LIVRE Ier
Depuis les temps les plus anciens jusqu'aux invasions des Sarrasins.
L’origine des peuples de la Corse , comme celle de tous les peuples primitifs, est incertaineet ne saurait être fixée d’une manière positive. Le nom même de cette île, appelée (f) Cyrnos par les Grecs, est un sujet de controverse, qui
Les ialmureurs . qui sont obliges de travailler les plaines qui les avoisinent, s’estiment fort heureux lorsqu’ils en sont quittes pour quelques mois de fièvres. En 1820, le conseil de révision trouva , dans le seul canton de Venaco , plusdelrente lits de veuves dont les maris étaient niorls pour avoir travaillé à Aléria. A Calv i et a Saint-Florent, Ips quatre cinquièmes des soldai» sont pendant t’été hors d’état de faire le service.
(!) Aucun historien n’a jusqu’à ce jour donné une étymologie satisfaisante des noms de Cyrnos et de Corse. Les uns assurent que Cyrnus était un lits (l'Hercule , qui donna son nom nu pays que nous connaissons, ia's autres, et Samuel Bucliart est de ce nombre, prétendent que le nom de Cyrne voulant dire, en langue phénicienne, couvert de/orils. ce nom dut élrc imposé à la Corse d’aujourd'hui par les voyageurs phéniciens . qui furent frappés de la richesse de ses forêts. — Quant au nom de Corse , il v a également des historiens qui veulent qu'il aiï été donné à la Corse par Corsus, tils d'Hcrcuie; Bochart le fail dériver d'un mot phénicien, qui voudrait dire cornue, nom qui lui aurait clé imposé à cause des nombreux promontoires qui s’avaneeut en pointe dans ia mer, et des pics elevés qu’on aperçoit de loin , avant de l'atleindre. Filipptnirnpportedeux versions, que nous croyons devoir transcrire ici , pour faire voir jusqu’ou peut aller la manie des étymologies. Voici la première : Une femme de Ligurie, appelée Corstcn, ayant suivi un taureau qui se rendait il la nage dans une terre inconnue, fui rejointe par ses parents, qui, étant arrivés sur ses traces dans un pays de trcs-bclle apparence, et où les pâturages étaient excellents, s'y établirent et appelèrent ce pays Cnrsira, du nom de la femme qui les y avait attirés, fgi seconde est qu’un neveu d’Enée appelé Corsus, ayant enlevé une nièce de Didon , appelée Sica , s'enfuit dans l'ite à laquelle il donna le douille nom de Corsica.
CORSE
prouve l’impossibilité d'çn donner une explication exacte. Toutefois, comme, en abordant l'histoire d’un pays, il est utile, ne serait-ce que pour satisfaire la curiosité, de connaître ce qui a été conjecturé ou écrit sur les premiers temps de son histoire, nous donnerons ici, d’une manière succincte , les diverses opinions relatives à l'origine des peuples de la Corse et aux temps qui ont précédé l'invasion romaine.