LES ÎLES BALÉARES. H
de là sur Capdepera, arc-bouté à une falaise grise avec laquelle ses maisons semblent faire corps, est fantastique.
Pour visiter les grottes d'Artâ (prendre le guide dans la ville), on se fait d'abord conduire en voit, (assez mauvaise route plane ; 9 k. en 1 h.), au delà de la massive tou7^ gothique de Canamel, dans un enclos où on laisse le véhicule et d'où l'on se rend à pied, en 35 min., à l'entrée des grottei par un sentier qui descend à la plage (sable non résistant), contourne une lagune et s'élève ensuite dans les pins (tables en pierre pour pique-nique), au-dessus de la baie. La dernière partie du sentier, assez caillouteuse et raide, aboutit à un escalier de 44 marches, qui mène à la majestueuse entrée des grottes, arceau de 20 m. d'élévation, reposant par une extrémité sur un pilier monumental, au-dessus de la mer.
Les * grottes d'Artâ (visite en 1 h. 30; 7 p. 50 de 4 à 8 pers. ; 3 flammes de Bengale, 4 p. 50), très bien aménagées et dont le parcours n'offre aucune difficulté, ont des salles grandioses et d'admirables stalactites et stalagmites, malheureusement très noircies par la fumée des torches.
D'Artâ, il faut 2 h. en voit., par une jolie route accidentée (belles vues), pour se rendre à Manacor, où l'on reprend le train pour Palma.
CABRERA (au S.-E. ; 50 k. en 3 à 4 h. ; ^ hebdomadaire). — L'îlot de Cabi^era, séparé de la côte S.-E. de Majorque par un bras de mer semé d'écueils, est tristement célèbre pour avoir servi de prison, après la capitulation de Bailen, de 1809 à 1811, à 8,000 soldats français qui y souffrirent atrocement de la faim et de la soif. Les maladies et les privations en réduisirent le nombre de moitié avant la lin de cette inhumaine captivité. Un pli de terrain de l'île, la Vallée des Morts, fut à demi comblé par l'entassement des cadavres. Une colonne commémorative a été élevée à la mémoire de ces martyrs.