‹ Espagne (volume 3)Chapitre 15 sur 75 · GONZALEZ DE CASTILLE · texte numérisé non relu

GONZALEZ DE CASTILLE

Comme on vient de le voir, dès les premières années du dixième siècle, de nouveaux princes étaient montés sur tous les trônes de la Péninsule.

F.n 910, les enfants d’Alphonse le Grand s'étaient partagé les États de leur père. Ordono gouvernait In Galice, don Garcia possédait le royaume des Asturies. Knün, quoique ni Mariana , ni Ferreras ne fassent à cette époque mention de la royauté de Froïla, il paraît prouvé, par des documents dont on ne saurait suspecter rnuihenticité, quece troisième fils d'Alphonse avait la souveraineté d’Oviedo avec le titre de roi. 11 existait encore en Espagne deux autres princes chrétiens; Mir, le fils de Wuifred le Velu, comte de Barcelone, commandait à une partie de la Catalogne, et quelque nom que l’on donne a l'État fondé an pied des Pyrénées, qu’on l’appelle.Sobrarbe, Navarre ou .Aragon, ce royaumeavait, en 904, reconnu pour souverain Sancho le Césarien. Ainsi, les terres chrétiennes,

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qui s'étendaient au nord et à l’orient des possessions musulmanes, étaient divisées en cinq petits États. Ordono avait la Galice; Garcia, les Asturies; Froïla, Oviedo ; Sanclio le Césarien, l’Aragon, et Mir, la Catalogne. Quant à la portion qui obéissait aux Arabes, elle était de droit tout entière sous la domination de l’émir de Cordoue, Abd-el-Rahman III, qui venait, en 912, de succéder .à son aïeul paternel Abd-Allab; mais de fait, depuis le règne d'Kl-Mundir, la plus grande partie de la vallée de l'Èbre, ainsi que la ville et les environs île Tolède, obéissaient aux enfants d’Hafsoun. Ceux ci, employant la plus grande partie de leurs forces à se maintenir indépendants de l’émir de Cordoue, laissaient probablement beaucoup de points vulnérables sur les frontières de l’Aragon , et c’est probalilement à ces causes qu'il faut attribuer la rapidité avec laquelle le roi S uicho enleva aux Arabes une grande quantité de villes importantes. Kn 907, Sancbo était passé dans TAquitaine, avec la plus grande partie de ses guerriers. Il y était encore lorsque l’hiver arriva , et que l'abondance des neiges vint rendre les passages des montagnes impraticables. Les Arabes crurent celte circonstance favorable pour s’emparer de Pampelune. Ils allèrent mettre le siège devant cette ville. Ils espéraient que la ville ne serait pas secourue, car ils croyaient impossible à une armée de franchir, à cette époque, les ports des Pyrénées. Mais Sancho lit donner à jtons ses soldats des chaussures faites Jencuirdebœuf cru, qui leur permirent de marcher an milieu des neiges, sans trop en souffrir. Son armée arriva à l’improviste, tomba sur les Arabes qu’elle mit en déroute. C’est à cette occasion, dit-on, que Sancho reçut le surnom d’Abarca ; parce qu’oii appelle ainsi cette chaussure grossière, qui est encore en usage chez les montagnards des Pyrénées. Eilc a conservé chez eux la même forme et le même nom. Cette espèce de sandale est à peu près semblable à celle que portent les paysans de la Calabre. Elle con-

siste en un seul morceau de cuir relevé et lacé sur le pied à l’aide d’un cordon {*).

Sani ho fit ensuite la conquête d’un grand nombre de villes; il prit en 908 Montjardin; en 909,Arcos, Sansol, Torres; en 910, Mendabia. Lodoso et tout le pays qui s’étend jusqu’à Milagro; en 913, il prit iNajera; en 914, Alcanadre, Logrono, Calahorra , Tudèle; enfin, en 91S, Tarrnzone et Agreda.

De leur côté, les fils d’Alphonse faisaient aussi, avec avantage, la guerre aux Arabes; mais, dit Mariana, le pouvoir mal acquis n’a pas de durée, et don Ganna mourut de maladie, après un règne de trois années seulement; on élut, p"ur lui succéder, Ordono, son frère, qui réunit ainsi dans la même, main presque tou.s les États d’Alphonse le Grand. Ce fut lui qui le premier s’intitula roi de Léon , et qui établit dans cette ville le centre de son gouvernement. Il continua la guerre avec avantage, et remporta, contre les troupes d’Abd-el-Rahman, une victoire signalée, prés de la vdle de Talavcra , qu’il prit et dont il détruisit les murailles parce qu’il ne pouvait pas la conserver.

Abd-el-R.diman, désirant tirer vengeance de l'échec qu’il avait éprouvé, demanda des renforts, en Afrique. Et, ayant joint à son armée les troupes qui lui avaient été envoyées de la Mauritanie, il les confia au commandement d’un général nommé Aboul-Abbas (**) Les Maures pénétrèrent jusque sur les bords du Duero , près de Saint- Étienne de Gormaz. Ils y rencontrèrent l’année d'Ordono, à laquelle était venue se joindre celle du roi Sancho-

(*) On en trouve U forme dessinée fort esaeleinrni dam Irs aimuiries de la famille aragonaise qui porte le nom d’.ibarca. Klancas , Commentarii rerum aragonensium , p. 33e.

('*) Il T a dans Fen-eras Ablapaz, mais ce nom ne saurait être ar.dte , puisque la lettre p ii’exisie pas dans la langue arabe. Mariana défigure un peu moins ce nom : il lu change seuleineut eu celui de Avol Alpar.

Àbarca. Après avoir longtemps disputé la victoire, les Arabes furent mis en déroute. Leur général fut tué dans te combat, et cette défaite fut assez nnglante pour déterminer Abd-el- Rahman à demander la paix. Ordono hii accorda une trêve de trois années.

Dès que ce délai fut expiré, l’émir de Cordoue entra de nouveau dans la Galice, et remporta sur Ordono quelques avantages dans un lieu appelé Mindonia. Ces avantages n’eurent rien de bien sérieux, car les itlaiires laissèrent la Galice tranquille pour porter leurs armes vers les Pyrénées. C’était en 921 ; il y avait deux ans que le roi Sancho-Àbarca s’était retiré dans le couvent de Leyra ; il n’avait pas abdiqué la couronne, mais il laissait à Garci-Abarca, son fils, le soin de gouverner le royaume. Les forces des Maures étaient imposantes, et le roi d’Aragon appela à son secours le roi Ordono, comme il avait été lui-même au secours de celui-ci , lors de la bataille de Saint-Étienne de Gormaz.

Malgré cette réunion, les armées chrétiennes ne furent pas heureuses; elles furent mises en déroute par les troupes d’Abd-el-Rahman, dans un endroit appelé le Val de .lunquera. Une circonstance a rendu cette bataille célèbre.

Deux évêques, Dulcidius de Salamauue et Hermogius de Tuy, qui eouiattaient à la télé des troupes fournies parleurs diocèses, tomlièrent entre les mains des Maures. On traita du rachat de ces deux prisonniers , et, comme on ne pouvait réunir la somme suffisante pour la rançon de l’évêque Hermogius, on en paya' une partie, et, pour sûreté du reste' on donna le fils d’une de ses sœurs. Ce jeune enfant , nommé Pelage, n’avait que 13 ans. Il était d’une beauté remarquable. 1,’émir Abd-el-Rahinan l’ayant fait amener én sa présence, une passion monstrueuse s’empara du eœur de ce prince.

Hais ses caresses n’excitère .t que. la colère et l'indignation du Jeune chrétien, (pii, pour s’y soustraire, le frappa au visage et lui arraclia la barbe. Alors Abd-el-Rabman , furieux , com-

manda sur-le-champ de lui donner des coups de corde jusqu’à ce qu’il en mourût, ou qu’il cessât de confesser le Christ ; et, comme Pélage supportait ce supplice avec courage, et qu’il ne cessait pas d’invoquer le nom de Jésus- Christ, on lui coupa les membres les uns après les autres, on le décapita, et les lambeaux de son corps furent jetés dans le Guadalqnivir; mais les chrétiens les repêchèrent et lui donnèrent la sépulture. Ce fut , (lisent les historiens , le 25 juin de l’année 924 que Pélage souffrit le martyre.

Après la victoire du Val de Junquera, les Arabes, au lieu d’en profiter pour rétalilir d’une manière solide leur domination au pied des Pyrénées, traversèrent ces montagnes et firent une incnrsion en France. Ils s'avancèrent jusqu’aux portes de Toulouse, et s’en revinrent chargés de butin. Afin de retourner plus commodément en Espagne, l’armée des Sarrasins s’était divisée en deux corps. Le plus important, celui qui avait à sa tête le général (le l’expéiiition , s’engagea dans la vallée de Roncal. Il y fut attaqué par Garci-Abarca , qui avait profité de rabscnc(‘ des ennemis p >ur rallier son armée. Il s’était emparé des défilés des montagnes; et, quand les musulmans eurent pénétré dans ces passages difficiles, il fut aisé aux Aragonais, qui étaient maîtres des hauteurs, de. les y exterminer. On raconte que le général arabe étant tombé entre les mains d’une femme qui combattait parmi les chrétiens, elle le poignarda.

Le reste de celte armée était rentré par la vallée de Jaca ; Garci- Abarca se mit à sa poursuite, et l’ayant atteint prés de l’Èbre, dans un taillis appelé Bardena-Real , il l’attaqua, le défit, en sorte que tout le butin ramassé par les ennemis, dans la course qu’ils venaient défaire, tomba entre ses mains.

’ramiis que le roi d’Aragon tir.iit ainsi une noble vengeance de la défaite de Junquera, celui de Léon s’en pr(inait aux comtes de Castille. Convoqués

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piir lui, ils avaifnt refusé de lui ame* ner les troupes qu'ils devaient lui fournir comme feudataires, et c’était, en grande partie, à leur absence qu’Ordono attribuait la défaite de Junquera.

Tous ces petits souverains aspiraient d’ailleurs a se déclarer indépendants.

On se rappelle combien était déjà puissant Nuno-Fernaudez, qui, beau-père de Garcia, avait puissamment contribué à renverser Alphonse le Grand du trône. Ordono fit mander à sa cour Nuno-Fernandez , Almondar dit le Blanc, son fils Diego et Fernando- Ansurez, sous prétexte de conférer avec eux sur les affaires les plus graves de l’État. Dès qu’ils furent arrivés, il les fit arrêter. Il les emmena avec lui à Léon, où il les fit étrangler dans leur prison. Les historiens portent sur cette action d’Ordono les jugements les plus opposés. Les uns la regardent comme un acte de cruauté qui a souillé la fin de son règne; d’autres la considèrent comme un juste châtiment imposé à des sujets rebelles.

Les victoires de. Roncal et de Bardena-Real avaient permis au roi d’Aragon de reprendre rapidement les villes que les Maures lui avaient enlevées a la suite de l’affaire de Junquera. Deux de ces villes seulement lui opposaient une vive résistance : c’étaient Najera et Viguera. Garci Abarca appela le roi de Léon à son aide. Ordono s’empressa d’accourir, et leurs armées réunies eurent bientôt enlevé ces deux villes , qui furent remises aux Aragonais. Garci , par reconnaissance et pour resserrer encore davantage l’alliance qui existait entre lui et Ordono , donna sa fille dona Sancha pour femme à ce prince. Alais cette union fut de bien courte durée, car, en retournant à Léon , le roi fut pris d’une maladie dont il mourut en peu de temps.

Ordono avait eu trois femmes. De la première, nommée Eivire, il avait eu deux énfants, Alphonse et D. Ramire. Après la mort d'Elvire, il avait épousé une demoiselle d’une puissante famille de la Galice, nommée Argonta ; mais il l’avait bientôt répudiée.

Sa troisième épouse était donu Sancha, infante d’Aragon.

On donna pour successeur à D. Ordono , Froîla son frère , qui , ainsi que nous l’avons vu, portait depuis treize ans le titre de roi d’Oviédo. Le règne de Froîla, comme roi de Léon, ne dura que quatorze mois. C’est pendant ce temps qu’eut lieu la révolte de la Castille. Les habitants de cette province, irrités du supplice de leurs comtes, et mécontents d'ailleurs de ce qu’on les obligeait de recourir aux tribunaux de Léon pour faire décider les difficultés qui pouvaient s’élever entre eux, prirent la résolution de former un État à part , et de nommer des magistrats qui les gouverneraient.

Mais dans la crainte que ceux-ci ne pussent se prévaloir de leur titre pour opprimer la liberté, ils ne voulurent leur donner ni le nom de prince, ni celui de roi, et se bornèrent à les appeler leurs Juges. Ceux auxquels ils confièrent cette magistrature furent :

Nuno Rasura et Laïn Calvo. Ce dernier était le plus Jeune. Il était marié avec Nuna Bella , fille de son collègue. Ce fut lui qu’on chargea de tout ce qui concernait la guerre, parce que sa bravoure et son expérience étaient connues. Nuno Rasura eut dans ses attributions la direction intérieure de l’État et l’administration de la Justice. On a peu de détails sur les faits de leur gouvernement ; on sait seulement u’ils se montrèrent dignes du choix e leurs compatriotes," et que leurs descendants ne dégénérèrent pas. Laîn Calvo fut, en effet, père du quatrisaïeul du Cid Campeador. Nuno Rasura eut pour fils Gonçalo Nuno qui lui succéda dans sa charge. Celui-ci eut pour femme dona Ximena , fille de Nuno Fernandez, l’un des comtes mis à mort par Ordono. C’est de ce mariage que naquit le fameux Fernan Gonçalez , que nous verrons reprendre, dans peu d’années, le titre de comte de Castille, et qui finira par ériger cette province en souveraineté indépendante.

Froîla ne put réprimer cette révolte des Castillans. Pendant le règne si

oogle

court que lui accorda la Providence, il Gt mettre à mort les Gis d’un seigneur nommé Olmundo, et il trouva le moyen de faire maudire sa cruauté.

On regarda romme un châtiment de Dieu l'horrible maladie dont il fut atteint. Il mourut de la lèpre. Il laissait trois enfants légitimes nommés D. Alphonse, D. Ordono et D. Ramire: aucun d'eux ne fut appelé à hn succéder.

On proclama pour roi l'ainé des enfants d'Ordono II. C’était Alphonse, le quatrième du nom. Ce priiire se montra d’un caractère faible , léger et incapable de gouverner. Il était surtout adonné aux pratiques de dévotion. Après trois années d’un règne qui ne présente rien de remarquable, il eut le malheur de perdre sa femme Urraca (*}. 11 en éprouva un chagrin si violent, qu'il prit lu résolution de se retirer du monde. Il abdiqua la couronne en faveur de son frère D. Ramire, et il se retira dans un couvent , ce qui le fait désigner par les historiens sous le surnom d'Alphonse le Moine.

Un des premiers actes de don Ramire fut de contracter alliance avec les descendants d’Hafsoun , qui continuaient de se maintenir dans l’Espagne orientale indépendants de l’émir de Cordoue Abd-el-Raliman III. Ce souverain, dès le commencement de son règne , avait pris le titre d’Émir-al- AÏoumenim, c'est-à-dire, commandeur des croyants, qui. n’avait encore été porté par aucun de ses prédécesseurs.

Il avait pris aussi le surnom de El- Nassr-Ledin-AUah , le défenseur de la loi de Dieu. Pour justiGer ce titre, il s’était appliqué à détruire un parti qui, en divisant les musulmans, compromettait sans cesse le succès de leurs armes. Il avait appelé sous les drapeaux les guerriers des provinces restées fidèles, et il avait été attaquer Kaleb-ben-Hafsoun. Celui-ci ayant conGé à Djafar, l’un de ses Gis, le soin de défendre Tolède, s'était retiré dans les provinces orientales , où il eut

(*) Saropire donne à cette reine le nom de Xiujcuk.

isgi

bientôt rassemblé une armée de 40,000 hommes. Abd-el-Rahman ne crut pas devoir s'arrêter à faire le siège de Tolède, qui était défendue par une nombreuse garnison : il se dirigea vers l’Espagne orientale, et ne tarda pas à rencontrer l’armée d'Hafsouii et à lui livrer bataille. Il remporta sur elle une victoire qui ne termina rien, et Kaleb^ ben-üafsoun ayant conservé des forces imposantes , ii’eii continua pas moins à faire la guerre, l.a prise de Saragosse , qui fut livrée par la jeunesse de cette ville aux troupes d’Àbd-el-Rabman, n’abattit pas son parti ; et quand, dans le courant de mai 919, Kniebben-Hafsoun inounit, il laissa deux Gis, Sole'iman et Djafar, qui, héritiers de son pouvoir et de son courage , soutinrent la lutte commencée par leur aïeul. Dj.ifar défendit la ville de Tolède jusqu’en 927 ; mais Abd-efRabman ayant pendant deux années de suite dévasté les environs de cette cité de manière à empêcher que ses habitants ne pussent recueillir aucune provision , la position ne se trouva plus tenable, et Djafar, à la tête de 5,000 hommes qui formaient la plus grande partie de la gannson, traversa pcnliant la nuit le camp des assiégeants ^ abandonnant la ville, qui se rendit le lendemain. Abd-el-RaInnan y mit pour gouverneur Abd-Allab-ben-Jali. C’est en ce temps que Djafar sollicita l’appui des chrétiens, Gt alliance avec eux, et alla même, dit-on, jusqu'à se reconnaître leur vassal. Don Ramire, à l’instigation du descendant d.'ilafsoun , se disposait à porter la guerre sur les terres musulmanes ; il rassemblait son armée à Zaïnora, lorsqu’un envoyé vint lui annoncer qu'Alphonse avait quitté son cloître, et qu’il avait repris à Léon les insignes de la royauté. Aussitôt, à la tête des troupes qu’il avait réunies , il se dirigea vers Léon, assiégea la ville, qui se défendit longtemps; mais enfin il s’en rendit maître; il y prit Alphonse, qu'il Gt jeter en prison. Les trois Gis de Fro'ila II, qui avaient embrassé le parti d'Alplioiise , furent pris dans les Asturies , où ils avaient e.xcité quelques

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troubles, et don Ramire les ayant jetés dans la même prison que ccpririee, leur lit le même Jour crever les yeux à tous les quatre. Il les renlerma’ ensuite dans le couvent de Saint-Julien, qui était voisin de Léon. Alphonse le Moine y mourut dans le courant de rannée 932.

Quand don Ramire eut assuré de cette manière le repos intérieur de l’État, il reprit ses projets de guerre contre les musulmans : il entra dans le |iays de Tolède ; il s’empara de la ville de Madrid, dont il détruisit les murailles. Pendant son règne il remporta sur les Arabes plusieurs victoires importantes. La plus célèbre est celle livrée le (i aodt938, près de Simancas, à l’endroit où la Pisuerga sujette dans le Duero. C’est , disent quelques historiens, avant de pirtir pour cette campagne que don Ramire se rendit au tombeau de saint Jacques, alin d’obtenir le secours du ciel par l’intercession de cet apôtre de l’ Espagne. A cette occasion, il lit, disent-ils, le voeu qu'on a attribué, plus tard à don Ramire l'"' et qu'on a reporté à la bataille de ClavijO. L’un des guerriers qui prirent le plus île part aux événements de cette époque, tut le fameux Fernan Gonçidez, appelé quelqueruis comte de Salas ou de Lara, mais plus connu sous le titre de comte de Castille, qu’il reprit sans doutede l’aveu du roi de Leon. Il se signala dans toutes les guerres contre les musulmans. Mais il ne porta pas les armes contre les inlidèles seulement. Mariana raconte que des diflicultés s’élant élevées entre le comte de Castille et don Saiicho-Abarca , ils livrèrent une bataille, dans laquelle le roi d’AragoTi aurait été tué de la main du comte lui-même. RIaucas ne parle pas de ce prétendu combat : il dit, au contraire, que l'éponue de la mort de Sancho- Abarca n est pas parfaitement connue. Un fait qui paraît plus certain est la tentative faite par ce comte pour se rendre .souverain indépendant de la C.astille. Il n’etait pas assez fort pour lutter contre le roi de Léon ; il tomba entre les mains de ce souverain, qui le fit enfermer en prison , ainsi

qu’un autre comte don GonçaloNuôez.

Mais Ramire comprenant combien il importait d'entretenir la bonne harmonie entre Léon et la Castille , rendit bientôt la liberté à ses prisonniers, et, pour assurer le maintien de la paix, il donna pour épouse à son lits Ordono une fille du comte Fernan Gonçalez, ui portait, comme sa mère, le nom e dona Urraca (*).

Vers la fin de l’année 949, le roi don Ramire ayant fait un voyage de Léon

(•) Voici d’après M. Romey rétymolojpe de ce nom qui a été longtemps fort usité en Espagne :

« Je m'arrêterai un moment ici sur le nom d'ilrraca, qui se produira durénavant fort frc<|uemment dan, celle liisloire. Moralès veut que ce soit nue corruption d’Aragonla ; mais il |iarait plus naturel d'en chercher l'oiigine dans le nom gothique d'Ulrica, qui a pu èlic facilement changé par une prononcialioii barbare en lliraca. C'est là , ce nmis semble , l'élyinologie la plus vraisemblable de ce singulier nom particulier à l'Espagne, à moins que nous ne la chercliions dans la langue arabe, où Rouraka, Rourraka (Urraca, par la siippri'S.sion du ê, et en écrivant à la latine et à l'espagnole où l'n se prononce toujours ou) signifie resplendissante, de diverses couleurs, mêlée de blanc et de noir; ce qui pourrait convenir assez bien à un nom de femme.

Les Arabes donnent par la même raison ce nom à loui ce qui est blanc et noir, à l'œil, à la chèvre , au canard , à la pie (Hiirraca est encore aujoiii'd'hui le nom de cette dernière eu espagnol); et la monture sur laquelle Mahomet fut transporté au ciel, est nommée dans le Koran, à cause de l’éclat dont elle était douée, F.l-Bournk. Quoi qu’il eu .soit de cetle origine, iiuiis verrons en son lieu (pie la srcoiide Glie d’Alphonse VIII de Caslille et de Léonurc d’Angleterre manqua de devenir reine de Frauce, parce que les ambassadeurs fiançais trouvèrent trop dur le nom d'Urraca qu'elle portait. Pliüippe-Aiigusle leur avait donné plein pouvoir de choisir pour son fils Louis celle des filles du roi de Castille qu’ils jugeraient la plus digne de sou alliance, et bien qu’Urraca fût jrius belle que sa sœur puiiiée RIanca , ils lut préférèrent celle-ci à cause de son nom ; et c’est jiuiirqiioi elle épousa Louis, depuis Louis 'VIII , et fut la mère de saint Louis,

à Oviedo, fut atteint dans celte dernière ville d’une maladie mortelle. Il s’empressa de revenir à I.éon, y rassembla les grands du royaume,” et en leur présence d abdiqua' en faveur de son fils Ordono, le troisième roi de ce nom. Il mourut, après une courte majadie, le 5 janvier 950, laissant trois enfants : don Ordono, dona Elvire et don Sancho le Gros.

SUITE ou RÈGHE d’aBD-EI.-RABMAH III.

DE.«CRIPTIOIf DE MEDIHA - AI. - ZAR AH.

REGZfK D OllDOtfO Ht. DE SANCHO I.B

GftOS. — SANCUÜ LE GROS EST DETRÔnÉ.

•— RS(;NB O*URD0N0 LE MAUVAIS. LES

MÉDECINS DE CORDOUE GUERISSENTSANCHO LE GROS DE L*1NFIRMITS DONT IL ETAIT ATTEINT.-— IL EST RAPPELE PAR SES .SUJETS

ET REMO.NTE SUR LE TRONE. FERlfAN

GONÇALEX OBTIENT LA .SOUVERAINETE IN- DEPENDANTE DU COMTÉ DE CASTII.LB.

MORT d’auD^EC'RAHUaN III. SANCHO

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