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ornée de croix de Bourgogne, œuvre de Wolf. — Au centre, fanal de vaisseau français conquis au combat de l'île de San Miguel (158*2).
Vitrine C. — Armes et vêtements de l'amiral turc Ali-Pacha tué à la bataille de Lépante. — Vitrine D : deux beaux boucliers et un coutelas (garniture argent et pierres précieuses) envoyés à Philippe II par le duc de Savoie; rondaches espagnoles et casques.
Devant les 10® et 11» fenêtres, armures qui ont probablement appartenu aux prinnes Emmanuel et Philippe de Savoie. Entre la 11* et la 12« fcn., tente de François I" prise à Pavie.
Devant la 13® fenêtre, litière de voyage de Charles-Quint.
Carré VI. — A 291. Belle armure de parade du roi Philippe III, œuvre du célèbre armurier milanais Lucio Piccinino; A 422. Armure de guerre attribuée à Philippe IV; — A 347. Armure attribuée à Philippe III. — Au centre : fanal portugais pris au combat naval de San Miguel; dix-neuf selles peintes et dorées.
Carré VII. — Armures de l'époque de la décadence, dans la fabrication desquelles prédomine la crainte des effets des armes à feu; face aux vitrines E et F, 2 armures de Philippe IV fabriquées en France par un armurier de Louis XIII. — Au centre, grand fanal turc, pris à Navarin (1572); douze selles du xvi« s.
Vitrines E et F. — A 188. Armure de parade à la romaine faite par Bart. Campi en 1546 pour Guidobaldo II d'Uroino ; petite cuirasse de l'empereur Maximilien I®', œuvre du Milanais Bernarilino Cantoni\ armure noir et or du roi don Sébastien de Portugal (1554-1578). œuvre de Pfeffenhauser^ d'Augsbourg; deux petites cuirasses de Charles- Quint (travail milanais); armure noire de parade finement damasquinée d'or (travail italien).
Carré VI 11. — Dix-sept armures d'enfants ayant appartenu aux princes de la maison d'Autriche ; la plus belle, de Philippe III, est l'œuvre du Milanais Lucio Piccinino.
Vitrine H. — Inventaire, avec illustrations en couleur, des armures et costumes de guerre de Charles-Quint; mors, fers de lance et différents autres objets; offrandes votives visigothes, en or et en pierres précieuses, découvertes en 1860 à Guarrazar (province de Tolède); G 22. Epée dite la Lobera^ au roi St Ferdinand (xiii* s.).
En face de la vitrine H. — Armure d'un chien de chasse (xvi® s.).
Paroi est. — Collection d'armes blanches, d'armes de tir et d'armes à feu portatives, exposée dans 15 vitrines (dans la 1^% estocs offerts par plusieurs papes aux rois de Castille et d'Espagne, estoc de Charles-Quint; dans la 3«, casque, rondache, épées et masses d'armes, don dos comtes de Valencia de don Juan; dans la 10®, sabre de Wellington; dans la" 11®, curieuse collection d'arcs et de carquois turcs du xvi« s. ; dans la 12®, beaux fusils, étriers et éperons turcs; dans la 13®, trophée de la prise d'Oran en 1732; dans les 14* et 15», chefs-d*œ,uvre des plus célèbres armuriers madrilènes, espagnols et étrangers au xviii* s.). La 16' vitrine est consacrée au roi Alphonse XII.
Les Ecuries POYales (Cahallerizas reaies; calle de Bailen, 2; visibles le lundi de 1 h. à 4 h., moyennant une carte délivrée gratuitement par rintendance du Palais, à l'angle N.-E. de la plaza de Armas) occupent au N. du Palais Royal une vaste construction élevée sous Charles III par Fr. Sabatini. La grande cour est entourée d'arcades; sur la façade 0. est une petite chapelle.
On visite : — les écuries, qui peuvent contenir 300 chevaux; — la. sellerie (harnais, selles, livrées, etc.); —les remises (20 voitures de gala; 121 voitures de service ordinaire).
Il xMUSÉE DU PRADO. || [R, 24] — 251
Musées et collections,
** Musée National de Peinture et de Sculpture ou Musée du Prado (Museo Nacional de Pintuva y Escultura; paseo del Prado; l'entrée principale, située à l'extrémité de l'aile g., calle de Felipe IV, conduit directement à Tétage principal; il y a aussi deUx entrées au rez-de-chaussée, l'une sur le paseo del Prado, l'autre à l'extrémité de l'aile dr., pi. Murillo). — Le Musée est installé dans un édifice commencé en i785 sous Charles III par Juan de Villanueva, terminé sous Ferdinand VII de 1819 à 1830 et qui n'avait pas été destiné à recevoir des collections de tableaux; malgré des remaniements récents, ni la disposition des salles ni l'éclairage ne sont très heureux.
Jours et heures d'entrée, — Ouvert t. 1. i. : en été (juin à sept.), de 8 h. à 1 h. ; le reste de l'année de 10 h. à 4 h. ; le dim. de 10 h. à 5 h. ; fermé le lundi et généralement les jours de fête; entrée gratuite les jeudi et dim., 1 p. les autres j.
Catalogue par don Pedro do Madrazo, 4 p. ; les meilleures photographies sont celles d'Anderson, en vente à la librairie Fé, Puorta del Sol, 15.
Historique. — La collection de tableaux du Prado tire son origine de belles collections royales réunies par Charles-Quint et Philippe 11 pour lesquels travaillèrent plusieurs des premiers artistes de leur temps, puis par Philippe IV, le protecteur do Velâzquez, enfin par Philippe V et par Charles 111, qui fit tant pour rembellissoment do Madrid.
En 1818, Ferdinand Vil réunit les tableaux dispersés jusque-là dans les palais do Madrid et les résidences royales, pour en former le Real Museo de pintura del Prado, qu'il augmenta plus tard de nouvelles acquisitions. La reine Isabelle II, sa fille, fit transporter une partie des toiles de l'Escorial au Musée royal, auquel, en 1840, on ajouta comme annexe temporaire un ancien couvent de la Trinité, où furent places les tableaux provenant des maisons religieuses de Madrid, Tolède, Avila et Ségovie, fermées en 1836. Plus tard le musée de la Trinidad fut supprimé et ses tableaux ajoutés à la collection du Prado.
Aperçu géDéral. — Actuellement le Musée du Prado est l'un des plus riches de l'Europe : il possède plus de 2,000 tableaux, parmi lesquels une foule d'œuvres de premier ordre. On pourra s'y faire une idée complète de l'histoire de la pemture espagnole, surtout pendant la période de sa plus grande floraison, et en premier lieu de l'œuvre du plus génial de ses peintres : Velâzquez. On a la fortune unique d'y voir réunies dans une seule salle presque toutes les toiles capitales de ce maître et de suivre le développement d'un talent qui se renouvelait sans cesse, à travers une série d'ouvrages immortels, comme les Ivrognes, les Lances, les Ménines et les Fileuses. Rib&^a et Murillo^ à chacun desquels on a consacré une salle, sont bien représentés, tout en l'étant moins complètement que Velâzquez. On verra aussi quelques pièces caractéristiques du Greco. — Du dernier des grands maîtres espagnols, Goya^ le Prado possède une série d'œuvres décoratives et de portraits qui donnent une excellente idée de deux des notes prédominantes de son talent.
Il est moins aisé de se rendre compte ici des origines de la peinture espagnole et l'on peut deviner seulement l'importance qu'eut sur son développement premier la peinture néerlandaise du xv" s., dont le Prado possède divers ouvrages de valeur do Vécole des van Eycky du Maître de Flémalle^ de Roger van der Weydcn.
La vogue de la peinture vénitienne on Espagne au xvi* s. et spécialement