goût musulman de la répétition indéfinie se retrouve encore dans la décoration de façades de palais comme celui de Guadalajara, la « Maison des Coquilles » (Las Conchas), à Salamanque, ou le séminaire de Baeza, en Andalousie. La « Cliapelle dorée », fondée en 1524 dans la Cathédrale Neuve de Salamanque, est encore avec sa polychromie et ses faïences précieuses, un joyau d'art gothique, brillant d'une richesse orientale.
Rien n'est plus espagnol que ce style opulen-t et bizarre, combinaison imprévue d'art germanique et d'art musulman, que l'on peut appeler lo « style Isabelle ». Il a été imité en Portugal sous le règne de Manuel le Fortuné. L'art « manuélin », d'origine castillane, s'est encore enrichi et chargé de nouveaux éléments orientaux qui étaient venus de l'Orient musulman et de l'Extrême-Orient, après les expéditions de Vasco de Gama dans l'Inde, et qui se combinèrent, pour achever le chaos, avec les motifs de la Renaissance italienne.
Les commencements de la Renaissance. Les Italiens en Espagne. — Il y a solution de continuité entre les importations de modèles toscans du Trecento qui avaient formé la première école do peintres catalans, les voyages des Italiens, peintres ou sculpteurs, qui avaient suivi, et la victoire de la Renaissance italienne, qui, après l'art français du xiii» s. et l'art flamand ou germanique du xv®, fit la conquête de l'Espagne. Une avantgarde de sculpteurs italiens se disperse à travers la péninsule, au commencement du XVI® s., après que d'autres venaient de suivre Charles VIII en France. Quelques-uns de ces voyageurs sont des Florentins, qui araient déjà travaillé hors de Florence avant de gagner l'Espagne (comme les « Juste » de Fiesole, qui s'établissent à Tours). Domenico Fancelli de Settignano, qui sculpte après 1504 le tombeau de l'infant Juan, à San Tomas d'Avila, et qui commence tout au moins le tombeau des Rois Catholiques, à Grenade, fait du sarcophage un lit de parade, disposé comme celui du pape Sixte IV, à Saint-Pierre de Rome; le tombeau de l'archevêque Diego Hurtado de Mendoza (1509), dans la cathédrale de Séville, œuvre du Florentin Michèle, est une réduction du mausolée du pape Paul II. Le souvenir des tombeaux romains du XV* s. est encore manifeste dans le monument du cardinal Pedro de Mendoza (cathédrale de Tolède, vers 1500), qui paraît être du Florentin Andréa. A Jaca, Giovanni Moreto de Florence signe en 1523 la décoration d'une chapelle de la cathédrale; on peut lui attribuer un retable de Tarâzona aux armes de Jules II (avant 1513). Ce Florentin apportait en Aragon des formes plus lombardes que toscanes; il ava^t dû être employé dans les ateliers de Gênes, où se rencontraient Florentins et Comaeini.
La grande ville maritime, (^ui était le port du marbre, a contribué p.lu3
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que tout© autre à l'expansion de la Renaissance, en exportant ses marbres tout sculptés et ses marbriers. Dès 1510 des Lombards décorent, pour un Mendoza le château de la Calahorra, près de Guadix, en pleine Andalousie mauresque. Les ateliers génois qui avaient travaillé pour la France au temps de Louis XII exécutent, sous le règne do Charles-Quint, de somptueux monuments funéraires pour Tolède et pour Séville (à Tolède, dans l'église San Juan de la Penitencia, tombeau de Tévêque d'Avila, Francisco Ruiz, 1526; à Burgos, tombeaux du Connétable Pedro de Velasco et de sa femme, dans leur grande chapelle ; à Séville, tombeaux magnifiques des Ribera, par Pace Gagini et les Apriîe de Carona (1536), aujourd'hui dans l'église de l'Université; tombeaux des Ayala, transportés au xix» s. de Séville dans l'église de San Lorenzo, près de Santiago de Compostelle, à l'extrémité opposée do l'Espagne). Ces marbres sont envoyés par mer, comme le tombeau du vice-roi Ramon de Cordona, sculpté àNaples en 1525 par Giovanni de Nola, et qui se trouve perdu à Bellpuig, en Catalogne. Séville s'enrichit, pendant tout le xvi® s., de colonnes et de portes de marbre commandées à Gênes. Elle avait donné l'hospitalité à deux Florentins, qui n'étaient pas, comme Michèle, des marbriers.
En 1503, Nicoluso de Pise apporte à la ville des azulejos la polychromie des Délia Robbia, que Girolamo délia Robbia lui-même devait faire connaître peu de temps après à Paris : il décore de reliefs en terre cuite émaillée le charmant portail de Santa Paula, et peint le retable de l'oratoire des Rois Catholiques, à l'Alcazar, fait d'un assemblage de carreaux. Les dessins qu'il exécute sont donnés par Pedro Millân; cette décoration composite n'est pas imitée par les artisans qui, vers le milieu du xvi« s., remplacent, sur leurs carreaux de faïence, la géométrie musulmane par les arabesques italiennes. Un Florentin errant, le sculpteur Torrigiani, qui vint à Séville après avoir passé par Londres, exécuta des statues de terre cuite, analogues à celles de Guide Mazzoni, qui avait suivi Charles VIII en France. Son St Jérôme et sa Vierge assise, œuvres d'un réalisme à la fois savant et populaire, devaient servir de modèles à de grands sculpteurs espagnols, mais longtemps après que le sculpteur florentin, poursuivi, dit-on, par l'Inquisition, fût mort en prison (1522).
L'Italianisation de la sculpture. — L'action des marbriers italiens et des marbres de Gênes s'est exercée très promptement sur les fils mêmes des étrangers qui avaient importé en Espagne la sculpxure germanique. Il est probable qu'avant les artistes dont nous avons les noms, des scar-, pellini lombards étaient allés pratiquer leur métier au cœur de la Vieille Castille. Enrique de EgaSy l'architecte des Rois Catholiques, avait dû connaître quelques-uns de ces passants oubliés, lorsqu'il a dessiné la façade du collège de Santa Cruz, fondé à Valladolid par le cardinal Mendoza : œuvre d'un novateur audacieux, qui ne se copia pas lui-même. L'hôpital, fondé à Tolède sous le même titre par le même prélat et construit par le môme architecte, à partir do 1504, montre une façade d'une extrême richesse, où les motifs du répertoire lombard sont audacieusement plies aux courbes d'an portail gothique. Une autre combinaison de la tradition germanique avec les motifs italiens est tentée en 1516 dans un portail élevé à Burgos, au chevet de la vieille cathédrale, par Francisco de Cologne, fils de Limon. Avant lui, un Bourguignon, Philippe Biguerny, de Langres, s'était montré initié à l'art nouveau dès 1499, alors qu'il sculptait le premier des