CHAPITRE PREMIER
ARRIVEE DK L'EXPÉDITION FRANÇAISE COMMANDEE PAR I.B GÉNÉRA*!. DE THERMES.— SUCCÈS DES FRANÇAIS.
— INFLUENCR DE 8AMPIERO. —'SOU- MISSION DR 1,’lLK.
La guerre venait d'éclater sur le continent plus violentequejamais entre l’Espag ne et la France. Henri II avait envoyé une armée en Italie , sous le commandement du général de Thermes, déjàcélè-
bre par son expédition d’Écosse. Les troupes françaises occupaient Sienne; et on ne savait encore sur quel point elles se porteraient , car on parlait de la Toseane, de Naples et de la Sicile. Les Strozzi, chassés de Florenee par les Médicis, sollicitaient vivement Henri, II de faire l’expédition de Toscane, qu’ils lui montraient d’un succès facile. De son côté, le prince de Salerne affirmait que Naples était parfaitement disposée pour les Français ; et le duc de Somme parlait de la Sicile, où il avait de grandes intelligences. Mais, avant de tenter aucune entreprise, Henri II voulut s’assurer un point de refuge dans la Méditerranée pour sa flotte et celle du sultan, son allié, destinées toutes deux à jouer un rôle très-important dans les événements qui se préparaient.
Par sa proximité de l'Halie , par le grand nombre et la commodité de ses ports, la Corse fixa immédiatement son attention et celle de ses conseillers. Comme cette île appartenait aux Génois et que ceux-ci étalent les alliés de Charles-Quint, c’était continuer la guerre contre ce puissant empereur que de les attaquer et de leur enlever leurs possessions. Entre tous les projets proposés on s’arrêta donc tout d'abord à celui de la conquête de la Corse- Des ordres furent donnés , en conséquence, à Brissac, qui commandait alors en Piémont. pour les transmettre au maréchal de Thermes. Brissac expédia immédiatement vers Sienne Sampiero de Bastelica, colonel d’un régiment italien sous ses ordres. Dès que de Thermes connut la résolution de Henri II , il assembla un conseil de guerre à Castiglionede la Pescara, et fit connaître le parti auquel le roi s’était arrêté. Cependant, comme ses instructions lui laissaient une certaine latitude, il remit de nouveau en question le projet de la conquête de la Corse. La discussion s’établit à ce sujet et les avis furent parta gés; mais de Thermes fit prévaloir l’opportunitéde l’expédition delà Corse, qu'il savait dépourvue de moyens de défense et dont les habitants étaient très-bien d isposés pour la France ( 1 ). D’ailleurs , indé-
(I) Allobello de’ Genlllt daDrando, officier de marine au service de la France et ami de Sam-
HS
L’UNIVERS-
pendamment de l’intérêt général , qui commandait cette expédition, de Thermes é tai t exci té par le aési r d’occu per son activité et d'échapper ainsi à l’influence du cardinal Hippolyte d’Este, ambassadeur extraordinaire’ du roi de France et gouverneur de Sienne. Il fut aussi vivement appuyé dans le conseil par Sampiero, qui avait en Corse beaucoup d’intelligences, et leur avis avant prévalu, la guerre fut définitivement arrêtée.
Seulement , comme le succès dépendait beaucoup de la promptitude et du secret de l'entreprise , il fut convenu que l’on ne ferait connaître aux troupes le but de l’expédition que lorsqu’on serait en mer. Fuis, on s’occupa de l’organisation matérielle.
Le général de Thermes et le capitaine Paulin, baron de la Garde, amiral des galères du roi , étaient les chefs de l’expédition. Le premier devait commander.les troupes de débarquement , le second appuyer l’expédition avec sa flotte , et former le siège des villes maritimes. Marchaient ensuite comme chefs de léions ou simplement de compagnies le uede Somme, François Villa, mestre de camp, Maarbal, Jourdan et François, tous trois Orsini; Jean Vitelli, le colonel Giovanni da Torrino , don Charles Caraffa, Passotto Fantuzzi, Bernardino d’Ornano, le Calabrais Moreto, et enfin Valleron, avec ses six compagnies. De Thermes lit venir de Sienne quatre milles fantassins italiens et les compagnies de P. Strozzi et du comte Martinenghi , dont les chefs étaient absents , et auxuelles il joignit un assez grand nombre e volontaires italiens, désireux de combattre avec les Français, n’importe contre qui.
A vant de mettre à la voile, de Thermes et Paulin , pour s’attacher davantage les capitaines corses de l’expédition, leur distribuèrent les fiefs possédés par les Génois. On promit à Sampiero la seigneurie de Leca, à Bernardino et à Jean d’Ornano, son frère, celle de al
picro, avait parcouru quelque temps auparavant la Corse, et y avait fait (le nombreux partisans a la France, sans éveiller toutefois les soupçons des commissaires génois, qui lai avaient fait connaître ingénument leurs forces et fait visiter leurs placrs.
Rocca, à Altobelloet à Raphaël de’Gentili de Brando les propriétés que possédait le Génois Marchio Gentih à Sisco et à Petracorbaja. Les autres capitaines corses reçurent également des promesses de terres, selon leur importance personnelle.
Les choses étant ainsi ordonnées , la flotte française , après avoir reçu à son bord les troupes destinées pour l'expédition, appareilla, le 20 août 1553, de Castiglione de Peseara et ne tarda pas à arriver à Pile d’Elbe , où elle s’unit à la flotte ottomane, commandée par Dragut.
Le général de Thermes, voulant s’assurer de la disposition des esprits, se fit précéderd’une avant-garde, composée de quelques vaisseaux sur lesquels se trouvaient le duc de Somme et les chefs corses les plus influents. Il pensait avec juste raison qu’il valait mieux employer la persuasion que la force, si cela' se pouvait. L’avant-garde débarqua à l’Arenella, tout près de Bastia, et aussitôt se mit en marche sur cette ville. Les gouverneurs génois, qui avaient montré une si grande imprévoyance dans tous ces événements, qu’ils auraient pu connaître , n’attendirent pas que les troupes françaises eussent débarqué pour fuir en toute hâte. Après avoir recommandé à Alexandre de7 Gentili de tenir ferme devant l’ennemi, ils s’étaient dirigés vers Corté, laissant la ville au dépourvu et dans l’impossibilité de résister. Cependant Gentili, qui commandaitla place, lit les préparatifs nécessaires pour repousser les ennemis. Mais il avait contre lui la faiblesse de la position et la peur des habitants, qui ne redoutaient rien tant qu’une vive résistance à une armée aussi puissante que celle du roi de France. Aussi, lorsque Sampiero, ayant escaladé les murs de la ville , y fut entre avec le duc de Somme , Gentili ne fut plus maître de la position et, se retirant devant des soldats révoltés, il se renferma dans la citadelle, qu’il fut obligé de rendre quelques jours après à de Thermes.
La prise de Bastia , en même temps qu’elle confirma ce général dans l'espoir d’une conquête facile , lui fit sentir de quelle utilité devaient être pour le succès de l’entreprise les officiers cor-
ses qu'il avait avec lui ; car la prompte reddition de cette ville avait été due surtout à l’influence exercée sur le peuple et sur la garnison par Altobello et Sampiero. Quoiqu’il n’occupât dans l'armée expéditionnaire qu’un rang secondaire, Sainpiero en était évidemment l’homme le plus important par son influence personnelle et par celle des parents de sa femme. On connaissait sa valeur, son amour ardent pour la patrie et sa haine invincible pour Gènes. Il n’en fallait pas davantage pour se concilier le respect et l’amour des populations Sampiero, néde parents obscurs dans le village de Bastelica, avait quitté la Corse fort jeune pour prendre du service eu Italie. Il avait servi quelque temps dans les bandes noires de Médicis, et s’v était acquis une grande réputation de bravoure et de loyauté. Plus tard il était psssé au service de la France du temps de François I", et avait été nommé colonel d’une légion italienne. En 1 552, à l’époque de la mort de Louis Farnése, ses amis lui ayant fait entrevoir la possibilité de remplacer ce capitaine dans le commandement des troupes pontificales, Sampiero avait été à Rome, d’où il était bientôt revenu après avoir acquis la certitude qu’il ne pourrait réussir. A son retour il était passé parle Piémont, où il s’etait entretenu avec César Fregoso, en ce moment proscrit de Gènes. Puis il était arrivé en Corse pour s’unir à Vannina, fille unique de François d’Ornano , seigneur fort riche et trés-inlluent du delà des monts, que la réputation de Sampiero avait séduit.
Le gouvernement génois, craignant que le voyage de Sampiero en Corse ne cachât un but politique et qu’il ne cherchât à seconder les projets des Fregoso sur la Corse, avait donné ordre au commissaire de Saint-Georges de l’arrêter.
Celui-ci pria donc Sampiero de venir à Bastia pour conférer avec lui, et, dès qu’il fut dans cette ville, il le fit arrêter et voulut le mettre à mort. Mais François d’Ornano obtint qu’on ne déciderait rien avant son retour de Gênes , où il allait, disait-il, demander sa grâce à la compagnie de Saint- Georges. Une fois arrivé à Gênes, François d’Ornano fit connaître à Henri II l’arrestatiou arbitraire de Sampiero, et ce mo-
4e Livraison. (Corse.1
narque expédia aussitôt un envoyé pour réclamer sa liberté. Force fut alors aux Génois de relâcher leur prisonnier, et Sampiero retourna en France emportant dans son cœur le souvenir d’une injure imméritée. La haine qu’il avait depuis longtemps vouée aux Génois le porta à seconder vivement les projets de Henri II sur la Corse et à lui démontrer combien il lui serait utile de s’emparer de ce pays. Comme nous l’avons dit, il fut un de ceux qui, dans le conseil de guerre de Castiglione, appuya le plus le général de Thermes, et, lorsque les troupes françaises eurent débarqué dans File, on put voir à l’enthousiasme que les populations manifestaient à son égard , de quel poids il serait dans la guerre présente.
Maître de Bastia, de Thermes songea au reste du pays, dont il voulut assurer l’entière soumission. Le moment était favorable. Les Corses, tres-bien disposés pour la France , semblaient n’avoir d’autre désir que de se ranger sous ses drapeaux. Les Génois , abattus et dispersés , se radiaient ou fuyaient.
On pouvait prévoir qu’en ce moment de surprise on rencontrerait peu de résistance; mais il fallait se hâter et profiter des circonstances. De Thermes le comprit et fit immédiatement ses dispositions. Il expédia Sampiero et Valleron dans l’intérieur pour s’emparer de Corté. Dragut fut, avec la flotte ottomane, destiné au siège de Bonifacio , le capitaine Paulin, avec la (lotte française, à celuide Calvi. Altobellode’ Gentil! restaà Bastia. Quelques autres capitaines, comme Pier’ Antonio de Valeniano, Giacomo délia Casablanca, Francesco di Niolo, Achille Canipocasso, etc., furent envoyés avec leurs compagnies pour soumettre les
f loi nts moins importants, et de Thermes ut-même s’étendit avec le reste de l’armée du côté de Saint-Florent.
Sampiero n’était point encore arrivé à Corte que les habitants de cette ville, abandonnée par les gouverneurs génois, lui en envoyèrent les clefs. Revenant alors sur ses pas, il se dirigea avec Valleron du côte de Calvi, après avoir chargé Alexandre da Lento , habile homme île guerre et son ami particulier, deprendre possession de Corté.
F.n passant devantPorto-Vecchio Dra-
gut s était emparé de ce poste, puis il avait été mettre le siège devant Bonifacio. Quant à Paulin, retenu dans le Cap- Corse par les vents contraires, il avait fait la conquête de Giacomosnnto da Marc, seigneur très-considérable de ce pays et qui devint bientôtundes plus fermes soutiens du parti français. De Thermes s’etait dirigé sur Saint-Florent; à sou approche le commandant du fort l'avait abandonné, et les hpbitantss’étaient hâtés d’envoyer au vainqueur les clefs de la ville. Dans l’intérieur des terres les choses allaient ou ne peut mieux. Les capitaines que de Thermes avait expédiés opéraient des soumissions avec la plus grande facilité, et voyaient accourir une àrdentejeunesseavidedeeombattrepour la France. La soumission de la Corse aux armes de Henri H s’opérait comme par enchantement. Les commissaires génois, fuyant de ville en ville, avaient été obligés de se réfugier chez François d’Ornano, qui, apres les avoir accueillis avec les égards dus au malheur, leur avait facilité les moyens de passer à Calvi.
Le parti génois ainsi abandonné n'osait pas même opposer une résistance qui aurait irrité le vainqueur. Partout il cédait presque sans coup férir les positions les plus avantageuses. Les seules villes maritimes de Calvi , de Bonifacio et d’Ajaccio , semblaient ne vouloir céder qti’à la force. Calvi et Bonifacio, toutes deux colonies génoises, se préparèrent à une énergique résistance.
Calvi, à cause de sa proximité de la France et de la bonté de son port, edt été d’un puissant secours à l’armée expéditionnaire; mais ses habitants étaient si peu disposés pour les Français, qu’ils avaient refusé de parlementer avec eux. On ne pouvait donc espérer se rendre maître de la ville qu’en en faisant un blocus exact. Paulin était arrivé devant ses murs avec ses galères et l’assiégeait du côté de la mer, tandis ue Valleron et Sampiero l'assiégeaient u côté de la terre. Mais Paulin dut bientôt après aller à Marseille pour y chercher les armes et les munitions nécessaires au développement de la guerre; dès lors il fallut renoncer à l’espoir de s’emparer deCalvi, car la mer redevenant libre, les Génois ne tarderaient pas à y
introduire des secours. Bonifacio, situé à l’extrémité de l’ile, en face de la Sardaigne, ne pouvait être d’un grand secours a cause de sa position, quand bien même on s’en emparerait prochainement, ce qui d'ailleurs paraissait peu probable , car cette ville résistait héroïquement aux efforts de Dragut Ajaccio eût été un point important à occuper, mais l’ennemi s’y était fortifié, et pour l’en chasser il fallait du temps. Ces diflicultés n’échappèrent point a de Thermes, qui résolut de se passer de ces villes , et commença les fortifications de Saint- Florent, que son voisinage de la France et l’excellence de son port devaient rendre très précieux en tout temps pour l’armée française.
Sur ces entrefaites , Sampiero abandonna le siège de Calvi pour se porter diligemment sur Ajaceio, où les intelligences qu’il s’était ménagées lui faisaient esperer un prompt succès. A peine était-il arrivé devant cette ville, que les portes lui en furent ouvertes; et, comme il menait avec lui une foule nombreuse et indisciplinée qu’il fallait récompenser de quelque manière , Ajaccio fut livré au pillage. Les marchands génois, obliges de fuir, trouvèrent une généreuse hospitalité chez les amis qu’ils avaient dans les villages, et François d'Ornano lui-même fut le premier à donner l’exemple en accueillant le gouverneur de la ville, Lamba Doria.
Maître d’Ajaccio, Sampiero songea à créer dans le delà des monts des personnes dévouées à la France. La compagnie de Saint-Georges avait, comme nous l’avons dit ailleurs, divisé la noblesse, et en accordant certains privilèges s’était créé de nombreux partisans. Il fallait détruire son influence. Sampiero commença par distribuer les terres des Génois à ceux qui lui étaient le plus dévoués; puis il nomma capitaines avec charge de former des compagnies plusieurs membres des familles d’Istria, d’Ornano et de Bozi. Les uns acceptèrent avec joie Iptir nomination; les autres, craignant d’irriter un ennemi puissant , firent contre fortune bon cœur, et, après quelque hésitation, se rangèrent du parti de la France.
Rassuré du côté d’Ajaccio, Sampiero se porta immédiatement à Bonifacio.
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CORSE
Dragut, après avoir ravagé 1rs environs de cette ville et lui avoir livré plusieurs assauts, n’avait pu s’en rendre maitre.
Les habitants opposaient une résistance d’autant plus opiniâtre que la religion leur faisait un devoir de repousser les infidèles. Les femmes se montraient aussi ardentes et aussi belliqueuses que les hommes; elles étaient comme eus constamment sur la brèche, et y périssaient glorieusement. Lorsque Sampiero arriva sous les murs de Bonifacio, Dragut venait de donner un assaut qui avait duré sept heures et lui avait coûté beaucoup de monde. Kepoussé eucore cette fois, il s'était retiré à quelque distance mécontent et presque décourage. Sampiero voulut amener le commandant Antoine del Cannetto à se rendre en lui représentant qu’il ne pouvait opposer une plus longue résistance aux armes de la France; maiscelui-ci, espérant toujours recevoir des secours de Gènes et sachant bien ne pouvoir attendre merci de Dragut, repoussa ses propositions. Le siège se continuait donc comme auparavant sans qu’on pût en prévoir la fin, lorsque de Thermes expédia à Bonifacio tiiacomosanto da More avec un certain Catacciuoli, qui avait été chargé par le sénat de Gènes d’introduire dans la ville de l’argent et d'annoncer un prochain secours. Trahi par un de ses guides, Catacciuoli avait etc arrêté et amené à de Thermes. Ce général n’eut pas grande peine à lui faire changer de rôle, et il l’envoya avec da Mare pour engager les habitants de Bonifacio à se soumettre , leur annonçant que Gènes ne, pouvait les secourir.’ Cette ruse réussit parfaitement. Les lettres dont Catacciuoli était porteur convainquirent le commandant de sa mission, ileonsentità rendre la place à da Mare, à la condition que ia ville serait préservée du pillage et que ses soldats pourraient aller à Bastia s’embarquer pour Gènes ; ce qui fut accordé. Mais lorsque les Turcs virentdelîlerces hommes qui leuravaient oppose une si énergique résistance, ils se précipitèrent sur eux et les massacrèrent impitoyablement. Déplus, Dragut exigea qu’on lui livrât Bonifacio, ou qu'on lui payât une indemnité de vingt-cinq mille êcus. On ne pouvait livrer au sac des Turcs une ville dont il fallait se
concilier les habitants , et quant à la somme réclamée par Dragut , de Thermes se trouvait dans l’impossibilité de la compter; il promit cependant de la payer prochainement, et envoya son neveu en otage. Dragut partit’ alors pour l'Orient, peu satisfait doses alliés, et mécontent d'une entreprise qui n’avait point réalisé ses espérances. Bonifacio reçut une bonne garnison , et on se mit â réparer les dommages qu’avait occasionnés l'artillerie des Turcs.
Commeon le voit, les affaires des Franais avaient été jusque-là très prospères. Is étaient maîtres de Bastia, de Corté, d'Ajaccio, de Bonifacio et de Saint-Florent. L’intérieur du pays leur était presque entièrement soumis. Cette révolution s'etait opérée en peu de mois.
Les Génois , chassés de toutes parts , ne conservaient plus que Calvi. Mais de Thermes ne se faisait pas illusion sur sa position; il pensait que si les Génois, pris au dépourvu, n’avaient pu défendre leurs possessions , ils n’en chercheraient pas moins les moyens de les recnu>rer.
Aussi avisa-t-ilaux moyens de défense les
Îilus efficaces. Il poussa vivement les ortitreations de Saint-Florent et d’Ajaccio , fit venir des troupes et des munitions de Marseille, changea les garnisons qui lui paraissaient suspectes, confirma les anciens capitaines corses dans leurs charges , en nomma de nouveaux , et prit une mesure d’ordre en internant sous de graves amendes plusieurs personnages influents dont il croyait la fidélité douteuse. Ces préparatifs étaient à peine terminés lorsque l’on apprit qu'une expédition génoise faisait voile vers la Corse.