I.es Arabes, encouragés par les suc
(*) Voir la planche 16.
L’UNIVERS
cès qu’ils avaient obtenus en Aquitaine, se préiiaraient à y faire une nouvelle invasion ; mais , auparavant , ils jugèrent nécessaire d’exterminer les chrétiens des Asturies. Ils avaient une armée nombreuse et fière des victoires qu’elle avait remportées. Us la séparèrent en deux divisions, et, comme cette manœuvre avait réussi en 776, contre Froïla , ils entrèrent par deux endroits différents dans le royaume d’Alphonse le Chaste. Ce prince avait appelé a son aide le roi de Sobrarbe.
C’est au moins ce qu'on peut inférer de ce passage extrait d’un auteur arabe et cité par M. Romey (*) : « En même O temps Abd-el-iMeleck , frère d’Abd- <1 el-Rerim, entrait par une route dif- « férente sur les terres des chrétiens.
B A Astorga, il rencontra le roi de B Galice et celui de Biscaye; mais B ceux-ci n’osèrent pas l’ait iquer. »
On se rappelle que les Arabes donnaient le nom de Galice (DJnlikiah) à tout le pays qui s’étendait depuis le promontoire des Arlabrcs jusqu’au pied des Pyrénées. Une partie des Pyrénées, probablement la Navarre, et i’Aragon étaient pour eux les monts Albaskenses. Le roi de Biscaye était donc le souverain d’un État situé au pied des Pyrénées. Ainsi, a cette époque, en 794, voici l’existence de deux rois et de deux royaumes chrétiens dans la Péninsule, bien constatée par un auteur étranger.
Alphonse et cet autre prince chrétien (*') avaient réuni leurs force.s; cependant ils avaient encore une armée bien inferieure en nombre à celle de leur ennemi ; aussi se. bornèrentils à observer prudemment sa marche; puis, l'ayant attiré dans un lieu marécageux, rempli de lagunes, où les Maures ne pouvaient faire usage de la cavalerie, qui formait la partie la plus redoutable de leurs forces, les chrétiens en lirent un grand carnage. On porte à soixante mille le nombre des Arabes qui périrent dans cette rencontre. 11 y a sans doute un peu d’exagération dans
(*) III' vol. , page ao4.
{**) Ce devait cire Carci-Inigo, qui a régné depuis 75g jusqu’en 80a.
ce chiffre. Cependant , quand on examine les résultats de cette bataille, on doit penser qu’elle fut très-sanglante.
Elle éteignit tout à coup cette ardeur de conquête qu’Hescham avait réveillée chez les musulmans, et oette guerre est la dernière qui eut lieu sous le règne de cet émir. Le projet d’envahir de nouveau l’Aquitaine ou de détruire le royaume de Pélage fut abandonné.
Suivant les auteurs espagnols , cette bataille aurait eu lieu dans les Asturies ou bien sur leurs conflns. dans un endroit qu’ils s’accordent tous à appeler Lutos , ou Lodos, c’est-à-dire les boues , mais dont ils n’indiquent pas autrement la situation.
Hescham ne survécut que peu de temps à cette défaite. Voici , disent les Arabes , grands amateurs de fables et d’astrologie , comment il fut prévenu de l’instant de sa mort ; il s’occupait à cultiver des fleurs, lorsqu’un célébré astrologue, qui était pré.sent, ' lui dit : « Seigneur, travaille dans ces B jours passagers pour le temps de l’é- B ternité. ” Hescham lui demanda pourquoi il lui rappelait cette sentence.
L’astrologue refusa d’abord de le lui dire; puis, enfin, il avoua avoir lu dans le ciel que l’émir devait mourir avant la fin de la seconde année. Hescham ne se montra pas affecté par cette prédiction. Il continua de cultiver les fleurs de son j.irdin. Ensuite , à son heure accoutumée, il joua tranquillement aux échecs, et fit donner un riche vêtement à l’astrologue. Mais, depuis cette époque, il répétait souvent avec résignation : Ma confiance est en Dieu et j’espère en lui. Il assembla les principaux chefs de la nation et leur fit reconnaître , pour .son successeur, son fils Al-Hakem (*) , qui déjà s'était signalé par des actes de bravoure et qui avait pris |iart au gouvernement. Cette précaution ne fut pas
(*) Ferreras l’appelle Alliacan, et .Arliem. Mariaiia ne lui donue (pie le nom de Alhacan. On le Iroiivc .sniiveiil désigné dans tes écrivains rranipils .sous le nom de Abulaz et Ahul.izis, parce qu’il mérita plus tard le surnom de About - Assi , c’est-à-dire , le Père du mal.
inutile. Hescham fut atteint au commencement de l’année suivante d'une maladie dont il mourut après peu de jours, le 19 dsulkada de l'annéR 138 de l’héftire (25 avril 796 de J. G.), laissant même chez les chrétiens la renommée d’un prince juste, prudent et libéral.
RÈGNE d’àL-U\E1M. SES ONCLES LUI DIS-
rUTENT LE POUVOIR. PRISE UE BARCE- LONE PAR LES FRANÇAIS. IjUATRK
CENTS HOTABI.es DE TOl.ÈlIE ASSASSINES