‹ Espagne (volume 2)Chapitre 27 sur 70 · EST PROCLAMÉ ROI DE CASTILLE. — MORT DS LA REINE URRACA · texte numérisé non relu

EST PROCLAMÉ ROI DE CASTILLE. — MORT DS LA REINE URRACA

Nous ne nous étendrons pas sur le règne de la Glle d’Alpbonse VI. Il fut pour la Castille un temps de malheurs

à Ramire, fils de Sancho le Grand, 4 ; à Sancho Ramirez,, petit-GIs de Sancho lu Grand, 5; Alphonse le Batailleur, arrièrepetit-GIs de Sancho le Grand el mari d’ITi raca, ue forme que le sixième degré,

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'et de dissensions intestines. C’est l'histoire de toutes les époques où le pouvoir tombe entre les mains d'une femme trop faible pour en supporter le fardeau, trop orgueilleuse pour reconnaître son insuffisance. Urraca voulait bien qu’Âlpbonse fdt le mari de la reine de Castille ; mais elle voulait aussi rester seule maîtresse dans les États que son père lui avait laissés.

Elle pretrmlait y exercer seule l'autorité souveraine, et ne souffrait pas même qii’Alphonse y prît le nom de roi. Peut-être n'est-i'l pas juste de lui imputer à elle seule tous les torts que lui donne l'histoire. Beaucoup de nobles castillans se trouvaient humiliés d’obéir à un prince aragonais, et par leurs paroles aussi bien que par leurs actions ils fomentaient l'orgueil d'Crraca , et l'encourageaient à oublier qu’elle était eponse, pour se rappeler seulement qu’elle était souveraine. Alphonse le Batai'Ieur, de son côté, n’était pas de caractère a se soumettre aux caprices d'une femme | résomptueuse, imprudente, volontaire, il portait aussi une couronne, et ne voulait être nulle part l’inférieur de celle qu'il avait reçue pour compagne. 11 ne pouvait tolérer l'orgueil de tous ces nobles qui entouraient sa femme , et qui soufflaieiit la discorde dans son ménage et dans l'État. Les choses en vinrent au point qu’il fit arrêter. la reine et la lit enfermer dans le château de Castellar ; mais la reine , à l’aide des seigneurs de son parti, parvint à s'échapper. Elle courut se mettre à la tête de ses sujets, et la guerre éclata entre l'Aragon et la Castille.

Alphonse le Batailleur avait pris des précautions pour s’assurer de la possession d’un grand nombre de villes dans les États de sa femme. Il en avait remis le commandement à des hommes qui lui étaient dévoués, à des Aragonais ou à des Castillans qui avaient einbra.csé son parti-, car parmi les Castillans eux-mêmes il eu était qui aimaient mieux encore obéir à un prince araonais qu'aux favoris d’une femme ébauchée. Soit à tort , soit à raison , Urraça était accusée d’entretenir des

liaisons coupables avec plusieurs sei< gneurs : les comtes don Gon(^.alez de Lara et don Cornez de Cnndespina passaient surtout pour être les plus avancés dans ses bonnes grâces.On raconte même que de ses amours avec ce dernier elle eut un fils appelé Fernando, à qui sa naissance illégitime lit donner le surnom de Uurtado, le dérobé. C’est de lui, dit-on , que la célébré famille des Hurtados a tiré son origine. Quant au peuple, il supporte tous les maux ertfantés par les folies des rois; mais il n’est pas de loi, pas d'ordonnance capables de l’empêclier de llageller le vice : aussi , dans ses épigramnies, dans ses chansons, il racontait les amours de la reine et stigmatisait sa vie infâme.

Alphonse profita de cette disposition des esprits pour s’emparer d'iinn partie de la Castille. Les gouverneurs de quelques places les lui donnèrent, d'antres les lui vendirent. Mais au milieu de toutes ces trahisons, de tous ces manques de foi , ou aime à rencontrer un acte de loyauté; on se plaît à le redire ; Pi ranzuiez (*), noble castillan, avait, avant ces dissensions, ""f-eçu du roi d’Aragon le gouvernement de plusieurs plaees de. lu Castille et il lui avait prête foi et hommage coimne à son seigneur. Quand la guerre éclata, Peranzuiez se trouva fort embarrassé^ car il lui sembla (ju'il manquerait à la justice s'il remettait au roi des cites qui appartenaient a dona Urraca ; et d'un autre câté, il avait prêté serment de fidélité au roi. 'Voici comment il s'y prit pour mettre d'accord son serment et l'equilé. Il remit les places à des garnisons castillanes, et alla livrer sa personne à Alphonse le Batailleur pour recevoir le cliâiiment que ce prince lui imposerait. Dans le premier moment de la colère, Alphonse voulait le faire mettre à mort; mais les seigneurs aragonais chargés de le juger décidèrent qu'il avait rendu à chacun ce qui lui appartenait : à la reine, les villes dont elle était la .souveraine naturelle; au roi, le vassal qui n’avait pas rempli

Ziirila, Anales de la Coron» do Aragon, le uoBiiiie Pero Aiuurez.

ses engagements. Ils déclarèrent donc qu’il avait fait nohlement son devoir, et bientôt Alphonse liii-niéme, lorsque sa colère fut calmée , ne put s’empêcher d'accorder à la loyauté de Peranzulez les éloges qu’elle méritait.

Les Almorav ides n'eurent pas plutôt connaissance des querelles qui divisaient les chrétiens, qu'ils conçurent l’espérance de recompiétir tout ce qu’Alphonse le Brave leur avait enlevé. Ils ravagèrent les environs de Tolede et vinrent môme mettre le siège devant cette ville. J,e guerrier chargé de la défendre était un vieux compagnon du Cid : c’était Alvar Fanez de Slinaya. Il ne se borna pas à repousser les assauts; le septième jour après gue les ennemis eurent investi la place, Il fit une sortie, pénétra dans leur camp, Incendia toutes les machines qu’ils avaient préparées pour battre les murailles , et il leur fit éprouver de si grairdes pertes , qu’ils ahaudonnèreiit le siège. Ils allèrentattaqiier Madrid, es|)érant(|u’i,s en auraient plus facilement raison. Ils en ruinèrent les murailles ; mais ils ne purent parvenir à s’en rendre maîtres. Ils se retirèrent, emportant néanmoins un riche butin, et emmenant un grand nombre de prisonniers. L’audace des Ahuoravides et la facilité avec laquelle ils avaieiitravagé le pays, étaientduesen grande partie aux dissensions qui déchiraient la Castille. Cependant, la crainte de livrer ainsi les ciirétieiis aux attaques des niusulniaiis ne fut pa.s suflisante pour rétablir la paix entre Alphonse et doua Ürraca. La reine, déses|iérée de voir un si grand nombre des princip.iles villes de ses États entre les mains des Aragonais, rassembla une année dont elle donna le commandement aux comtes don Pedro Goiiçalcz de Lara et Cornez de Candcspiiù. Ils marchèrent au-devant d’Alpb< nse, et le rencontrèrent dans un lieu appelé le clinnip de l’Épine. Lecomte de Lara, qui conduisait la première ligne des Castillans , ne put soutenir le choc des ennemis. Il fut mis en fuite. Le comte Gomez lit de vains efforts pour rappeler 'a victoire, il fut tué en com-

battant. Un chevalier de la maison d’Olea, qui portait sa bannière, ayant eu son cheval tué et les deux nmins coupées , saisit sa bannière entre ses bias afin de ne pas lu laisser abattre, et il fallut le tuer pour la renverser. Alphonse profita de l’avantage qu'il venait d’ohlenir pour pénétrer au coeur des États de donaUrraca. Il prit beaucoup de villes, et alla même assiéger Astorga. Mais il ne put s’en rendre maître. Il gagna aussi plusieurs batailles contre l’armée de la reine et contre les Portugais que cette prinr.esse avait appelés à son secours; puis, après tous ces succès, il fut à son tour assiégé dans Carrion. Cependant, avec l’aide du grand nombre de partisans qu'il avait parmi les sujets même d'IJrraca, il parvint à sortir d’embarras.

Le p.-qie Pascal II , lonclié de l'état où se ti ouvüieiit les affaires d’Espagne, envoya un légat pour rétablir, si cela était pOss ble, la bonne harmonie entre les deux é[ioilx. En tfl-t, un concile fut réuni dans la ville de P.dencia, et l’oti y décida que te degré de parenté qui existait entre Aluhouse et Urraca était un obstacle à la validité du mariage. Toutes les prétentions du roi sur les Etats de sa femme furent détruites p.ar cette décision; aussi se laissa-t-H reprendre une partie des villes qu'il y avait occupée.'-’. Neanmoins, ce divorce ne fut pas suffisant pour rainciier la paix dans les royaumes de dona Urraca. Déjà en lil2, les Galiciens, méconfeiits de sou adm nistration, avaient proclamé foi de Galice, Alphonse, Ce Jeune fils qu’élle avait eu de son mariage avec le comte Raymond. En 11 IG, plusieurs villes de 'l.éon, de l’Esfrénia fue, de la Castille, et Tolède même, suivirent cet exemple. Le royaume resta ain.si partagé pendant trois années entre la reine et son fils; mais (Inique jour la comliiité d'Urraca excitait davantage rindignatioii populaire. A SégOvie, les habitants se soulevèrent et se saisirent du comte don Pedro Gonçalez do Lara, son favori, et le renfermèrent dans le château de iMansilla. Urraca,

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furieuse de cet outrage , se retira dans la ville de Léon où elle ne tarda pas à être assiégée par les partisans de son fils. Forcée de se renfermer dans la citadelle, elle y fut si vivement pressée, qu’elle fut obligée de se rendre, et que le reste d’autorité qu’elle exerçait encore lui fut enlevé. On ne sait pas au juste la date de sa mort. !Mais on pense qu’elle survécut de dix -sept années à son père , ce qui reporterait l’époque de son décès en 1126. Quelques auteurs disent qu'elle mourut dans le château de Saldana , des suites d’une couche. La chronique d’Alphonse Vil raconte qu’elle avait osé porter une main sacrdége sur le trésor de l’église de Saint-Isidore de Léon, et que, par un justç châtiment de Dieu, elle expira sur le seuil de l’église, ayant encore un pied dans le lieu saint, l’autre dehors (*).

PRISE DE TUDil.S PAR ALPHORSE I.S BATAIL- LEUR. SIÈGE DE SARAGOSSE. BATAILLE

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