POSTE ET TÉLÉGRAPHE. XXXV
Poste et télégraphe.
Poste (Correo), — L'organisation des postes espagnoles est assez bonne et les lettres s'y perdent beaucoup plus rarement qu'autrefois. On pourra même se faire adresser sans inconvénient des correspondances à la poste restante {carias en lista ou lista de correos) en ayant soin de s'y présenter muni de pièces d'identité. Mais, en général, il vaut toujours mieux se faire adresser toute missive à l'hôtel que l'on aura choisi d'avance, ce qui évite une perte de temps. Pour toute lettre qui renfermerait, non pas seulement des valeurs, mais le moindre papier de quelque importance, il est préférable de l'envoyer recommandée (certijîcado).
Tarifs postaux : lettres : pour la ville même 10 c. ; pour le Portugal, Gibraltar ou Tanger, 10 c. ; pour l'Espagne, 15 c. ; pour l'étranger, 25 c. (jusqu'à 20 gr. ; 15 c. par 20 gr. en sus) ; — cartes postales {tar jetas postales) : pour la ville, le Portugal et Gibraltar, 5 c. ; pour l'Espagne et l'étranger, 10 c; — imprimés (impresos) : pour l'Espagne, î/4 c. par 35 gr.; pour le Portugal, 2 c. par 50 gr. ; pour les autres pays, 5 c. par 50 gr. — Les boîtes aux lettres {buzon) se trouvent à l'intérieur des débits de tabac et c'est aussi dans les débits de tabac qu'on vend les timbres.
Télégraphe. — Les dépêches (telegramas) peuvent être rédigées en langues étrangères, mais en caractères latins. Pour l'Espagne, on paie 1 p. pour 15 mots (50 c. si le télégramme est échangé entre localités d'une même province), plus 5 c. d'impôt; pour la France, 20 c. par mot, plus le change; pour la Belgique et pour la Suisse, 25 c. ; pour l'Italie, 28 c; pour l'Angleterre, 35 c. ; pour l'Autriche, 32 c, etc. (le tarif pour l'étranger est souvent modifié); les mots ayant plus de 15 lettres comptent double; le reçu (recibo) coûte 10 c. ; on paie la dépêche par des timbres (sellos de telegrafos) qui y sont apposés.
Hôtels. Instaurants , Cafés.
Hôtels., — Les hôtels de premier rang sont les seuls où puisse descendre, en Espagne, le voyageur étranger soucieux de se départir le moins possible de ses habitudes, soit comme logement, soit comme nourriture. Ils sont d'ailleurs les seuls, ou à peu près, où l'on trouve des employés parlant le français et, très souvent, l'italien, puisque plusieurs de ces hôtels sont tenus par des Italiens (de la province de Novare ordinairement) ou par des Suisses (de l'Engadine). Il existe, c'est vrai, des maisons espagnoles (casas de huespedes ou casas de viàjeros) où l'on peut vivre bien et à beaucoup meilleur marché, mais il faut, en ce cas, connaître les usages du
XxxVî RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX.
pays et les admettre, ce qui n'est pas le fait du touriste qui passe quelques jours seulement en Espagne. Certaines de ces maisons sont du reste relativement très recommandables.
Les prix ne sont pas trop élevés; l'habitude est de demander tant par jour pour la chambre (le service compris), le lunch {almuerzo," cena\ de 12 h. à 2 h.) et le dîner (comlda, de 7 h. à 9 h.), mais le petit déjeuner (desayuno) est rarement compris dans ce prix qui oscille entre 12 et 20 p. par j. dans les bons hôtels, et entre 8 et 12 p., dans les hôtels secondaires. — Le petit déjeuner se compose 6oit de café au lait, soit de ce chocolat à la cannelle que Ton sert partout en Espagne; et qu'on prépare de deux façons': à l'espagnole, c'est-à-dire à l'eau ; à la française, c'est-à-dire à la crème. — La table d'hôte est presque partout servie par petites tables; le vin est généralement compris dans le prix. Le vin est trop riche en tannin et en alcool; on ne se trouvera pas mal de le boire coupé avec de l'eau minérale (p. ex. celle, excellente, d'Insalus ou, à Madrid et à Barcelone, le Vichy catalan^ analogue au Vichy français).
Les inconvénients qui frappent le plus vivement l'étranger obligé de se loger dans un établissement foncièrement espagnol sont : — le manque de water-closet ou une installation surannée et contraire à toutes les exigences du confort et de l'hygiène; — la cuisine, où dominent rhuile, la graisse, le piment et les pois-chiches; — les convives, qui ont certains usages et un sans-gêne sensiblement différents de ceux des autres pays.
Que ce soit dans un hôtel, dans une fonda, ou ailleurs, il faut d'abord demander le prix et bien s'entendre avec l'hôtelier avant de rien conclure, d'autant plus que c'est du choix de la chambre que dépend le chiffre de la dépense journalière. Les repas restent identiques pour des prix différents de pensions. En cas de séjour prolongé, Ton peut obtenir des réductions de prix. — Demander la note dès la veille, si l'on doit partir de bon matin.
Restaurants. — Seules les grandes villes en possèdent quelques-uns de recommandables; mais l'habitude est, en Espagne comme en Portugal, de prendre ses repas à l'hôtel où l'on loge.
On consultera, pour les mets et les boissons, notre petit Interprète français-espagnol (avec la prononciation figurée).
Cafés. — Ce n'est guère que dans les grandes villes, à Madrid et surtout à Barcelone, qu'on trouve de grands cafés très fréquentés et fournis de journaux étrangers. — Le garçon (camarero) qui vous •iert s'attend, en Espagne comme en France, à 10 c. de pourboii©.
A Madrid, à Barcelone et à Valence on trouve des brasseries, surtout à Madrid, où depuis quelque temps on brasse une très bonne bière. Ailleurs, la bière s'implante de plus en plus, mais le climat,