CHAPITRE V
LAGUERBF. RECOMMENCE. — ANTOINE MATRA SOULÈVE CONTRE PAOLI LES ENVIRONS D'aLKUIA. — IL EST BATTU ET FORCE DE S'ENFUIR. — UNE JUNTE DEGUERRF. PERMANENTE EST CREEE. — AEERIUS MATRA, EN- VOYE PAR LES GK.VOIS DANS LES EN- VIRONS DALERIA, OBTIENT QUEL- QUES SUCCÈS , PUIS EST BATTU ET FORCÉ DE FUIR.
La république, résolue «lors à recommencer la guerre, chargea Antoine Ma-
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CORSE
ira d’aller soulever Aleria, afin d’appeler Paoli de ce côté. Matra, s’étant uni à Martine lli de Fiumorbo , fit révolter Aleria, Castello et une partie de la piève de SeFra. Nieodeme Pasqualini, qui y commandait , obligé de fuir devant l’insorrection, se réfugia à Luani, où Matra vint l’attaquer. Mais l'arrivée subite de Clémeut Paoli le força à se retirer. Comme il avait des intelligences à Vivario, il s'y porta rapidement, espérant pouvoir pénétrer jusqu’à Corte et s’emparer de cette ville. Mais, arrivée Venaco. il trouva le lieu bien fortifié et l’ennemi sur ses gardes ; alors il rétrograda vers Noce ta, où Édouard Ciavaldini l'attaqua à la tète des nationaux. Le combat fut tresvif; Matra y déploya beaucoup de courage, et les nationaux, obligés de fuir, se retirèrent en désordre, laissant sur le terrain plusieurs hommes tués, entre autres leur commandant, Ciavaldini. Matra, mettant a profit la victoire qu’il venait de remporter, s’avança jusqu a Piedicorte.
Mais Paoli, occupé au siège du Macinajo, courut à sa rencontre; et, soutenu par son frère et par Scrpentini , il parvint à le déloger du couvent de Sainte-Marie, où il s’etait fortifié, et l’obligea à prendre la fuite.
De retour à Corte, Paoli y assembla nue consulte. Les troubles que Gènes faisait naître devenant très-inquiétants et exigeant une active surveillance, on décréta la création d’une junte de guerre permanente, et on chargea tous les magistrats de rechercher les suspects et d’agir contre eux avec rigueur (juin I7G2 ).
De son côté, la république, malgré la défaite d’Antoine Matra, n’abandonna pas le projet d’entretenir la guerre civile en Corse; et ce fut encore sur un Matra qu’elle jeta ses vues pour réaliser son projet.
Alerius Matra, que nous avons vu figurer comme un des chefs de la nation du tempsde Gaffori, avait quitté la Corse pour passer au service de la Sardaigne en qualité de colonel. Ia république, pensant tirer un grand profit de l'influence qu’il avait conservée dans son pays, ainsi que de ses talents militaires, lui" fit desoffres magnifiques pour l’engager à servir sesintéréts, et l'envoya immédiatement en Corse. Alerius upéra, en effet, quelquessoulèvements à lava-
gna et à Castello ; mais là se bornèrent pour le moment ses opérations; et la rigueur qu'on employa envers ses partisans vaincus, ôta aux indifférents toute envie de les imiter ( septembre 1762 ). Toutefois, au commencement de l’année suivante II se mit en campagne avec le major Bustoro, et alla soulever Aleria. Il occupa Tallone , Anlisanti, Zalana, Matra jusqu’à la montagne de Verde,et fit éprouver quelques défaites àButtafuoeoct à Scrpentini. Mais Paoli ayant rassemblé tout son monde pour courir sur lui, il jugea à propos de ne point l’attendre, et se retira à Bastia. Ce fut la dernière fois que les Matra cherchèrent à soulever les pays avoisinant Aleria. Paoli pardonna aux hommes qu’ils avaient égarés, et la tranquillité commença à renaître dans cette contrée si longtemps agitée.