DE SAINT JACQUES. RÉVOLTE ET DES
TRUCTION n’uN FAUBOURG DE CORDUUE.
Les frères d' Hescham n'avaient pas entièrement renoncé à l’espoir de se saisir un jour du pouvoir; et, quand ils le virent tomber en de si jeunes mains, ils pen.sèrent qu’ils auraient peu d’efforts à faire pour s’en emparer. Cependant , pour rendre plus certain le succès de leur entreprise, ils convinrent qu’Abdallah, qui était à 'Valence, se rendrait en France pour solliciter l’appui de Charlemagne, tandis que Soleïman, réfugié en .Afrique, y ra.ssemble.rait une armée pour passer en Espagne. Charlemagne s’enqiressa d’accueillir la demande qui lui était adressée. Abdallah revint donc à Valence pour exciter le dévouement des partisans qu’il avait dans ce pays, be son coté, Soleïman, qui avait déjà réuni une armée, passa en Espagne, et les deux frètes, ayant réuni leurs forces, marchèrent rapidement vers Tolède, dont ils s’emparèrent. En même temps une armée françuse était entrée en Catalogne. Elle avait repris Gironne, Pampelunc et Lénda. Un chef arabe nommé Zeïd, proiitant de la terreur causée par cette invasion nouvelle, s’empara du pouvoir à Barcelone, et se reconnut vassal du roi d’Aquitaine, Louis le Débonnaire, auquel, toutefois, il n’ouvrit pas les portes de la ville.
Al-Hakem rassembla promptement ses troupes et courut où le danger lui parut le plus pressant. L’invasion de la frontière lui sembla encore plus mena^nte que la tentative de ses oncles. Il laissa donc seulement devant
Tolède un corps de troupes sous le commandement d’Ainrou, caïd deTalavera, dont la üdèiité lui était connue, et il se porta lui-mème en Catalogne. II eut dans plusieurs rencontres l’avantage contre les Français, reprit presque, toutes les villes îpii étaient entre leurs mains , et revint à la tête de sou armée victorieuse pour attaquer celledesesoncles.il leur livra plu>ieurs coinhats, qui d’abord n’eurent rien de décisif; ensuite il parvint à les repousser jqsque dans le midi de l'Espagne.
Enfin Amrou , après un long siège, s'étant emparé de Tolède, y laissa son fils pour gouverneur, et vint à la tête de son armée re, oindre Al-Hakem.
Alors la guerre fut poussée avec plus de vigueur ; les armées se rencontrèrent , et Soleïman fut tué dans le combat d'un coup de flèche qui lui traversa la gorge. Cette mort jeta le desordre parmi les siens, etbiemùt son parti fut mis eu déroute. Abdallah, fugitif, se retira à Valence, d’où il envoya sa soumi.ssion à son neveu.
Celui-ci lui fit bon accueil : il demanda seulement que les deux flis d’Abdallah lui fussent donnés pour otages. Au reste, il traita ses jeunes cousins avec bonté : il donna même sa propre sœur Kinsa pour femme à Esbaah, l’ainé d’entre eux.
Al-Hakem cependant n’en avait pas fini avec tous ses ennemis. Les Français repousses un instant par lui avaient de nouveau envahi les Marches de la Catalogne : ils avaient repris Cardoiie , Casera , Ausone , dont ils relevaient les fortifications.
Ils s’appliquaient à repeupler toutes ces villes; mais, quels que fussent leurs efforts, ils ne purent jamais rendre à la dernière de ces cites son ancienne prospérité. iCIle prit le nom de Vicus- Ausoiia ; le premier de ces deux mots est .seul resté, et il a formé le nom de Vieil , qu’elle conserve encore. Le roi d’Aquitaine, après s’être ainsi établi solidement au pied des Pyrénées orientales , résolut de s emparer de Barcelone, car Zeïd (*) , qui , comme
(*) l'■erI■e|■as le iiomiiie Zade. Ernioldus Nigcllus, dans son poème sur les e.vploils et
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nous l’avons vu, lui en avait fait hommage , avait refusé de la lui livrer en réalité. Au commencement de l’année SOI , il réunit une armée nombreuse, et la partagea en trois divisions : l'une, sous les ordres du comte Guillaume de Toulouse, tenait la campagne pour empêcher Al-Hakem de venir secourir . la ville ; l’autre , sous les ordres du comte de Rostaing, faisait le siège; enfin la troisième , sous le commandement de Louis lui-même, était restée sur la frontière, prête à se porter du côté où quelque danger se présenterait. Les Arabes firent une seule tentative pour délivrer la ville; mais ayant appris que le comte de Toulouse venait au-devant d’eux avec des forces supérieures , ils se retirèrent , et le corps d’armée commandé par Guillaume put venir se réunir à celui qui déjà pressait la ville. Des assauts étaient chaque jour donnés à la place. Les avenues surtout en étaient si étroitement gardées, que la disette s’y fit bientôt sentir ; elle fut telle , disent quelques écrivains, que les habitants furent réduits -à se nourrir de vieux cuirs et de courroies. On doit douter cependant qu’une semblable famine ait pu avoir heu dans une ville qui conservait libres ses communications par mer, car les Français n’avaient pas de flotte dans ces parages. Quoi qu’il en soit, les habitants se défendaient vaillamment ; et comme l’arrière-saison approchait, ils espéraient que l’hiver forcerait les assiégeants à se retirer. Blais le découragement commença à s’emparer d’eux quand ils virent que dans le camp on s’occupait à consolider les baraques construites d’abord assez légèrement, et qu’on travaillait à les transformer en des habitations plus durables, à boucher avec de l’étoupe les joints des planches dont ces abris étaient formés , à les enduire de poix et de goudron pour les rendre impénétrables au vent et à la pluie. Enfin, dit on , le gouverneur de Uarcelone, Zeïd, prit le parti d’aller lui -même auprès de