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LES GÉNOIS. — IL EST SECOURU

PAR L’ AMIRAL BINC.H, ET S’EMBAR- QUE POUR LA SAVOIE AVEC GIU- LIAM. — CONSULTE DE MURATO. — ARRIVÉE D'UN SECOURS DE QUINZE CENTS AUSTRO-SARDES COMMANDES PAR CUMIANÀ.

Une nouvelle consulte fut encore tenue à Orezza le 15 novembre de cette meme année 1740 : ou y prit differentes mesures d’ordre public, et on informa Rivarola du résultat des délibérations, en l'eugageaut à aller en personne à Turin demander les secours nécessaires.

Mais Rivarola, prévenu par ses amis uec’etait la une occasion pour l’eloigner e la Corse, prétexta de ses inlirmités, qui l’empêchaient d’entreprendre aucun voyage, et resta à Saint-Florent. Gaffori se formalisa de ce refus, et excita contre Rivarola un soulèvement auquel celui-ci fut obligé de résister par les armes.

On ne peut comprendre comment Gaffori et les autres chefs de l’intérieur se laissèrent aller dans cette circonstance à manifester ainsi leur ressentiment secret contre Rivarola. Ces funestes divisions faisaient à merveille les affaires de Gênes, qui en profitait pour attirer dans souparti les mécontents. Alerius Matra, ayant à se plaindre de Gaffori, accepta le titre de brigadier général de la république, et promit de servir ses intérêts. On chercha également a attirer les autres chefs en leur faisant des offres magnifiques ; mais on ne put les détacher du parti national, et alors on fit courir sur eux les bruits les plus étranges. Gaffori, Venturini et Rivarola n’eurent pas grand'peiue à éclairer les nationaux sur les intrigues des Génois; et ceux-ci , furieux d’avoir manqué leur coup, eurent recours a leur ntoven favori , et p romirent mille genuines de récompense à celui qui livrerait Rivarola mort ou vif.

L’année 174G se passa ainsi sans avancer beaucoup les alfaires des insurgés. Au mois de juillet 1747, Rivarola, s’étant ménagé des intelligences dans Bastia, s'empara de Terra-Yeccbia, et en prévint aussitôt le roi de Sardai-: gne, en lui demandant des secours. Celui-ci ne put que lui manifester son contentement de le voir persévérer dans sa

tâche; toutefois, il lui expédia quelques munitions, et ne lui laissa pas ignorer que la cour de Londres était peu disposée en faveurdes Corses, àcause de leurs divisions intestines. Rivarola lit de son mieux pour se maintenir dans Bastia ; mais il dut bientôt céder aux forces supérieures de Mari, qui, ayant reçu un renfort d’Espagnols et de Français, l’obligea à se retirer dans Saint-Florent, où il alla l’assiéger avec quinze cents hommes ( 12 septembre 1747).

Dans cette position, Rivarola aurait bien pu tomber aux mains des Génois ; mais Giuliani, qui commandait en Balagne, accourut à son secours, et força Mari à se retirer. En même temps, l’amiral anglais Bingh lui expédia de Savone des vaisseaux anglais pour le soutenir. Rivarola et Giuliani profitèrent de cette occasion favorable pour s’embarquer et aller en personne a la cour de Turin (22 octobre 1747).

Le roi de Sardaigne accueillit trèsbien les généraux corses, et leur fournit des munitions avec lesquelles Giuliani crut à propos de rentrer en Corse, laissant à Rivarola le soin de poursuivre ses démarches.

A son retour, Giuliani trouva lesCorses dans la plus grande contusion ; les intrigues desGénoisétaient parvenues à les désunir, et cet étatde choses pouvant amener une ruine totale, il voulut y remédier : une consulte générale fut convoquée par lui à Murato ; elle dura trois jours, et fut très-animée. Matra, accusé publiquement de trahir la patrie, dut se justifier; on voulut bien croire à ses protestations, mais pour mettre son zèle à l’épreuve on le chargea de levermillè’ hommes dans le Nebbio et la Balagne, et de punir avec la dernière rigueur ceux qui parleraient de traiter avec la république. En somme, le résultat de la consulte fut tel qu’on devait l’attendre d’une multitude qui n’avait d’autre intérêt que le bien public. On y décida de soutenir la guerre contre Gênes, en attendant les secours qui devaient arriver du continent (5 février 1718).

Sur ces entrefaites , Rivarola, qui, comme nous l’avons vu, était demeuré a Turin pour poursuivre plus activement son but, obtint des puissances alliées qu’elles feraient passer en Corse des

L’UNIVERS

hommes et des munitions. En effet, le 3 mai 1748 le général Cutniana y arriva avec quinze cents Austro-Sardes. Venturini, Gaffori , Matra, se réunirent immédiatement à lui, et tous ensemble allèrent assiéger Bastia. Spinola, qui y commandait, avait fait élever plusieurs bastions et fortifier les murs de la ville. Il repoussa avec vigueur les assiégeants, et les obligea, après quelques jours, à se retirer à Saint-Florent (28 mai 1748). On reconnut alors qu’on ne pourrait s’emparer de la ville sans de nouveaux secours; Gaffori se char-

fea d’aller les demander à la cour de ’urin, et les généraux se partagèrent le commandement en attendant son retour. Cumiana resta à Saint-Florent avec ses Austro-Sardes; Matra alla à Aléria; Venturin! à Corle, et Giuliani en Balagne. Quantau Delà-des-Monts, il n’y avait pas a s’en occuper, les Génois n’y ayant fait aucune démonstration hostile.

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